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L’information a été relayée par la presse algérienne, le samedi 11 octobre 2008, une rencontre de haut niveau entre l’armée algérienne et celle du Mali a eu lieu, en vue de conjuguer leurs efforts dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité dans la bande sahélo-saharienne. Contacté, le Directeur de l’Information et des Relations publiques de l’Armée (DIRPA), le Colonel Abdoulaye Coulibaly affirme ne pas être au courant de cette rencontre qui a eu lieu en Algérie. De son côté l’Ambassade algérienne au Mali l’a confirmée.

Les deux pays, qui entretiennent de très bonnes relations dans le domaine, veulent mettre tous les moyens nécessaires pour arriver à bout des bandes armées, qu’elles soient terroristes ou composées de contrebandiers qui écument cette région du Sahel. Habituellement l’Algérie appelle les pays frontaliers, dont le Niger et le Mali notamment, à se prémunir contre ces fléaux en se montrant coopératifs surtout en ce qui concerne le volet logistique.

« En plus de la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme, le récurrent problème des Touareg de Kidal, cette région du Nord du Mali, était sûrement au centre des discussions » a souligné le journal algérien, « La Nouvelle République » du 13 octobre dernier. L’Algérie joue, comme tout le monde le sait, le rôle de médiateurs entre les deux belligérants, à savoir les rebelles touareg et le gouvernement malien.

Sous la houlette de Abdelkrim Ghraieb, l’Ambassadeur de l’Algérie au Mali, plusieurs rounds de négociations ont, en effet, eu lieu en Algérie pour apaiser la tension à Kidal. Des négociations, dont les dernières en date remontent au début du mois de septembre, ont abouti à la libération de 44 militaires maliens détenus par les Touareg. C’est pour dire que la sécurité dans cette région préoccupe au plus haut point les autorités algériennes.

« Ayant refusé l’installation d’Afrikom sur leurs territoires respectifs, l’Algérie et le Mali n’ont aujourd’hui aucune solution pour lutter contre ces fléaux que de conjuguer leurs efforts pour ramener la paix et la stabilité dans cette région. Cette force américaine sera, sauf revirement de dernière minute, installée au Royaume Chérifien malgré le mutisme des autorités marocaines sur la question », précise l’article du confrère algérien.

La stabilité dans les pays du Sahel est maintenant devenue cruciale dans la mesure où les intérêts des uns et des autres en dépendent inexorablement.

Selon La Nouvelle République, la multiplication des ces rencontres ne pourra qu’être bénéfique en vue de lutter contre « des groupuscules terroristes qui justement utilisent les pays du Sahel comme zones de repli pour ensuite revenir commettre leurs méfaits sur le sol algérien. C’est la raison pour laquelle notre pays déploie d’énormes efforts pour amener ces pays à établir une stratégie commune de lutte contre toutes les formes de fléaux ».

Il y a quatre mois, une délégation de généraux algériens a séjourné au Mali en vue du renforcement de la coopération militaire entre nos deux pays. Cette présence des généraux algériens faisait suite à une visite en Algérie dans le même cadre, du ministre de la Défense du Mali, Natié Pléa.

Cette coopération doit conduire à l’application des accords dans ce domaine, la lutte contre le trafic des armes et le terrorisme, l’organisation de patrouilles mixtes et unitaires le long de la frontière.

A noter que la rencontre des hauts gradés des armées algériennes et maliennes s’est tenue à un moment où le gouvernement est à pied d’œuvre pour la tenue à Bamako d’un sommet sahélo-saharien.

B. Daou

16 Octobre 2008