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La persistance des incursions djihadistes dans le centre du Mali est un cauchemar pour le président IBK qui peut espérer un sommeil tranquille avec une nouvelle opération de ratissage des forces de sécurité dans le centre du pays. L’opération en question est un pari difficile pour le général Salif Traoré, ministre de la Sécurité intérieure. Mais le général Traoré lui-même affichait un optimisme clair en annonçant le 25 septembre 2016 à la presse qu’il s’agit de tuer dans l’œuf la menace terroriste.

L’opération de sécurisation en cours dans le centre du pays aurait pu être lancée bien avant que la région de Mopti et une partie de celle de Ségou ne soient infiltrées par les terroristes. En ce qui concerne Mopti, tous les problèmes semblent être partis des assassinats qui ont ébranlé les populations vivant dans les environs de la ville de Sévaré en 2014.
Les habitants du village de Barbé s’étaient réveillés sous le choc, en découvrant les corps sans vie de 4 personnes égorgées. Le nom du sulfureux prédicateur Amadou Koufa avait commencé à circuler sur les lèvres, certains observateurs estimant que ses hommes de main seraient derrière l’acte barbare qui a traumatisé Sévaré et les villages environs.

Cet incident est passé presque inaperçu, et peu à peu les djihadistes ont eu l’opportunité de s’installer dans la campagne. Leurs cibles étaient de paisibles citoyens qu’ils exécutaient sans revendiquer leur forfait. L’armée de l’ombre de Koufa allant frapper jusque dans le milieu religieux, en août 2015, c’est l’imam du village de Barkerou, près de Nampala, qui a été exécuté sous le regard impuissant de ses femmes.

Les terroristes parcourent les villages de la zone nuitamment pour rependre leur idéologie auprès des populations. Ceux qui refusent leurs avances comme l’imam de Barkerou sont des ennemis à abattre. Mais face aux nombreux assassinats, les forces de défense et sécurité sont restées impuissantes. La seule réponse viendra des populations, des milices dont l’objectif est de défendre les civils contre les agressions djihadistes.
Aujourd’hui, c’est l’armée qui est surtout dans le viseur des djihadistes retranchés dans le centre du pays. Leur dernier fait d’arme est probablement l’attaque d’un poste de sécurité non loin de Boni le 31 août 2016. Avant cette attaque, il y a eu celle contre le camp de Nampala, des embuscades contre l’armée entre Ténenkou et Diafarabé et même l’instrumentalisation du clivage entre communautés ethniques à Dioura, dans le cercle de Ténenkou.

L’opération actuellement en cours vise, entre autres, à réduire la circulation des armes légères dans cette zone qui est devenue une poudrière. Quant au résultat attendu, rien n’est moins sûr, puisque des opérations similaires avaient été lancées sans succès. On se souvient de l’opération Seno dans la région de Mopti en 2015 qui n’est pas arrivé à bout des terroristes, même si plusieurs d’entre eux avaient été abattus et d’autres emprisonnés.

Soumaila T. Diarra

Le Républicain du 9 Septembre 2016