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En dépit des efforts déployés par les autorités, le nombre d’accident avec des cas mortels ne cesse d’augmenter. Selon des chiffres fournis par les services d’urgence de l’hôpital Gabriel Touré, sur 14 900 personnes admises dans ce service en 2003, 9 659 étaient des accidentés de la route.

Le nombre de victimes comptabilisées au premier semestre de 2004 se chiffre à 16 000 cas. Les mêmes services indiquent que le décès de 136 personnes a été constaté en 2003, 185 en 2004.

Conscient de « ce mal social », l’association « Action et Jeunesse pour le Développement », selon son Président Mahamadou Fofana, souhaitait réunir, par le biais de cette conférence débat, les acteurs concernés en vue de définir les orientations qui leur serviront de référence pour des actions d’éducation, de formation, d’information et de sensibilisation.

En effet, nombreux sont les acteurs concernés à répondre à l’invitation de l’AJD, notamment les responsables de la Direction régionale du Transport, les représentants des auto-écoles, de la Direction nationale de la Police, du Bureau de Régulation, Circulation et Transport Urbain (BRCTU), des médecins (urgentistes et traumatologues),
L’AJD entendait ainsi contribuer à la vulgarisation de la réglementation de la circulation routière et à la promotion du civisme.

Il s’agissait aussi pour les initiateurs de la conférence-débat de poser le problème de l’insécurité routière en « méthodes douces, persuasives à l’opposé de celles agressives ».

Les jeunes voulaient également recueillir les préoccupations de tous les acteurs impliqués dans la circulation routière en vue de mener dans un futur immédiat des actions de sensibilisation, de formation efficaces et concertées. Ce qui, selon eux, devrait diminuer l’insécurité routière dans notre pays, contribuant ainsi à la « quiétude sociale ».

Des échanges, souvent houleux entre participants, il ressort que l’imprudence, l’insouciance, l’ignorance du code de la route, le laxisme des forces de sécurité, le manque de volonté politique des plus hautes autorités sont les principales causes de l’insécurité galopante dans notre pays.

« Il faut une mobilisation générale de tous les acteurs. La route n’est pas un espace de liberté. L’acte de conduite n’est pas banale, mais toujours dangereuse« , s’écrie, Moussa Timbo, le chef de la section signalisation routière au BRCTU.

Pour Mamadou Sow, inspecteur en chef des permis de conduire à la direction régionale des transports du District de Bamako, l’indiscipline généralisée des conducteurs surtout à deux roues explique la montée en flèche des accidents. Préoccupé par la conduite des jeunes de moins de 18 ans, non éligibles à la délivrance du permis de conduire, le Dr Siaka Sanogo du service des urgences de l’hôpital Gabriel Touré exige de mettre l’accent sur l’éducation à la santé.

« La loi exige que les enfants de 12 ans soient munis d’une autorisation de conduire ; pour ceux ayant 16 ans, ils doivent se munir d’un permis de conduire pour leurs motos« , précise Mamadou Sow en guise de réponse.

Confronté quotidiennement à des cas de blessés graves, le traumatologue Alwata Ibrahim de l’hôpital du « Point G » a mis à l’index les motos Djakarta et Dragon qu’il qualifie de « fusées terrestres ».

« Ces jeunes pour la plupart nous arrivent avec des traumatismes crâniens, des fractures. C’est autant problématique que le sida« , déclare le praticien, exigeant l’institution du port du casque qui amortit à 90% les chocs subis par la tête.

Très au fait du problème, Seydou Tembely qui présente à la télévision l’émission « Circulation Routière » pense que la législation malienne n’est pas trop répressive. « Il faut que les autorités s’impliquent davantage, en équipant par exemple les sapeurs pompiers« , recommande-t-il.

Pour Mamadou Mamourou Diallo, en service à la Direction nationale de la police, les plus hautes autorités ont réellement pris conscience du drame des accidents de la route.

« J’ai en main une lettre signée du Président de la République en personne, nous demandant de faire des propositions concrètes en vue de trouver une solution immédiate à ce problème« , certifie le policier.

« Des efforts sont en train d’être fournis, notamment de la part des autorités pour endiguer ce mal« , ajoute Mamadou Koné, le Directeur régional des transports du district de Bamako.

Sory Ibrahima GUINDO

15 août 2005