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L’atelier de fabrique de craie de l’Institut des jeunes aveugles du Mali (IJA) est sur le point de fermer. Depuis 2005, cette mini entreprise qui emploie cinquante-deux chefs de famille, pour la plupart des handicapés, n’arrive plus à écouler sa production.

Son principal client, le ministère de l’Education nationale, a choisi, à travers un appel d’offres en 2005, un autre fournisseur de la place, en l’occurrence le Groupe Aliou Tomota. Conséquence : l’atelier broie du noir, la direction et les travailleurs ne savent plus à quel saint se vouer.

« Comment allons-nous faire ? Nous sommes endettés jusqu’au cou », nous a confié, mercredi, le directeur de l’IJA, visiblement très préoccupé par le sort de ses travailleurs handicapés.

Déjà, ceux-ci totalisent plusieurs mois d’arriérés de salaire et sont au chômage technique. Si rien n’est fait, la fabrique sera obligée de mettre les clés sous la porte en mettant dehors les 52 chefs et mères de famille qui fondent tout leur espoir sur cette unité de production de craie.

« Toute notre vie est liée à ça. Je n’ai connu que ce travail. Si on ferme notre atelier, qu’allons nous devenir ? Comment va-t-on faire pour nourrir nos familles ? Si vraiment la solidarité n’est pas un vain mot, on doit nous aider, nous sauver puisque nous sommes tous des handicapés physiques ici », lance A. D., un ouvrier âgé d’une quarantaine d’années.

L’Institut, l’Union malienne des aveugles (Umav) ainsi que tous les mal-voyants du Mali fondent leur espoir sur le marché d’appel d’offres de craie 2007 du ministère de l’Education nationale pour lequel ils ont postulé.
C’est l’octroi de ce marché qui évitera une catastrophe en redonnant espoir à la cinquantaine d’ouvriers de l’IJA.

Sidiki Y. Dembélé

14 juin 2007.