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Le bilan des inondations consécutives aux pluies diluviennes du 28 août est loin d’être stable. D’un premier état de 24 morts, on en est présentement à 35, officiellement. Et, si l’on en croit une source au quartier Banconi, un nouveau corps vient d’être soustrait des décombres d’une maison ce 2 septembre. Si ce nouveau cas se confirme, il portera le nombre de morts à 36 personnes. Samedi, les sinistrés recensés dans les deux principales communes touchées (les communes I et IV) s’élevaient à 2 559 personnes.

jpg_une-2067.jpgEn commune I, dans le quartier de Banconi où trois écoles ont été requises par le comité de crise installé par la municipalité, les sinistrés se disent à bout de souffle : le chagrin de la perte d’être cher (s) côtoie la hantise des familles dépourvues de tout bien matériel. «Beaucoup de familles ont reçu des céréales», rapporte Mentaga Dembélé, chef de service social de la commune I du district de Bamako. Les céréales sont disponibles mais les ustensiles de cuisine sont insuffisants pour les 103 ménages habitant les centres de relogement.

«Nous avons vraiment tout perdu», insiste un conseiller municipal qui fait, lui aussi, parti des sinistrés. Outre les ustensiles de cuisines, les multiples donateurs semblent avoir omis les produits de traitement des eaux. A cet effet, la Croix rouge malienne s’inquiète d’une flambée de maladies diarrhéiques et du paludisme. «Nous avons besoin de la javellisation pour le traitement des eaux», confirme Mentaga Dembélé.

La commune I a été la plus touchée par ces pluies torrentielles avec 30 morts (voire 31 s’il faut prendre en compte le corps extrait des boues ce matin). «Nous admirons le courage des jeunes de Banconi qui sont sortis massivement pour les opérations de sauvetage», témoigne le coordinateur des chefs de quartier de la commune I. jpg_une-2068.jpg

«Depuis le 28 août, les populations de la commune I ont largement manifesté leur solidarité aux victimes», renchérit le maire Mme Konté Fatoumata Doumbia. Pour Mme Konté, qui recevait une délégation du Haut conseil islamique conduite par son président, Mahmoud Dicko, les prévisions météorologiques sont encore inquiétantes. En appelant «les musulmans à manifester leur solidarité aux victimes», le leader de la communauté musulmane a souligné que cet «incident ne doit pas être une nouvelle source de tension» dans le pays.

Paradoxalement, les sinistrés de commune I, ceux qui se sont faits recensés (684 personnes), restent largement au dessous des 1875 personnes répertoriées en commune IV. Ici, contrairement à une rumeur qui faisait état d’une cinquantaine de morts, on dénombre 3 décès (deux enfants de deux à trois ans et un vieillard de 70 ans). «Dans l’action, les gens étaient paniqués et tout le monde s’inquiétait pour leur proche», s’exclame un sinistré actuellement logé à l’école Aminata Diop de Lafiabougou, l’un des deux centres institués par la mairie pour accueillir les victimes.

C’est un sérieux problème social qui se pose aux municipalités. «Nous avons besoin de tout», assure le cinquième adjoint au maire de la commune IV, Issa Sidibé, président du comité de crise de ladite commune. Après quatre jours de mobilisation d’aide, il n’y avait que 200 moustiquaires pour les 1800 sinistrés. Par ailleurs, l’habillement et la quantité d’huile pour les besoins de la restauration étaient encore insuffisants.

Seydou Coulibaly

© AFRIBONE – Le 2 Septembre 2013