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Il est difficile de dire que les accords dont il est questions rapprochent les points de vue des protagonistes. S’il fait des heureux, c’est sûrement du coté des insurgés qui à travers les quatre points de l’entente, se félicitent de la nouvelle donne. Au premier chapitre, les accords dits d’Alger acceptent le principe d’une « meilleure participation au processus décisionnel« . En clair, cette disposition prévoit « la création d’un conseil régional provisoire de coordination et du suivi » (des accords ?) qui travaillera pendant une année avant d’être supplanté par l’Assemblée régionale. Les compétences de ce conseil s’étendront de la coopération avec les bailleurs de fonds aux questions sécuritaires. Au second chapitre, les accords prêtent une place de choix au « développement économique, social et culturel » et programment un forum à Kidal en vue de la création d’un fonds spécial d’investissement, entre autres taches. D’autres points non moins importants de ce chapitre concernent la « mise en place d’une radio régionale et d’un relais de télévision nationale afin de promouvoir les valeurs culturelles de la région » et la « mise en place d’un système éducatif adapté (aux valeurs) sociales, culturelles et religieuses » des Touaregs. Mais ce qui intéresse le plus les insurgés, c’est  » la prise en charge des préoccupations securitaires immédiates » que le chapitre trois des accords détaille. D’abord, les insurgés ont hâte de voir la « poursuite du processus de délocalisation des casernes militaires dans les zones urbaines”.

Or face à l’insécurité permanente au nord, il était de plus en plus question de réinstaller les postes de sécurité démantelés après la signature du pacte national. Kidal sous contrôle des insurgés Par ailleurs, le même chapitre recommande le « retour, sous l’égide du facilitateur, de toutes les armes et munitions ainsi que de tous autres matériels enlevés depuis les attaques du 23 mai 2006 de Kidal, Menaka et Tessalit selon les modalités arrêtées dans le présent accord« .

Toujours sur le registre de la sécurité, Iyad et ses hommes veulent la « création, en dehors des zones urbaines de Kidal, d’unités spéciales de sécurité, rattachées au commandement de la zone militaire« . En clair, Kidal, sur le plan militaire, passerait sous le contrôle des insurgés. Si les insurgés ont préparé un coup avec ces accords dites d’Alger dont la légitimité est sujette à caution. Les termes de ces accords seront difficilement acceptés par l’opinion nationale qui a mal accueilli les rumeurs en faisant étalage.

Soumaïla T. Diarra

4 juillet 2006