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La réponse est assurément oui selon un rapport de la mission exploratoire d’appui à la sécurité et au désarmement au Mali du Centre régional des Nations unies pour la paix et le désarmement en Afrique. Dans la pratique, la volonté n’y était plus.

L’ex-président de la République Amadou Toumani Touré voulait une résolution de la crise au nord. C’est du moins ce qu’on peut déduire d’un rapport non officiel de la mission exploratoire d’appui à la sécurité et au désarmement au Mali du Centre régional des Nations unies pour la paix et le désarmement en Afrique. (Unrec).

ATT aurait confié à cette mission qu’il ne souhaiterait pas « léguer à son successeur en juin 2012 la série de problèmes auxquels il est confronté ». Hélas ! Il lègue tous ces problèmes non pas à son successeur, mais au peuple malien. Celui-ci doit maintenant faire face en plus de la guerre au nord aux conséquences socio-économiques de l’embargo décrété par la Cédéao, le lundi 2 avril à Dakar.

Sur la demande des ex-autorités maliennes, le Centre des Nations unies avait déployé une mission exploratoire au Mali pour réfléchir sur des solutions aux problèmes de l’insécurité transfrontalière et les flux des armes au Mali. Cette demande était inspirée par la Mission consultative sur la problématique des armes légères et de petits calibres que le département des affaires de désarmement de l’ONU avait conduit dans 6 pays sahélo sahariens en 1994/95 à l’impulsion du Mali.

La mission s’est déroulée du 3 au 6 février 2012. Pour cette mission, on a identifié 4 catégories de mesures d’urgence que sont : le cessez-le-feu, une communication gouvernementale, la commission d’enquête sur les attaques d’Aguelhok et des actions humanitaires.

Pour le cessez-le-feu, la condition sine qua non reste le désarmement, les opérations de sécurité, la tenue des élections dans les 2 mois sur toute l’étendue du territoire, le dialogue et la réconciliation nationale. Pour ce qui concerne la politique de communication gouvernementale, la mission a noté qu’il faudrait une stratégie de communication plus cohérente, une information publique rapide et plus complète pour réduire les rumeurs et une instance plus rigoureuse sur la justice et le respect de la loi.

Sur le chapitre des enquêtes sur les atrocités d’Aguelhok, la mission a estimé qu’il faudrait s’assurer que cette commission est constituée de membres crédibles, objectifs et indépendants. Le rapport de cette commission devrait être transmis à la justice nationale et dans ce cas, la mission a rappelé la nécessité de l’application stricte des sanctions.

Sur le chapitre humanitaire, ce geste humanitaire serait dirigé vers les familles ayant perdu leurs proches dans les attaques d’Aguelhok et la distribution de vivre en prévention d’une famine.

L’âne qui vous rue dans les brancards

Pour les problèmes d’insécurité, la mission a identifié 4 types de problèmes au nord qui, dans leur déroulement, se renforcent mutuellement. Il s’agit de la rébellion cyclique touarègue, du terrorisme au Sahel avec Aqmi et les salafistes, la prolifération des armes et de la drogue et l’installation au nord d’ex-combattants du régime de feu le colonel Kadhafi.

La mission a abouti à la conclusion que tous ces problèmes peuvent être résolus dans le cadre de la mise en œuvre du Pacte national adopté par l’Assemblée nationale en 1992. Pour la mission cet instrument avait fait ses preuves dans les années 1990. En revanche, la mission a souligné que la dissolution du Commissariat au nord en 1999 qui fut l’institution de mise en œuvre du Pacte national aurait créé un vide institutionnel d’attention et de dynamisme quant aux efforts de gestion permanente de crises au nord du Mali.

Pour la mission, l’approche selon laquelle les ministères techniques se sont partagé les portefeuilles de développement du Nord n’aurait pas favorisé la cohérence et la coordination des réponses gouvernementales. Ce qui fait que la résurgence touarègue en 2006 a conduit à la signature de l’Accord d’Alger qui, selon les autorités du régime alors en place, était « un dérivé du Pacte national ».

Si le Pacte national est l’outil idoine pour résoudre la crise que connaît le Nord selon la mission, il reste entendu que l’Etat malien doit s’attaquer à des priorités sécuritaires en dehors du Pacte national. Ces priorités sont le terrorisme, la prolifération des armes légères et de la drogue et le retour des ex-militaires pro-Kadhafi. Pour la mission, les solutions à ces problèmes se situent à deux niveaux : les efforts du Mali et le partenariat sous-régional.

Selon la mission, le Mali fait de gros efforts. Malgré les revers (massacres d’Aguelhok, prise de Tessalit), les ressources politiques, logistiques et humaines, selon la mission, étaient concentrées au nord, mais il fallait une approche globale et coordonnée pour élaborer une stratégie de défense cohérente pour le Nord, renforcer en capacité et en équipements les unités spécialistes qui ont été dépêchées sur le terrain, renforcer la coopération militaire avec les partenaires ; collecter et détruire les armes illégales.

Aucune de ces actions n’ont pu être exécutée. Pis les évènements se sont précipités dans le Nord et ont conduit à la mutinerie du 22 mars qui a balayé sur son passage le locataire du palais de Koulouba. Maintenant, le climat de guerre qui sévit au nord ne permet plus la planification des opérations de désarmement, de paix et de développement.

Denis Koné

04 Avril 2012