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La crise qui prévaut au Nord-Mali a mis a nu certaines incohérences au sein de l’armée malienne. Des incohérences dues, pour la plupart, au mode de recrutement au sein de nos forces armées et de sécurité.

Il n’est un secret pour personne qu’au Mali, n’importe qui peut enfiler l’uniforme. A condition d’avoir un parent haut gradé. Ou, à tout le moins, un porte-monnaie bien garni. Or n’est pas militaire, qui le veut. La crise du nord -Mali vient de nous en donner la preuve : certains soldats, du moins, si l’on croit la presse internationale, auraient déserté les rangs de l’armée.

Avant de trouver refuge dans les pays voisins. Même si ces informations restent à vérifier, une chose est sûre : elles ont engendré une crise de confiance entre les populations et leur armée. Surtout au moment où, les populations, en l’occurrence celles des régions du nord, veulent être sécurisées.

Si avant, la priorité était donnée aux volontaires qui décident de servir dans l’armée, aujourd’hui, le fils ou la fille d’un officier devient, d’office, militaire. Sans que l’on se pose la question sur son aptitude à servir dans l’armée. Ainsi, au cours des recrutements, ceux qui ont la vocation d’endosser l’uniforme sont écartés au profit des enfants et neveux des officiers supérieurs. Conséquence : l’armée malienne est bourrée d’inaptes, et même d’ handicapés physiques. Pour nombre de Maliens, parmi eux des militaires, si l’on veut avoir une armée capable et responsable, il urge de revoir les critères de recrutement dans l’armée.

Cette situation a fait dire aux leaders du «Collectif Janvier Noir » que les «autorités militaires ne s’occupaient que du business et des questions de quotas en oubliant l’essentiel».

Maintenant qu’il s’agit de faire face à leur mission, des officiers n’hésitent pas à s’opposer à l’envoie de leurs enfants au front. Selon notre source, ils sont nombreux, les enfants d’officiers qui refusent d’aller au front.

Pour nombre de Maliens, la crise au Nord-Mali va contribuer, sans nul doute, à changer le mode de recrutement dans l’armée malienne.

Abou Berthé

Canard Déchainé du 22 février 2012

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jpg_Mehdi.jpg Axe Bamako-Ouagadougou : le Colonel Ag Mehdi extradé du Burkina au Mali

Il y a moins d’une semaine encore, il incarnait le visage réel de la rébellion et du MNLA, à travers notamment ses dénonciations et prises de position contre le pouvoir malien. Il s’agit du Colonel Ag Mehdi qui était si confortablement installé au Burkina-Faso voisin qu’il s’estimait en droit de faire des révélations publiques sur son pays d’origine, une attitude inacceptable pour ancien haut responsable des services de sécurité d’un pays.

Le très disert Ag Mehdi a finalement fait les frais de la bonne coopération entre Bamako et Ouagadougou et vient d’être extradé, selon des sources crédibles. Il faut simplement espérer qu’il répondra de ses déclarations audacieuses et de sa trahison car beaucoup d’autres de ses prédécesseurs sont jadis passés par là sans coup férir.

Aurore du 21 février 2012