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Malgré la présence des Forces armées et de sécurité, les groupes armés continuent de terroriser les populations, faisant de nombreux morts et des déplacés

Le Cercle de Niono vit dans une grande insécurité depuis un certain temps. Tueries, enlèvements de personnes, vols de bétail, braquages sont devenus le quotidien des paisibles populations. Des groupes armés, auteurs de ces crimes, empêchent même les paysans de certaines localités comme Farabougou d’accéder à leurs champs.

«L’année dernière, on n’a pas pu faire de récoltes à cause des groupes armés qui avaient assiégé notre village pendant des mois. Nous sommes en train de subir le même sort cette année malgré la présence des militaires.

La situation géographique de la zone empêche les militaires de se déplacer comme il le faut. Les terroristes en profitent. Il n’y a pas longtemps, ils ont exécuté trois personnes qui tentaient de mener des activités dans leurs champs», témoigne un habitant de Farabougou joint au téléphone. «L’objectif des groupes armés est de nous affamer jusqu’à ce qu’on se plie à leurs exigences», ajoute notre interlocuteur.

Dans certaines localités, pour résister au diktat des terroristes, des groupes d’autodéfense ont été formés par les chasseurs traditionnels dozos. Les accrochages entre ces derniers et les groupes terroristes sont très fréquents dans le Cercle de Niono. Ces affrontements se soldent très souvent par des pertes en vies humaines de part et d’autre.

À cause de l’insécurité, le marché à bétail de Niono, l’un des plus importants du pays, reste fermé depuis le 18 juillet. Un coup dur pour l’économie locale et nationale.

Les populations de Niono sont plus que jamais troublées par cette situation. La visite récente du Premier ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga, à N’Débougou, a été l’occasion pour les populations à travers leurs représentants de lancer un cri de cœur pour une solution pérenne à l’insécurité.

Comme on le dit sans la paix, il n’y a pas de développement. La localité de Niono, considérée comme l’un des greniers du pays, est aujourd’hui en passe d’être asphyxiée par ce problème qui empêche son développement.

Comme pour en ajouter aux difficultés, la zone reçoit de plus en plus des déplacés. Ainsi, semaine dernière, 98 ménages soit 630 personnes, dont 130 femmes et 436 enfants ont quitté le village de Tientiembougou dans la Commune rurale de Marico pour Niono. Ils vivent dans les salles de classes où ils reçoivent aide et assistance de la part des autorités et autres bonnes volontés.


La Rédaction

SOURCE : ESSOR