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Les places publiques, les maisons d’habitation, les l’écoles et le fleuve Niger sont devenus plus que jamais des dépotoirs d’ordures dans l’indifférence totale des autorités et des citoyens.

«Les textes ne changeront rien tant que les citoyens ne sont pas conscients de leur responsabilité », a signalé un responsable de la voirie de Bamako. En réalité, les autorités cachent leur laxisme derrière l’incivisme des citoyens. Depuis plus d’une décennie, Bamako est devenu l’une des capitales les plus insalubres de la sous région.

Malgré la multiplication des actions à travers des structures d’assainissements comme les GIE (Groupements d’intérêts économiques) et le programme Bamako ville propre de l’association AGIR, notre capitale tarde à trouver son visage de propreté d’antan. L’absence d’une politique efficace, le laxisme des autorités dans l’application de la réglementation en la matière et surtout l’incivisme des citoyens sont entre autres les facteurs qui expliquent cette triste réalité.

Avec le phénomène de l’urbanisation, nous assistons désormais à un développement incontrôlé des quartiers spontanés dont les conséquences sont visibles avec une prolifération des dépôts des déchets liés à l’absence d’un système organisé de collecte et de traitement des ordures industrielles et de ménage. Dans la ville de Bamako, de plus en plus, les espaces verts et les places publiques changent de vocation pour être des dépôts d’ordures et cela au vu et au su de tout le monde.

Les chiffres sont d’autant inquiétants que l’urgence impose une synergie d’actions de tous les intervenants.
Selon le rapport de 2005 sur l’état de l’environnement, 60% des places publiques de Bamako ont changé de vocation. Cela explique les difficultés de récupération des déchets et leur recyclage. Sur les 17 089 tonnes de déchets, seulement 1355 à 1720 tonnes sont recyclées.
Les dépôts de transit de N’golonina et du quartier « Sans fil » sont des illustrations parfaites de l’insalubrité de la ville de Bamako.

En commune VI, les camions de vidanges déversent leur contenu à 200 ou 300 mètres des maisons d’habitation. L’odeur nauséabonde, les moustiques et les mouches vivant dans les ordures sont des vecteurs qui expliquent la présence de beaucoup de maladies.

Dans la plupart des quartiers de Bamako et les lieux publics, les citoyens n’ont d’autre moyen que de verser des eaux usées sur les voies publiques « Il faut une prise de conscience de la part de tout un chacun, le phénomène de l’insalubrité est connu de tout le monde, les moyens de l’Etat sont limités. Donc face à cette situation chacun doit faire des efforts pour résoudre le problème. En tout cas, l’insalubrité est une menace pour tout le monde», a réagi Mohamed Traoré, chauffeur à l’autogare de Sogoniko.

« Il est facile de rendre Bamako propre dans la mesure où il existe des lois. Mais, malheureusement, l’application fait défaut .Les lois sont faites pour être appliquées dans l’intérêt de la population», a dit M Diarra, responsable d’un GIE (Groupement d’intérêt économique.)

La dégradation de notre cadre de vie, dont les conséquences sont multiples sur la santé, relève de la responsabilité de tout un chacun. Au niveau de la population, c’est l’incivisme, le manque d’information et l’analphabétisme qui favorisent le phénomène.
Au niveau des autorités c’est le laxisme et la négligence dans l’application des textes en vigueur.

Malgré les efforts entrepris, les résultats escomptés sont en deçà des expériences, la mise en œuvre des campagnes de sensibilisation entreprises jusqu’ici ont du mal à produire leurs effets.

Nouhoum Dicko

17 mars 2008.