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L’inondation qui a défrayé la chronique en juillet et août 2013, de part l’ampleur des dégâts matériels et humains n’a pas fini de faire des vagues. Car non seulement le problème reste entier, mais le pouvoir qui a promis de faire tomber des têtes, peine à situer les responsabilités. Comme, il y a les communes et le district avec un maire dans chacune de ses collectivités, les hautes autorités semblent avoir pris un raccourci en épinglant le maire du district Adama Sangaré, qui fait l’objet d’une suspension par le ministre de la Décentralisation et de la politique de la ville. On ne peut mieux compter sur les enquêtes des inondations de 2013 qui finissent ainsi en queue de poisson.

Les Maliens se rappellent encore les images des personnes entrainées par les torrents, des femmes et des enfants noyés, et les vivres et les matériels emportés en août 2013, suite à l’inondation à Bamako. Elu, le tout nouveau président IBK a promis de situer des responsabilités et de sanctionner. Depuis, les enquêtes piétinent, et faute de situer les responsabilités, un maire a été rendu coupable de tout le mal. C’est le maire du district de Bamako, Adama Sangaré.

Selon le ministère, Adama Sangaré serait responsable des inondations survenues dans les deux communes. Ce qui est constant, c’est que les inondations meurtrières du 28 juillet sont dues à un défaut de curage des caniveaux. Cette tâche relève de plusieurs autorités, des pouvoirs publics aux mairies des communes et du district.

Par exemple, le curage des grands collecteurs, presque bouchés, relève de la Direction nationale des Routes, et nécessite un budget annuel de 70 millions de F CFA, tandis que les collecteurs secondaires sont sous la responsabilité de la direction régionale de l’assainissement. Quant à la mairie, elle ne s’occupe que des communes et des quartiers. Cette répartition découlant de la décentralisation

Les responsables communaux sont tous unanimes sur un fait : l’absence des ressources prévues par l’Etat en termes de subvention pour les mairies et pour l’assainissement.

Selon nos sources, il n’y a pas eu de subvention, pas d’avance remboursable depuis 4 ans. En conséquence, tous les projets de la mairie ont été bloqués : du port-sec aux espaces verts et de loisir, ainsi que les projets de fluidification de la circulation à Bamako tout s’arrête.

Les inondations survenues ne sont que la résultante de tous ses blocages, faute de subvention de l’Etat. De là à désigner le maire du district comme le seul coupable, il n’y a qu’un pas que le ministère de la Décentralisation et de la politique de la ville, a franchi allègrement.

Cependant la mairie, aussi a son explication des inondations : les changements climatiques ajoutés à l’état des collecteurs. Et l’entretien des collecteurs est du ressort du gouvernement. Son défaut de curage a des dégâts partout, y compris dans les zones riveraines des cours d’eau.

Selon nos informations, la mairie du District de Bamako avait établi un rapport détaillé sur le problème de drainage et d’évacuation des eaux de pluie, qui est donc resté lettre morte. « Les séances de travail avec le ministre, avec des visites de terrains effectuées par le maire et le gouverneur du District, les ministres en charge de la question, aucune action ne fut entreprise par la tutelle pour les curages des collecteurs, l’assainissement et des canalisation relevant de la compétence de l’équipement », selon ces sources.

B. Daou

SOURCE: Le Républicain du 13 juin 2014.