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Kidal, Ménaka, Tinzawaten, Téghrergar, Abéïbara, (en 8ème région) Diabaly, Nampala (en 4ème région), les environnants de Nara (en 2ème région) et tout récemment dans la ville de Gao où l’explosion de grenades a fait deux morts et trois blessés: sont entre autre villes, villages et fractions où les foudres des bandits armés se sont abattues entre 2006 et 2008.

A la tête de ces bandits, il y a un certain Ibrahim Ag Bahanga, élu ADEMA au Haut Conseil des Collectivités, l’une des institutions de la République du Mali. Après les attaques de Nampala le 20 décembre 2008 par les bandits, l’Armée malienne a engagé la riposte en acheminant des renforts à Nara. Dix jours après, soit le 31 décembre 2008, les mêmes bandits touaregs ont fait exploser des grenades à Gao tuant des innocents.

Au moment où des observateurs croyaient que la situation allait s’enliser, nous apprenons que 300 éléments des bandits armés ont quitté le maquis pour être intégrés dans l’Armée. Il y a lieu de penser que les cartes sont en train d’être brouillées quand on sait que les 1er responsables des bandits armés, à savoir Ibrahim Ag Bahanga et le Colonel déserteur Hassan Ag Fagaga ne sont pas concernés par cette réintégration.


L’enlisement sur le terrain

En fin 2006 s’éclata de nouveau la rébellion touarègue au Nord du Mali. En vue de mettre fin aux hostilités et permettre le retour des éléments égarés dans l’armée malienne et l’intégration d’autres éléments, un accord a été signé entre les belligérants sous la médiation de l’Algérie en juillet 2006 à Alger.

L’accord dit d’Alger n’a pu mettre fin à la rébellion. Comme un serpent de mer, depuis 2006, des rebelles touarègues au Mali se cachent pour ensuite commettre des actes ignobles. Les derniers forfaits des bandits armés assimilables à des narcotrafiquants remontent au 20 décembre 2008 à Nampala dans la région de Ségou.

Le bilan fourni par l’Armée après les attaques de Nampala est de 20 morts dont 11 du côtés des bandits ainsi que de nombreux blessés. Abandonné par l’Algérie pour avoir signé un accord en Libye, le chef rebelle Ibrahim Ag Bahanga qui a également désobéi à la Libye en refusant de laisser les armes est presque seul aujourd’hui selon nos sources.

Tout de même, il faut souligner qu’il a bénéficié du soutien d’un Mauritanien lors des attaques de Nampala. Quand l’armée a engagé la riposte après le 20 décembre, il a pris la direction de la Mauritanie. C’est ainsi que des renforts ont été acheminés à Nara, ville frontalière avec la Mauritanie.


Quelle ville ou village sera la prochaine cible de Bahanga?

Kidal et Ménaka ont été les 1ères villes attaquées par la bande de Ibrahima Ag Bahanga en 2006. Ce fut également le début de la rébellion. Le président de la République, le Général Amadou Toumani Touré, qui se trouvait en tournée à Diéma, a fait une déclaration dans laquelle il a invité la population à ne pas faire l’amalgame.

Cet appel du Chef de l’Etat a été entendu par les populations. Après avoir attaqué les camps de Kidal et de Ménaka, les rebelles se sont réfugiés dans les montagnes de Tinzawaten et de Téghrergar. Ainsi, ils procédèrent par des attaques isolées dignes d’une guerilla. Ils ont également posé des mines anti-personnelles.

Le carnage d’Abeibara le 23 mai 2008

En effet, depuis un certain temps, des bandits armés dont la principale activité est le trafic de drogue et d’armes affrontent l’armée malienne dans cette partie du territoire. La bande est commandée par un certain Ibrahim Ag Bahanga, un conseiller ADEMA au sein du Haut Conseil des Collectivités. Dans la même bande, il y a aussi le colonel Hassane Fagaga qui a retourné les armes contre son camp, c’est-à-dire l’armée régulière.

Les toutes premières attaques des bandits ont eu lieu le 23 mai 2006 dans les camps de Kidal et Ménaka. Très vite, l’armée malienne a pu circonscrire les dégâts suite à la médiation de l’Algérie. Le 4 août 2006, les belligérants ont signé un accord en 18 points à Alger dans la capitale algérienne dénommée l’Accord d’Alger. Quelques temps après, des éléments dont Bahanga et Fagaga ont de nouveaux pris le maquis en se désolidarisant de l’Accord d’Alger.

Depuis ils affrontent les troupes régulières. Aujourd’hui, le président de la République affirme que l’Accord d’Alger reste le seul cadre de dialogue. “Sur les 18 points contenus dans l’accord, nous avons exécuté à la date d’aujourd’hui 15. Il ne reste que trois points qui sont en cours d’exécution”, a-t-il dit.

Les bandits armés dans leur combat perdu d’avance ont commis beaucoup de crimes mais les crimes qui ont marqué des tournants décisifs ont été l’assassinat du Commandant M’Bareka Cheick en mars 2008 par des hommes non identifiés à la solde de Bahanga. Après ce crime crapuleux, des éléments touarègues intégrés dans l’armée malienne ont déserté les rangs pour aller grossir la bande à Bahanga. Le 23 mai dernier, les bandits ont semé le carnage et la désolation en attaquant le camp d’Abeïbara.

Le bilan officiel de ces attaques est de 32 morts dont 17 rebelles et 15 des forces armées et de sécurité. A la suite de ces attaques, le président de la République, Chef Suprême des Armées a procédé à des changements au sein du commandement de la hiérarchie militaire. Le colonel Gabriel Poudiougou, précédemment chef d’Etat-major général adjoint des armées et chef d’Etat major de l’Armée de Terre devient le chef d’Etat-major général des Armées en remplacement du Général Seydou Traoré.

Le Gouverneur de Kayes, le colonel Mamadou Adama Diallo succède à Gabriel Poudiougou. Le colonel Niamey Keïta est nommé Directeur Général de la Police. Le colonel Tiéfing Konaté devient le Directeur Général de la Gendarmerie.

Malgré ces changements au sommet de la hiérarchie militaire au Mali, des bandits rebelles touaregs continuent de défier l’armée nationale par des attaques sanglantes. Trop, c’est trop !


Daba Balla KEITA

06 Janvier 2009