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Ibrahim Ag Bahanga et Fagaga ont défrayé la chronique ces temps-ci. Mais, avec l’évolution de la spirale de la violence et des agressions dans le septentrion malien, on se rend compte qu’il y a d’autres groupes tout à fait différents de ces deux.

L’attaque du 3 mai 2008

En effet, l’attaque la plus récente est celle qu s’est déroulée le samedi 3 mai entre Aguel Hoc et Tessallit. Elle serait l’oeuvre d’autres bandits armés sous la houlette de M. Mezouk. D’où vient ce Mezouk? Que veut-il au juste avec sa bande?

Ce son entre autres questions qui trottent dans l’esprit des uns et des autres. Mezouk, selon nos sources, est un douanier reconverti en bandit. Qu’est-ce qu’il entend faire par la suite? En tout cas, cette tentative d’attaque de convoi a coûté cher aux rebelles.

Le bilan

Au terme de cette attaque, selon les sources officielles de la DIRPA, il y a eu côté armée régulière : 1 mort, côté assaillants : 9 morts, 18 blessés et 3 véhicules détruits. En cette circonstance, le ministre de la Défense et des anciens Combattants présente ses condoléances à la famille du disparu et assure que les forces armées et de sécurité poursuivront leur mission de défense de l’intégrité territoriale et de sécurisation des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national.

Cette attaque nous amène à nous poser un certain nombre de questions: le banditisme n’est-il pas ainsi en train de s’installer dans les régions du nord comme mode de vie? Comme moyen de survivance? Au sein de l’opinion publique nationale, on se demande ce que ces bandits armés veulent au juste. La rébellion n’est certes pas un phénomène nouveau au Mali, mais l’allure avec laquelle les attaques se poursuivent est très inquiétante.

Il faut souligner que pourtant, ces attaques ont lieu après la signature du pacte national, puis celle de l’Accord d’Alger, à l’issue de laquelle les autorités maliennes qui se sont engagées à travers un Programme Intégré de Développement des Régions du nord dont (PIDRK) Programme Intégré de Développement de la Région de Kidal sont à pied d’oeuvre.

Des velléités des assaillants

C’est fort de tout cela qu’on se demande au juste ce que ces bandits armés se présentant comme étant des rebelles veulent. De plus en plus, avec les attaques qui ne finissent pas, on se demandens’is n’ont pas d’autres velléités inavouées, contraires au besoin de développement de leurs localités.

En effet, il n’est plus un secret pour personne que certains de ces bandits comme Ibrahim Ag Bahanga et Fagaga ont occupé le terrain depuis un bon moment et de sang froid, ils s’adonnent impunément à des attaques de convois de ravitaillement des élements de l’Armée régulière.

Des méthodes terroristes

N’est-ce pas là un comportement qui compromet les efforts du gouvernement et des partenaires au développement? En tout cas, selon certaines sources, l’Etat malien a surtout affaire à des bandits armés qui ont des manières terroristes d’agir sur le terrain avec des attaques de convois militaires, des enlèvements de militaires qu’ils gardent en otage.

Mais, au-delà de ces pratiques courantes, ceux qu’on appelait jadis des bandits armés ou des frères égarés donnent la preuve qu’ils sont plus que jamais déterminés à perpétuer l’insécurité dans le septentrion malien et par des méthodes terroristes.

En plus, lls s’adonnent malheureusement à des actes de terrorisme dans plusieurs localités du pays à travers notamment des trafics de drogues et d’armes. Face à la recrudescence de ces pratiques, on se rappelle d’ailleurs que l’Assemblée Nationale a adopté une loi contre le terrorisme.

Cela avait suscité beaucoup d’espoir, puisqu’on pensait que l’Etat s’était doté de textes cautionnant ses interventions sur le terrain pour empêcher que les bandits fassent la loi en faisant règner la terreur dans les régions nord du pays.

L’approche des autorités est-elle adaptée au contexte?

Malheureusement telle n’a pas été la stratégie des autorités qui continuent à privilégier la voie du dialogue avec des gens sans scrupule et déterminés à tout mettre en oeuvre pour compromettre les efforts de développement du septentrion malien.

Face aux attaques répétées, certains citoyens pensent qu’il est plus que jamais nécessaire et urgent de changer de stratégie en engageant des offensives sans merci contre ces gens sans foi ni loi. Il ne s’agit pas de faire une descente dans les villes pour s’attaquer à tous ceux qui auraient des ressemblances avec les terroristes.

Les avis partagés au sujet de l’approche prônée par le pouvoir

Depuis, les avis sont partagés au sein de la société au sujet de la stratégie à adopter contre ces fils du pays qui n’entendent pas revenir à la raison. Ainsi, en faisant peser la menace sur la vie des personnes, ils compromettent en même temps les eforts de dévéloppement, découragent les bailleurs de fonds au rythme où ils vont.

Heureusement que les autorités actuelles bénéficient encore de la confiance mais aussi de l’appui financier des bailleurs de fonds qui sont plus que jamais convaincus que c’est seulement par le dialogue et la mise en oeuvre des programmes de développement de ces régions jugées défavorisées par les facteurs naturels qu’une solution durable pourra être trouvée à cette épineuse question de rébellion au Mali.

L’objectif est de créer les conditions meilleures de vie et de travail à travers également la promotion de l’emploi. Toutes choses qui seront de nature à bouter hors du septentrion les préjugés mais aussi les réalités du calvaire vécu par les populations de certaines localités.

C’est sans doute après la réunion de ces conditions qu’on pourrait engager une véritable croisade contre ces hors la loi avec suffisamment d’arguments à la clé. Mais d’ici là, il est nécessaire que les rispostes comme la plus récente contre lés élements de Mezouk se multiplient proportionnellement aux attaques pour freiner les ardeurs de ces intrépides bandits.

Moussa SOW

Nouvel Horizon du 06 mai 2008