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Depuis bientôt deux mois, des familles de la Commune VI n’ont pas le droit de dormir à poings fermés. Elles s’attendent à tout moment à la visite des « hommes de nuit » ou des bandits qui leur imposent leur loi. Tenez ! En l’espace d’une semaine (du 23 au 29 décembre 2006), ce sont plus de 10 motos et divers autres matériels (le bilan est loin d’être exhaustif) qui ont été enlevés à Faladié-Socoro, à Niamakoro, à la Cité Unicef, où se trouve le commissariat du 10e arrondissement, et à Banankabougou. Et tout porte à croire que c’est le même gang qui opère dans ces trois quartiers.

Ces grands bandits ont développé une nouvelle technique de vol qui consiste à asperger la porte de la concession avec de l’huile avant de la couper. Ils pénètrent ainsi à l’intérieur en douceur pour ramasser tout ce qui vaut quelque chose. « C’était dans la nuit du 26 au 27 décembre dernier. Nos deux motos de marque Jakarta étaient dans le salon. Et c’est moi qui ai fermé la porte du salon à clé à une heure du matin. Au réveil, nous avons trouvé la porte grande ouverte. Les motos, le poste télé, le tapis et un portable avaient disparu. Nous avons fait des déclarations au niveau de la police. Mais jusque-là, rien », témoigne Amadou Traoré, étudiant à la Fast résidant à Faladié-Socoro près du petit marché.

La même nuit, deux autres familles voisines ont reçu la visite, certainement, des mêmes personnes. Ils ont enlevé pêle-mêle des motos, des antennes TV-5, des rétroviseurs, radios et des pneus de secours de voitures avant de disparaître sans laisser de trace. Deux jours plus tard, le 29 décembre, des témoins ont rapporté des cas de vol similaires à Banankabougou et à Niamakoro. Dans ce dernier quartier, les voleurs ont eu l’audace d’enlever le compteur d’électricité d’une famille et le bélier de Tabaski.

Où est la police ?

Des voleurs de moutons ont également été identifiés à la Cité Unicef, mais ils n’ont pas pu être arrêtés par les populations. « Ils sont entrés dans la famille comme des habitués. Comme il n’y avait que des enfants, ils ont pris le pousse-pousse et ont commencé à détacher les deux moutons. Malheureusement, pour eux, au même moment le chef de famille entrait. Celui-ci a crié au voleur », rapporte Cheickna, un témoin.

En Commune VI, nombreux sont les citoyens qui en veulent aux agents de la police. Ils sont, en effet, accusés de s’occuper plus de leur « pain quotidien » lors des patrouilles que de la sécurité des personnes et de leurs biens.

« Je me demande ce que font les deux commissariats en matière de sécurité. Les agents chargés de la patrouille ne sont contents que s’ils mettent le grappin sur des gens qui ne disposent pas de pièce d’identité », déplore Lassine Bouaré.

Toute personne sans pièce devra débourser 3000 F CFA ou dormir dans les geôles. « Au lieu de faire les patrouilles tard dans la nuit, non, nos policiers sèment la panique au sein de paisibles citoyens en début de soirée avant de s’éclipser ! », relève Oumou Diarra, une enseignante.

Et pourtant, dans le domaine du renforcement de la sécurité des personnes et des biens, le gouvernement a consenti d’énormes efforts. En plus de l’augmentation sensible de 12,42 % du budget du département de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, les commissariats ont été dotés de véhicules 4×4 de poursuite et de nouvelles motos de patrouille. Les effectifs des forces ont également été renforcés suite au recrutement de 750 policiers, 250 fonctionnaires de la protection civile, 250 gendarmes et 300 gardes.

Toutes choses qui devaient permettre aux forces de sécurité d’œuvrer à la restauration de l’estime et de la considération des autorités et des populations. Las !

Sidiki Y. Dembélé

17 janv 07