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Pour avoir déposé deux listes différentes, Espoir-2002 et l’opposition (Bara et Pecsam) ont été momentanément écartés de la Commission électorale nationale et indépendante (Céni) qui a été installée vendredi dernier par le ministre de l’Administration territoriale.

Une nouvelle Céni a été mise en place le 29 septembre 2006 dans la salle de conférence du ministère de l’Administration territoriale et des Collectivités locales. Particularité de cette Céni : Espoir-2002 et l’opposition n’y sont pas représentés pour le moment.

La nouvelle Céni devra évoluer sans le Bara et le Pecsam d’une part, le RPM, le Cnid et le MPR… d’autre part. Toutefois, ils peuvent siéger au sein de l’organe s’ils parviennent à une liste acceptée de tous.

Le Ministre de l’Administration territoriale et des Collectivités territoriales, le général Kafougouna Koné qui présidait la cérémonie d’installation, a affirmé que ces regroupements politiques ont chacun déposé deux listes de représentants, alors que la règle veut que chaque regroupement ne dépose qu’une seule liste. Des explications du ministre Koné, il ressort que ces deux regroupements politiques ne sont pas parvenus à un consensus.

Oumar Sanogo, président du Parti pour l’éducation, la culture, la santé et l’agriculture au Mali (Pecsam), un parti d’opposition, a accusé le Bara du Pr. Yoro Diakité d’être à l’origine de la non-représentativité de l’opposition au sein de la Céni.

En 2004, a-t-il rappelé, le Pecsam et le Bara étaient parvenus à un consensus, en désignant Perignama Sylla (militant Bara) représentant de l’opposition à la Céni. En 2006, a ajouté M. sanogo, le poste devait revenir logiquement au Pecsam. Mais le Bara apparemment ne l’entendait pas de cette oreille pour avoir déposé une autre liste.

Selon la clé de répartition édictée par la loi électorale, l’opposition a droit à un seul poste. En attendant que ces deux regroupements politiques parviennent à un consensus, les membres de la Ceni ont été installés dans leurs fonctions. Ils devront se choisir un président et des membres du bureau.

Selon le ministre, l’absence des deux membres non encore désignés ne peut pas empêcher le fonctionnement de la Ceni.

La Commission électorale nationale indépendante est un organe mis sur pied par les acteurs politiques en vue de contribuer à l’approfondissement de la démocratique. Elle est composée de membres de la société civile (les confessions religieuses, le Syndicat autonome de la magistrature, le conseil de l’Ordre des avocats, l’AMDH et la Coordination des associations et organisations féminines) et les partis politiques (majorité et opposition). L’une de ses taches est la supervision des élections en vue d’assurer leur transparence.

Denis Koné

Les membres de la Céni

Adama Tiémoko Diarra, Mohamed Aljoumatt, Hamadoun Maïga, Abdoulaye Koïta, Alassane Bathily Elias Touré (partis politiques de la majorité) ; Mamadou Diamotani (confessions religieuses) ; Fodié Touré (Sam) ; Me Moussa Goïta (Ordre des avocats) ; Me Brahima Koné (AMDH) ; Bagayogo Aminata Traoré (Cafo).

02 octobre 2006.