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Le samedi 26 juillet 2008, une pluie torrentielle a ravagé une bonne partie des maisons de Sogoniko Sud situées à proximité du marigot. Le bilan est lourd. De l’avis de certains natifs de la zone, une telle inondation ne s’est jamais produite. D’ores et déjà, beaucoup d’observateurs pointent le doigt sur la mairie qui selon eux est responsable de cette situation.

Les inondations du samedi 26 juillet 2008 réactualisent toute la problématique de la spéculation foncière qui se pratique actuellement dans cette partie de Sogoniko. Si dans un passé récent, la spéculation foncière a concerné les espaces publics, aujourd’hui force est de constater que la nouvelle spéculation foncière n’épargne plus le lit du marigot.

En ces lieux, il est loisible de constater que la cession du lit du marigot à des entreprises est devenue une pratique courante.
Cette situation se passe au vu et au su de tous sans que personne ne s’en offusque. Et pourtant, les espaces avoisinants les cours d’eau obéissent à une législation particulière.

Une certaine distance réglementaire vis-à-vis des concessions doit être observée. La mairie de la commune VI et les services du domaine semblent avoir oublié ce détail technique. La seule chose qui les intéresserait, est l’argent qu’ils se procurent de cette spéculation. La sécurité des personnes et de leurs biens est relayée au second plan. Il est temps que ces autorités reconsidèrent leur position. Toutes les actions qu’elles posent, doivent aller dans le sens du bien être de la population.

La situation de cette zone a une histoire particulière faite de démagogie, de négligence et de spéculations foncières.
A noter que la mairie n’est pas la seule à être incriminée. Les responsabilités de cette situation sont à partager entre la mairie et le conseil de quartier. Ils sont tous responsables mais à des degrés divers.

Dans les années 2000 -2001, il a été question de récasement. L’équipe communale dirigée par Broulaye Konaté a procédé à la délimitation de l’espace devant faire l’objet du recasement dans la partie sud de Sogoniko. Le recasement devrait concerner 8 familles. Les autres familles devaient faire l’objet de délimitation ou de redressement. Cependant, seules deux familles sur les huit ont été recasées. Les six autres lots ont été vendus à des particuliers par l’équipe municipale de 2000-2001.

Un conseiller municipal de l’époque, pour se disculper, dira que : «la gestion du recasement a été confié à 10 conseillers du quartier. Ceux-ci se sont emparés du reste des lots. L’équipe municipale n’est rien dans cette affaire, puisqu’elle a jugé nécessaire de confier cette affaire aux conseillers du quartier qui maîtrisaient le dossier plus que la mairie».

De cette époque jusqu’en 2008, une situation de suspicion, de méfiance s’est installée entre la population et les différentes équipes municipales. La situation s’embrase en 2008 lorsque l’équipe municipale de Souleymane Dagnon a voulu procéder au redressement de certains de ces lots de la zone.

L’équipe de redressement était dirigée par Baba Sanou (un ex-maire suspendu) sous la supervision des représentants du domaine de l’Etat. Contre toute attente, il s’est trouvé que le plan devant servir au redressement était faux. Il était l’œuvre d’un certain Koumaré. Les représentants du domaine constatant la fausseté du plan ont instruit à la mairie l’établissement d’un nouveau plan. Certaines informations confirment que le nouveau plan est disponible.

Ce nouveau plan prévoit un redressement et chaque famille occupera sa place initiale. Cependant, les populations de la zone sud de Sogoniko sont impatientes du fait que sans ce nouveau plan, elles ne pourront pas avoir un cadre de vie idéal (l’adduction d’eau, les caniveaux, l’électricité, etc..). Il faut signaler que sans ce plan, les inondations ne sont pas à exclure.

Les eaux du marigot qui jouxtent la zone, débordent son lit et inondent les maisons à proximité de celui-ci. Il faut signaler aussi que les inondations qui se produisent, sont en relation avec l’occupation anarchique du lit du marigot par des écoles, des compagnies de transport et des stations d’essence (par exemple La Chaîne Grise, L’Africa-Tours Trans et La Station Soleil Service).

A certains endroits, il faut noter que le lit du marigot ne dépasse pas les deux mètres de largeur. Or il se trouve que toutes les eaux d’une bonne partie de Sokorodji, de Missabougou, de Banankabougou, de Faladié-SEMA, Faladié Sokoro et de Sogoniko, transitent par ce cours d’eau.

Les inondations du samedi 26 juillet 2008 sont donc les conséquences de la spéculation foncière qui a cours dans la commune VI du District de Bamako et une négligence de la mairie. Négligence parce que le maire Souleymane Dagnon aurait promis aux populations de la zone l’achèvement du collecteur qui passe derrière l’Hydro Sahel. Si le collecteur était achevé, une telle inondation n’allait pas se produire.

Le bilan des inondations est lourd. Quatorze familles de la zone ont été touchées. Une partie du mur (plus de 15 mètres) qui entoure le cimetière s’est écroulée.
Malgré ce bilan qui reste lourd, la mairie de la Commune VI continue à autoriser la construction des magasins, des bars dans le lit du marigot.

Devons-nous se demander si les autorités municipales mesurent la portée de leur agissement ? Ignorent-elles les normes techniques et réglementaires qui réglementent la cession des espaces avoisinant les cours d’eau ? Mesurent-t-elles les ennuis qu’elles causent aux populations de Sogoniko sud ?
Mais elles doivent avoir en tête que l’histoire n’épargnera personne.


A. SYLLA, Y. COULIBALY

04 Aout 2008