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Sur invitation de Moctar Ouane, ministre des affaires étrangères et de la coopération internationale, la plupart des ambassadeurs en poste dans notre capitale étaient présent dans la salle de presse du Centre international de conférence de Bamako. Pour la circonstance, le ministre Moctar Ouane avait à ses côtés Kafougouna Koné, ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales et Gaoussou Drabo, ministre de la Communication et des nouvelles technologies de l’information. Avant de donner la parole au ministre Kafougouna Koné, principal artisan de l’accord d’Alger en ce qui concerne la partie de l’Etat malien, le ministre Moctar Ouane a fait trois remarques.

Selon lui, l’Accord d’Alger traduit la volonté du Président de la république d’éviter une guerre au Mali. Il a mis l’accent l’engagement du gouvernement du Mali à tout mettre en oeuvre pour l’application de l’accord signé le 4 juillet 2006 à Alger et a souhaité un soutien des partenaires au développement pour une meilleure mise en oeuvre de l’accord d’Alger. Avant les attaques du 23 mai 2006 De son coté, le général Kafougouna Koné, ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales, a fait le résumé de sa mission à Kidal avant les attaques du 23 mai 2006.

« J’ai rencontré les insurgés à Kidal pour comprendre le problème » a-t-il révélé. Il a indiqué qu’à l’issue de sa rencontre avec les insurgés qu’il a pu comprendre qu’ils avaient quatre préoccupations essentielles : l’autonomie de la région de Kidal ou aller vers un Fédéralisme ; la réinsertion des ex-combattants ; la réinsertion des soldats déserteurs ; et l’attribution d’un quota particulier aux régions nord lors du recrutement dans l’armée et l’emploi des jeunes. Sur le point de l’autonomie de la région de Kidal, le ministre Kafougouna a indiqué qu’il a fait comprendre aux insurgés que le débat était clos depuis le Pacte national où il a été convenu d’aller à la décentralisation.

Quant à la réinsertion des ex-combattants, le ministre de l’administration territoriale et des collectivités locales a rappelé que les insurgés estiment que les fonds débloqués avaient été mal gérés et ont souhaité la mise en place d’un nouveau fonds dont la gestion leur sera confiée. « J’ai rappelé qu’il y a eu la démobilisation des ex-combattants. Pendant cette démobilisation, chaque combattant devait déposer son arme pour bénéficier de la prime de démobilisation. Mais les mouvements rebelles de l’époque ont préféré déposer des listes dont ils assuraient seuls la moralité. Ce qui est sûr, tous les inscrits ont reçu leur prime« , a-t-il indiqué.

Mieux, le ministre Kafougouna Koné a rappelé que l’Etat a demandé aux uns et aux autres de choisir entre l’intégration dans l’armée, la police, la gendarmerie et les douanes. « Ceux qui n’ont pas voulu être incorporés ont été soutenus financièrement pour des activités autonomes« , a-t-il révélé. Selon Kafougouna Koné, les petits projets ont été financés à hauteur de 500 000 à 2 000 000 F cfa et les grands projets pilotés par les chefs de guerre ont bénéficié de 3,5 millions à 10 millions de Fcfa, voire plus. Mais, le ministre Kafougouna Koné a regretté que le système revolving mis en place pour assurer la pérennité du programme n’a jamais fonctionné à souhait, le taux de recouvrement étant seulement de 8%.

Néanmoins, le général Koné, malgré l’échec des deux premiers programmes qui ont englouti 6 milliards de Fcfa, a annoncé la mise sur pied d’un nouveau programme qui surveillera le remboursement des fonds prêtés. Quand au point en relation avec la réinsertion des déserteurs et le quota particulier lors des recrutements, le général a indiqué que le principe du quota particulier a été appliqué en 2005 pour les ressortissants du Nord. Cependant, il est convaincu que le tout n’est pas d’avoir un quota. « Pour être soldat, il faut avoir la vocation. Le quota grossi le nombre des déserteurs« , a-t-il estimé. En ce qui concerne le cas des déserteurs, le général dit qu’il avait suggéré la gestion « au cas par cas ».

Le Ministre Kafougouna Koné dit qu’il a été convaincu que le problème important est l’emploi des jeunes. Mais il a indiqué que la gestion de ce problème à l’échelle nationale est l’une des priorités du gouvernement depuis l’arrivée du général ATT à la tête du pays. Le dilemme des autorités Le général Kafougouna Koné a rappelé que le 23 mai 2006, il y a malheureusement eu l’attaque des deux camps de Kidal. Selon lui, ces camps étaient commandés et animés par des officiers et des soldats originaires de Kidal. Pour cela, le ministre a estimé que l’attaque à consisté à ouvrir les magasins pour prendre les armes et les munitions. « Face à cette situation, nous étions dans un dilemme : soit aller à la guerre ou traiter politiquement la crise. Le choix a été fait de la traiter politiquement » a-t-il révélé.

Le ministre a ensuite levé le voile sur les raisons de ce choix.

Selon lui, en pareille circonstance, l’usage de la force est bien si on est sûr de traiter le mal en un mois pour éviter l’enlisement. « Mais notre pays a déjà vécu cela en 1991″ a-t-il rappelé. Il a aussi estimé qu’une guerre a un coût et crée trop d’effets collatéraux regrettables.  »

Compte tenu de tout cela, nous avons opté pour le dialogue », a-t-il déclaré.

Avant d’indiquer que l’Algérie qui connaît bien le dossier s’est engagée aux cotés des autorités maliennes pour la résolution de la crise. « La facilitation algérienne nous a permis de signer l’accord d’Alger », dira Kafougouna Koné.

Assane Koné

14 juillet 2006