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L’Union européenne, à travers le chef de sa délégation, Giacomo Durazzo, s’est finalement prononcée sur le délicat problème du nord de notre pays. C’était lors de la réception organisée, vendredi dernier, au Musée de Bamako, à l’occasion de la célébration de la fête de l’Europe
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En présence des ministres et hauts cadres de la République, le chef de la délégation européenne a indiqué : «l’occasion de la célébration de la journée de l’Europe constitue aussi une opportunité pour parcourir ensemble les évènements majeurs qui se sont déroulés dans le pays depuis un an et pour établir le bilan et les perspectives de la coopération entre l’Union européenne et le Mali.

Je voudrai tout d’abord évoquer la situation dans le nord du pays, qui, après des mois difficiles, caractérisés par des affrontements meurtriers, semble finalement se stabiliser, malgré la persistance de certaines menaces comme celle de la présence de groupes terroristes salafistes.

Afin que cette paix soit durable, il faut que le développement du nord Mali puisse redémarrer, par un renforcement des collectivités territoriales et des autorités traditionnelles, maillons essentiels pour assurer la stabilité et la relance des activités économiques qui permettront une meilleure intégration de ces régions au reste du pays.

La consolidation de la paix et de la sécurité est nécessairement liée à une stabilisation de la bande sahélo saharienne, aujourd’hui plus proche, suite à la récente ouverture d’un dialogue au Niger, mais, qui ne pourra s’améliorer durablement que par une coopération renforcée entre les différents Etats concernés, comme proposé par le Mali avec la tenue de la conférence régionale sur la sécurité et le développement».

Giacomo Durazzo a ajouté que l’Union européenne, qui finance de nombreux programmes de développement dans le nord du pays, est prête à soutenir les efforts du Mali pour assurer un contrôle effectif de ces vastes territoires en vue de combattre les trafics en tous genres qui alimentent actuellement l’instabilité de ces régions. C’est donc une décision importante que vient de prendre la commission de l’U. E. concernant la crise du nord de notre pays.

En, effet, jusque-là, les diplomates européens s’étaient montrés plus que prudents, concernant les décisions relatives à la sécurité au nord. Pourquoi les pays de l’U.E. ont-ils attendu cette date historique de la journée de l’Europe pour tenir ce discours ? Les évènements majeurs qui se sont déroulés, notamment cette année dans notre pays, comme l’a si bien dit Giacomo Durazzo, constituent les motifs de cette déclaration.

S’exprimant sur la crise financière et économique mondiale, le chef de la délégation de l’U.E. a indiqué : «L’Union européenne considère que la solution globale de la crise doit aussi passer nécessairement par un soutien financier accru aux pays en voie de développement afin de renforcer leurs capacités de réaction face aux conséquences négatives de celle-ci.

C’est ainsi qu’une analyse de l’impact de la crise au Mali est en cours, qui pourra déboucher, le cas échéant, sur des financements supplémentaires qui viendraient s’ajouter à ceux déjà accordés, dans le cadre des initiatives prises par la commission européenne pour faire face à l’augmentation des prix des denrées alimentaires».

Pour les pays partenaires, a-t-il soutenu, il s’agira de poursuivre et intensifier les réformes nécessaires pour moderniser leurs économies, en vue de mieux saisir les opportunités offertes par la globalisation et le commerce international et afin d’être plus efficaces et compétitifs face aux nouveaux enjeux créés par la crise.

A cet effet, a-t-il ajouté, la prochaine signature des accords de partenariat économique qui seront conclus entre l’U.E. et les différents groupes régionaux ACP constituera une importante opportunité pour renforcer la compétitivité et l’intégration régionale de ces pays.

En outre, le chef de la délégation de l’U.E. a affirmé : «durant cette année, d’importants événements comme la tenue des assises contre la corruption et celles sur l’éducation ainsi que le travail remarquable effectué par la commission présidée par Daba Diawara ont permis de faire avancer les réflexions sur les importantes réformes à engager afin d’améliorer la gouvernance du pays».

Il a précisé qu’il s’agit maintenant de poursuivre ces efforts, en consolidant les réformes en cours comme celles de la décentralisation, de la justice, de la gestion des finances publiques et en mettant en exécution les décisions prises lors de ces assises.

Baba Dembélé

13 Mai 2009