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L’édition 2008 de la Semaine de l’intégration africaine a offert l’opportunité aux autorités maliennes de réitérer leur détermination à faire du brassage des Etats africains une réalité et un moteur de développement. Le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine, Dr.

Badra Alou Macalou, a lancé un vibrant appel à ses « compatriotes » africains, particulièrement aux leaders, pour le respect des engagements pris en matière d’intégration.

Depuis plus d’une décennie, notre pays célèbre l’Afrique à travers les « Journées de l’Afrique » qui ont pris l’appellation de « Semaine de l’intégration » en 2000. Fervent défenseur de l’unité africaine, le Mali a toujours fait de l’intégration des peuples du continent un combat et une préoccupation. Car notre pays reste convaincu que c’est de là que viendra le salut de l’Afrique.

Notre pays a joué un rôle prépondérant dans cette lutte du temps des indépendances où l’Organisation de l’unité africaine (OUA) était encore un « bébé » à celui de l’Union africaine (UA) de nos jours.

C’est fort de cette constante dans sa politique vis-à-vis des Etats africains que le gouvernement a décidé de renforcer cette dynamique de coopération et d’intégration. La création d’un ministère dédiée à l’Intégration n’est donc pas fortuite à cet égard.

Et le président de la République a, dans son Programme de développement économique et social (PDES) tout comme dans la Lettre de cadrage adressée au gouvernement, souligné tout l’intérêt qu’il accorde au brassage des peuples africains en promettant de s’activer « à appuyer les initiatives en cours en vue d’accélérer le processus d’intégration ».

« Moment privilégié de brassage intense entre les communautés africaines résidant au Mali et la population malienne à travers des manifestations culturelle et sportive » pour le ministre des Maliens de l’extérieur et de l’Intégration africaine,

la Semaine de l’intégration offre un panel pour non seulement passer en revue le chemin parcouru en matière d’intégration mais aussi pour davantage inciter les populations vers « l’idéal » d’intégration dans laquelle l’intégration sous-régionale occupe une place non négligeable.

C’est ainsi que cette année, de concert avec la Commission de la Cédéao, le thème principal retenu est « la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement dans l’espace Cédéao ».

Cette thématique est assez évocatrice pour qui sait que les Etats de l’Afrique de l’Ouest, qui sont liés les uns les autres ont beaucoup de choses en commun et doivent par conséquent, à travers l’intégration, allier leurs différentes politiques.

Commentant le thème de cette édition, le ministre Macalou regrettera que la libre circulation des personnes, le droit de résidence et d’établissement dans l’espace Cédéao est « le chantier qui rencontre le plus de difficultés dans sa mise en œuvre ».

A preuve : « Depuis le 19 mai 1992 à ce jour, à l’exception de suppression du visa d’entrée, toutes les autres phases de cet important outil de l’intégration restent inappliquées ».

Aussi, le carnet de voyage et le passeport Cédéao, de véritables outils intégrateurs, ont été libérés par peu de pays. Ce qui est d’autant plus déplorable que nos peuples, historiquement liés, ne se reconnaissent pas à travers les frontières « artificiellement tracées par nos Etats modernes ».

Dr. Macalou a donc invité les dirigeants africains à sortir de leur « inertie » dans la concrétisation d’une véritable intégration entre les peuples, qui doivent, à leur niveau, faire leurs les mécanismes d’intégration.

Ogopémo Ouologuem

(stagiaire)

29 Mai 2008