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«Si vous remboursez, vous aurez plus! Il n’y a pas aujourd’hui un problème de liquidité dans les banques. Le problème, c’est le remboursement des crédits. Faites donc en sorte que d’autres jeunes puissent bénéficier de la même expérience. Si vous échouez, vous allez barrer la route aux jeunes des autres villes du pays. Si vous réussissez, vous allez ouvrir la voix de la création d’emplois pour d’autres jeunes », a dit aux jeunes de Mopti M. Ibrahima N’Diaye, ministre de l’emploi et de la formation professionnelle.

C’était le jeudi 29 février 2009. Ce jour-là, l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes (APEJ) a lancé à Mopti onze (11) groupements d’intérêt économique (GIE). Ces entreprises conduites par des jeunes vont désormais lutter contre les ordures dans la ville de Mopti, la Venise malienne. Ici, l’insalubrité est un problème récurrent. La ville qui est située sur une presqu’île, dans la zone d’inondation du delta intérieur du Niger, connaît une grande concentration de populations.

La cérémonie de lancement de ces GIE d’assainissement était placée sous la présidence de M. Ibrahima N’Diaye. Ce dernier a rappelé également que l’insalubrité fait partie des problèmes de la Venise malienne. Mais, a-t-il affirmé, grâce au partenariat entre la mairie de la ville et l’APEJ, les jeunes pourront donner un autre visage à la cité. Pour cela, il faut un grand engagement. «La réussite ne dépend plus de l’APEJ mais de nous tous, et particulièrement les GIE», a dit Ibrahima N’Diaye.

Cet appel fait écho à la volonté des jeunes exprimée un peu plus tôt avant le discours du ministre. Baba Diarra, porte parole des bénéficiaires, a voulu rassurer les créanciers. «Nous ferons passer le respect de nos engagements avant tout», a-t-il promis.

Le propos du ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, selon lequel il n’y a pas de crise de liquidité dans les banques, a été confirmé en quelque sorte par le représentant de la BMS SA, Bahaly Bah. Par ailleurs, pour M. Bah, les relations entre l’APEJ et la BMS SA sont régies par une convention qui repose sur un partage des risques.

L’initiative de créer dans la capitale de la 5è région des GIE est venue de la mairie de la ville. «Le conseil municipal de Mopti par la délibération n°31 en date du 21 novembre 2005 autorisait le maire à signer une convention de partenariat avec l’Agence pour la promotion de l’emploi des jeunes […] La signature de cette convention a abouti à la mise en place des 11 GIE d’assainissement urbain», a expliqué Oumar Bathily, maire de Mopti.

Ce projet concerne 200 jeunes répartis entre les onze quartiers que compte la ville de Mopti. Selon le maire de la ville, après avoir subi leur formation, ces jeunes ont reçu de la part de l’APEJ un important appui financier. «D’un montant d’environ 63 millions de CFA, cet apport a servi au fonds de roulement et à l’achat des tricycles et tracteurs […] qui sont acquis sur financement de la BMS SA (Banque malienne de solidarité, NDLR)», a poursuivi Oumar Bathily.

Pour que les jeunes ne se sentent pas orphelins, l’APEJ a choisi pour eux comme marraine la Cofesfa, une association féminine ayant fait fortune dans le ramassage d’ordures. Mais pour la représentante de l’association marraine, il faut bien plus que des moyens matériels pour que les jeunes entrepreneurs réussissent. «L’insalubrité est un problème de comportement. […] M le maire, il faut donc sensibiliser», a-t-elle sollicité.

Il faut rappeler qu’en vue d’installer ces jeunes de Mopti dans le domaine de l’assainissement urbain, 64 jeunes ont été formés en technique GERME (gérer mieux mon entreprise) et 210 en technique de gestion des déchets solides. Pour la mise en ouvre effective de la convention, l’APEJ, suite à une consultation restreinte, a retenu le Bureau d’étude Enviro-Consult pour étudier la faisabilité de l’installation des 21 GIE constitués et élaborer des études de faisabilité pour amorcer la recherche de financement.

Les études ont montré la nécessité de les ramener à 11 GIE. Pour ce faire, il a fallu recourir à la fusion de certains GIE. Intégralement financé sur les ressources de l’APEJ, le coût total de ces 11 projets d’assainissement est de 73 973 725 F CFA.

Soumaila T. Diarra, envoyé spécial

03 mars 2008.