Partager

La situation sécuritaire devient de plus en plus préoccupante en Côte d’Ivoire avec des attaques ciblées, perpétrées par des individus décidés à faire le maximum de victimes dans les rangs des Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI). Tandis que la population s’inquiète de cette montée de la violence dans le pays, les autorités tant politiques que militaires pointent du doigt les miliciens nostalgiques, fidèles à Laurent Gbagbo qui veulent saborder la relance économique amorcée dans le pays, par le Président Alassane Dramane Ouattara, en empêchant les investisseurs d’atterrir dans le pays. Le Commandant de la 2ème Région Militaire de Daloa, le Colonel Mambi Koné, récemment installé dans ses fonctions, est catégorique : « ces attaques sont bel et bien l’œuvre de miliciens et anciens éléments des FDS fidèles à Gbagbo ». Notre correspondant l’a rencontré dans son fief à Daloa, lors de sa cérémonie de prise de fonction. Lisez son interview.

Le Républicain : Comment expliquez-vous ce regain de tension visible sur tous les fronts militaires au point que vos forces sont en alerte maximum ?

L’alerte fait partie des mécanismes de travail que nous avons dans l’armée. Quand la situation est calme, tout le monde vaque à ses occupations de façon normale. Mais quand la sécurité est menacée, et que la tranquillité de la population est dérangée, il est important que nous mettions nos forces en alerte maximum surtout qu’aujourd’hui on déplore des pertes en vies humaines. C’est cette raison qui nous amène à redoubler de vigilance pour être prêt à répondre partout en tout lieu et en tout temps face aux agressions dont pourraient être victimes nos populations ou même nos forces de sécurité qui ne sont pas à l’abri des attaques de ces petits bandits.

Colonel Mambi Koné : La situation sécuritaire préoccupe aujourd’hui plus d’un ivoirien. Depuis quelques temps des attaques sont perpétrées contre les FRCI à travers le territoire national. Quelle est votre appréciation de la situation ?

C’est vraiment dommage que certaines personnes n’aient pas voulu entendre l’appel lancé par le chef de l’Etat surtout lorsqu’il leur a tendu la main pour que chacun s’engage résolument dans la voie de la réconciliation, après la douloureuse crise que le pays a connue. L’appel avait été lancé à tout le monde pour travailler main dans la main au chevet de la mère Patrie qui sortait d’une période douloureuse, afin qu’on arrive à bâtir un pays émergent d’ici quelques années. Pour cela il faut la paix, et une certaine quiétude au niveau de la population. Malheureusement, il y a encore un groupuscule d’individus qui pensent qu’ils peuvent changer les choses par les armes.

Ils continuent à garder des armes par devers eux et à les utiliser contre les populations et l’Armée. Les armes dans les mains des gens qui ne sont pas autorisés à les avoir, ça devient dangereux et pour eux-mêmes et pour la population. Vous me donnez une fois de plus l’occasion de lancer un appel à l’endroit de ces individus. Je leur demande de déposer les armes faute de quoi, nous les retrouverons où ils sont et les désarmerons de gré ou de force. Nous ne pouvons pas accepter que dans un pays organisé, des gens continuent d’avoir des armes par devers eux, c’est pourquoi des patrouilles sont visibles partout pour les trouver où ils sont. Nous sommes déterminés à les déloger et les traduire devant les juridictions compétentes.

Qui sont ces individus qui continuent d’endeuiller encore les familles et quel est leur motivation?

Ces gens sont des anciens miliciens. Pour la plupart, des mercenaires Ils veulent continuer à semer la désolation et la psychose à travers la population. Mais nous allons faire barrage à leur entreprise. Nous avons des informations et restons vigilants. Nous les recherchons activement pour les mettre hors d’état de nuire afin que la population retrouve toute sa quiétude. Ils ont pour motivation de faire en sorte qu’il ait une psychose au sein de la population et montrer à la Communauté Internationale que le pays n’est pas en sécurité.

Mais ils se trompent, nous allons continuer à assurer la sécurité de la population, nous allons les traquer, les désarmer et les arrêter dans leurs derniers retranchements. Car il n’est pas question de vouloir renverser le pouvoir par les armes. Il y a des institutions qui sont prévus pour organiser les élections. Lorsque les élections se passent tranquillement, chacun doit respecter le verdict des urnes. Ceux qui veulent se mettre en marge de la bonne marche du pays nous trouveront sur leur chemin. Nous sommes là pour les empêcher de tuer des innocents.

Avez-vous un appel à lancer à la population pour la rassurer, surtout à ceux qui se rebellent contre la république?

Je lance un message d’assurance à la population qu’elle garde sa sérénité car les forces de sécurité font leur travail tout comme le gouvernement est en train de faire son boulot. A ceux qui se rebellent contre la République, je leur demande tout simplement de rentrer dans les rangs, d’arrêter de semer la désolation et la mort au sein de la population. Qu’ils arrêtent, car ils ne peuvent pas prospérer dans la violence. On ne peut pas vivre en ayant en tête uniquement de tuer. Ils en ont fait assez, qu’ils arrêtent.

Votre dernier mot mon Colonel?

Mon dernier mot est encore une fois de demander à la population de nous faire confiance. De faire confiance à son armée, à sa gendarmerie et à sa police. Nous nous battrons toujours pour qu’elle puisse avoir la paix dans ce pays. C’est notre engagement devant l’Etat de Côte d’Ivoire, devant les populations, de nous sacrifier au besoin afin qu’elle soit tranquille et vaque à ses occupations. Et nous ne faillirons pas à notre devoir. Qu’elle nous fasse confiance.

De Gildas, Correspondant du Républicain à Abidjan

28 Août 2012