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Les lèvres remplies de sourire au moment de la remise officielle des clés en août 2007, les bénéficiaires des 759 logements sociaux de Yirimadio n’ont eu qu’un petit moment de joie. Depuis le début de l’hivernage les pluies ont inondé leurs maisons cette semaine. Les eaux ont emporté tout sur leur passage, notamment des ustensiles de cuisine, des matelas et une banque de céréales.

C’est malheureusement ce que vivent les bénéficiaires des 759 logements sociaux de Yirimadio chaque hivernage. Logés entre deux collines, ils ont assisté impuissants le lundi 9 juillet à l’inondation d’une trentaine de maisons.

Les eaux de pluie qui ont rempli les caniveaux ont occupé l’intérieur des maisons atteignant par endroit de 40 à 60 centimètres de hauteur. Dans ces maisons, les eaux ont emporté des ustensiles de cuisine, des poulets, détruit 19 sacs de riz de la banque de céréale de l’association des 759 logements.

Ces inondations cycliques ont commencé au lendemain de la remise officielle des clés en août 2007. A l’époque, les habitants ont interpellé l’office malien de l’habitat. Cette structure est intervenue en élargissant le principal collecteur d’un mètre à trois mètres de largeur et trois mètres de profondeur. Ce collecteur rempli par l’érosion des collines qui entourent le site et cela malgré la volonté des habitants qui procèdent à son curage chaque fois que le besoins se fait sentir.

Face à cette situation, les habitants de ce site ont adressé des correspondances aux autorités chargées de la question. Il s’agit de la mairie de la Commune VI, du Gouvernorat du District, du service de l’habitat et de l’urbanisme et de la protection civile. Dans toutes ces structures, ils se sont butés à un mur de silence.

C’est pourquoi le président de l’association des 759 logements sociaux a lancé ce cri de cœur à l’endroit des autorités : « nous demandons tout simplement au gouvernement à travers les services de l’habitat et de l’urbanisme de nous venir en aide en procédant à l’élargissement et au curage des caniveaux affectés par l’érosion. Puisque cela nécessite des moyens énormes. Toute chose que nous ne pourrons pas faire tout seul« . « Même si nous enregistrons un mois de retard de payement de logements, c’est la police qu’il envoie pour nous déloger. Mais chaque fois que nous rencontrons des problèmes aucune autorité ne vient nous voir » a déclaré une habitante très affectée par l’inondation de sa cour.

Ici, chacun fait de son mieux en construisant un petit mur devant sa porte pour empêcher l’eau de rentrer. Mais le principal problème auquel tout le monde fait face est l’eau qui rentre par les tôles et les bétons. Ici, le président de l’association, Seydou Diarra et le doyen du quartier, Cheick Salla Maïga déploient des gros efforts pour dissuader la population qui menace de marcher sur l’office malien de l’habitat à chaque fois qu’il pleut.

Fatoumata Mah Thiam KONE

L’Indépendant du 12 Juillet 2012