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Désavoué, le MNLA verse dans le chantage au lendemain de la visite qu’une organisation de la société civile malienne a effectué au nord du Mali. Mais, la technique ne marche plus, au regard de la réalité du terrain, car ce mouvement séparatiste ne contrôle rien. Du coup, on se demande qu’est-ce qui se cache derrière sa sortie médiatique depuis l’extérieur.

Incapable militairement de combattre les islamistes qui occupent le nord du Mali, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) fait de la diversion en mettant en garde contre toute tentative des autorités du Mali de négocier le retour dans cette région de l’administration. Quelle mouche a piqué le MNLA ? Car, dans l’imaginaire populaire, ce mouvement fantoche n’a jamais existé. La preuve, s’il avait pu s’installer au nord du Mali par la force des armes, il n’en demeure pas qu’il lui a manqué une assise populaire. Sur place, le MNLA n’a pas eu la caution des habitats du septentrion qui ont du mal à comprendre son idée de création d’une saugrenue république de l’Azawad.

Pire, le Mnla n’a été aux yeux des populations qu’un groupe des bandits et traitres qui ont mis son court règne à profit pour piller et commettre des péchés inqualifiables. Aujourd’hui, ayant senti son incapacité à convaincre l’opinion internationale sur son aventure et sa cause, les éléments du Mnla vadrouillent pour se faire une nouvelle virginité, car le mouvement est mort de sa belle mort.

Et les maîtres du terrain sont les islamistes qui imposent leur loi. De son exile dorée, l’un des porte-parole du Mnla, Hamma Ag Sid’Ahmed balance un communiqué qu’il qualifie de mise en garde. Puisse que le ridicule ne tue pas, il persiste et signe que «Le Conseil Transitoire de l’Etat de l’Azawad (CTEA), réitère une fois de plus le respect de ses engagements vis-à-vis du peuple de l’Azawad, du peuple malien, de la Communauté internationale et du Médiateur de la CEDEAO à œuvrer dans la recherche d’une solution définitive au conflit qui oppose l’Etat malien au peuple de l’Azawad ».

De quel conseil s’agit-il ? Pas celui qui a été chassé de Gao dans des conditions qui frisent le ridicule. En réalité, les cadres du Mnla ont compris l’indélicatesse de leurs actes et cherchent à se donner bonne impression sous les prétextes fallacieux de défendre un idéal communautaire. «Nous rappelons au Gouvernement malien qu’il ne doit plus essayer de dévier de leur trajectoire les revendications identitaires légitimes du peuple de l’Azawad qui sont historiques et qui datent de plus de cinquante deux (52) ans», a déclaré le porte-parole du MNLA le 30 août dernier.

Derrière cette sortie, il y a vraisemblablement une volonté de paraître un acteur dans les probables négociations. «Nous rappelons aux autorités maliennes que tout dialogue dans le cadre de la recherche d’une solution définitive au conflit entre les représentants du Gouvernement malien et ceux du peuple de l’Azawad doit se faire entre des interlocuteurs légitimes de ces deux parties sous l’égide du médiateur désignée par la CEDEAO et de la communauté internationale», souligne le communiqué. En clair, le Mnla a tout perdu : l’estime de ses alliés, l’argent de sa propagande et le peu de crédit qu’il avait eu auprès de ses lobbys. D’où son perpétuel plaidoyer, ces derniers temps, en faveur des négociations. La preuve, la réunion que ses cadres ont organisée il y a quelques jours en Suisse a été un fiasco et sur le terrain, il ne représente plus rien.

Soufi MAHAMANE

Le Katois du 5 Septembre 2012