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En matière d’assainissement, la Commune urbaine de Kayesa encore de… mauvais jours devant elle. C’est, en tout cas, le premier constat qui s’offre à tout observateur averti, en visite dans ladite Commune. Comment expliquer une telle situation, surtout dans une région jadis considérée comme la première Capitale du Mali?

Les résultats de l’enquête que nous avons menée auprès des populations, lors de la tenue de la Biennale artistique et culturelle, en vue de trouver une réponse à cette question, se sont avérés accablants pour le Maire de la Commune, l’élu RPM, M. Hamidou Koné.

Rappelons pourtant que pour l’organisation de cette Biennale artistique et culturelle, édition 2008, à Kayes, l’assainissement, la sécurité et la mobilisation se trouvaient au cœur des missions assignées au Comité de pilotage de l’évènement, présidé par le Gouverneur de région et non moins Chargé de l’organisation matérielle des festivités, le Colonel Mahamadou Maïga.

Aussi, lors de sa première rencontre avec la Presse, le Gouverneur fera savoir que ledit Comité de pilotage a injecté 60 millions de FCFA rien que dans l’assainissement. Malgré tout cet investissement, l’insalubrité dans la ville était palpable.

Toute chose qui paraissait paradoxal aux yeux de plus d’un. C’est pourquoi, lors de sa deuxième rencontre avec les hommes de média, ces derniers n’ont du reste pas manqué de poser la question au Gouverneur et premier responsable de la région.


Et le chef de l’exécutif de répondre :
La question de l’assainissement est assez délicate, car en général, il s’agit d’une oeuvre au quotidien. Dans le cas particulier de Kayes, l’insalubrité est un problème récurrent lié, d’une part, à l’incivisme des populations. Certains assainissent, d’autres salissent. D’autre part, c’est la Mairie qui n’a pas peut-être joué son rôle”. Et, le président du Conseil Régional de la Jeunesse de Kayes, M. Ali Coulibaly dit “Black”, d’enfoncer le clou.

Quand la jeunesse fait mieux que la Mairie

Il n’est un secret pour personne que de nos jours, pour mettre toute politique de développement ou politique sociale en place, la meilleure porte d’entrée, ce sont les jeunes et les femmes.

Ainsi, Ali Coulibaly, dans un entretien, fera savoir qu’à l’instar de toute autre association, son organisation contribue au développement de la Commune en appuyant les autorités administratives et politiques dans les missions qui leur sont assignées.

C’est dans ce cadre, surtout en matière d’assainissement, que le Conseil Régional de la Jeunesse de Kayes a mis en place un vaste programme d’activités d’utilité publique, sachant bien que la Super Coupe ATT et la Biennale allaient se tenir à Kayes.

C’est en fonction de ces évènements que pendant quatre jours, le Conseil Régional de la Jeunesse de Kayes a procédé à des opérations d’assainissement.

Selon le président du Conseil Régional de la jeunesse, la première opération dénommée “Siguida Djèya” a consisté à inviter toutes les populations, non pas à balayer devant la maison du voisin ou dans un lieu public, mais à assainir la devanture de sa propre maison.

Cette opération a été une réussite, parce que la ville a été complètement assainie“, s’est réjoui le président, avant de déclarer que la deuxième opération, qui s’appelait “Opération 1 500 jeunes pour un marché propre”, a consisté à nettoyer totalement le marché. “Et jamais le marché n’a eu droit à un tel toilettage ! “, a fait savoir le président de la Jeunesse.

Toujours selon lui, lors de la Biennale,et durant toute une semaine, le Conseil a organisé des journées citoyennes au cours desquelles les jeunes ont balayé les principales artères, les sites d’hébergement, et procédé au ramassage des sachets en plastique dans le stade “Abdoulaye Makoro Sissoko“ et dans la salle “Massa Makan Diabaté“ où se tenaient les spectacles.

Et le président du Conseil Régional de la Jeunesse, de conclure : “La gestion de la cité s’articule autour de trois choses : la gestion administrative, la gestion environnementale et la gestion des ressources. On a une équipe municipale qui, malheureusement, n’est pas à la hauteur. On a pu cacher beaucoup de choses aujourd’hui ; mais à la première vue d’un étranger, il sent directement qu’il reste beaucoup à faire en matière d’assainissement de la ville. L’assainissement n’a pas été obtenu, malgré les efforts consentis lors de l’organisation de la Biennale, parce que la Mairie n’a pas joué son rôle”.

Moussa TOURE

06 Janvier 2009