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A peine sorti de prison, la police a, une fois de plus, mis le grappin sur Black Madou dans les 24 heures qui suivaient. Tout simplement parce qu’il a été tracé à partir d’une chemise qu’il avait chipée à l’autogare et revendue à l’un de ses receleurs pour signer son grand retour.

Sorti de prison vendredi dernier, aux environs de 10 heures, Black Madou, 23 ans, sans domicile fixe, que les policiers croyaient toujours au frais, en est sorti pour immédiatement reprendre du service. Sitôt descendu de la Sotrama qui le ramenait à Sogoninko, il fit tout d’abord un crochet à l’autogare, pour saluer ses anciens complices, et chercher quelque chose à se mettre sous la dent.

Par les temps qui courent, et n’ayant pas trouvé quelque chose de consistant, de passage devant les étalages en bordure de la route, Black Madou réussit à chiper une chemise qu’il vint ba

Sans perdre de temps, celui-ci, à son tour, liquida la chemise volée chez un boutiquier de la place. Ce dernier, séance tenante, proposa la chemise à l’un de ses visiteurs, qui sauta sur cette belle occasion de s’offrir un vêtement de classe pour la modique somme de 3 000 FCFA.

Il troqua d’ailleurs sur place son boubou villageois contre sa nouvelle chemise. Les deux amis causèrent jusqu’aux environs de 16 heures. Comme le visiteur devait prendre le bus en partance pour Bougouni, il se rendit à l’autogare. En attendant l’heure du départ, il vint s’installer en face de la boutique du propriétaire originel de la chemise.

Ce dernier n’en crut pas ses yeux. Il se rapprocha du villageois pour s’assurer que c’était bien la chemise volée que celui-ci portait. Tout à coup, il cria au voleur! Ce fut toute l’autogare qui se rua vers le villageois, qui ne comprenait rien à tout ce remue-ménage autour de lui.

Après une brève empoignade, la police s’invita sur les lieux et conduisit les deux protagonistes au poste de police. Après investigations, la police interpella tour à tour le receleur, puis le boutiquier, avant de mettre le grappin sur Black Madou, alors que ce dernier, qui ne se doutait de rien, fêtait sa sortie de prison avec ses anciens complices.

Pierre Fo’o Medjo

19 Août 2013