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La grande pluie qui s’est abattue sur la commune de Sanankoroba, dans l’après-midi du vendredi 24 août 2007, a non seulement laissé des familles entières sans abri, mais aussi causé d’importants dégâts matériels. Le maire de la commune, Foukélé Samaké, pense qu’il y a un besoin pressant de construire trois collecteurs pour endiguer de tels sinistres.

Le sinistre, selon Odjouma Traoré, secrétaire général des ressortissants de Sanankoroba à Bamako, a été causé par les eaux de ruissellement venues du côté de Bamako. Notre interlocuteur de confier qu’avant la CAN 2002, grâce à l’appui des partenaires canadiens, le village avait été doté de deux collecteurs.

Pour la construction du Stade de 26 mars, la colline Fayan, qui déviait les eaux de pluie venant de Bamako, a servi de carrière. Depuis que cette barrière naturelle a été anéantie pour les besoins de la construction du stade, les eaux de pluie venant de Bamako se déversent dans le village en causant d’énormes dégâts. Les deux collecteurs transversaux du village sont vite débordés.

Dans l’après-midi du vendredi 24 août, aux environs de 14 heures, le ciel a ouvert ses vannes, déversant des tonnes de litres d’eau sur la commune de Sanankoroba. Il y a donc eu une très grande inondation, la quatrième et la plus importante en moins de cinq ans. Si l’on ne déplore pas de pertes humaines, c’est, selon les populations sinistrées, grâce à la vigilance des gens qui vivent en amont du village.

Ceux-ci ont donné l’alerte et les gens ont tout juste eu le temps de vider les lieux avant que les vagues d’eau ne déferlent sur leurs demeures. La sécurisation de la population a été rendue possible grâce à la prompte réaction du conseil communal en collaboration avec les autorités administratives de la place. C’est peu de temps après que les vagues d’eau ont déferlé dans le village, emportant et détruisant tout sur leur passage.

La Protection civile, aussitôt alertée, dépêcha sur les lieux une équipe composée de douze soldats du feu à bord de deux véhicules dont l’un était muni d’une pompe à eau. Mais leur action s’était limitée à secourir les derniers rescapés et à sauver ce qui était immédiatement récupérable, car l’eau atteignait 1m 50 cm de hauteur par endroits.

Mohamed Traoré, 22 ans, un jeune meunier de la place, raconte qu’il n’a eu que le temps de déguerpir de son atelier. Avant d’arriver sur la route, l’eau atteignait déjà, par endroits, 50 centimètres de hauteur. Les murs de son atelier en banco ont cédé devant la furie des eaux.

Celles-ci ont emporté, sous ses yeux, tout le mil et le maïs en vrac qui se trouvait dans le magasin. Les dégâts, selon lui, sont incalculables car, en plus de ses deux moulins sérieusement endommagés, 21 sacs de mil, qui se trouvaient dans le magasin, ont été complètement souillés par des eaux sales.

Le pharmacien Bagayoko Sogoba a, quant à lui, perdu un important lot de médicaments et de documents importants.
Dans les familles, à l’exemple de la grande cour de Zoumana Koumaré, c’est la désolation. L’eau a éventré six demeures, causant ainsi des dégâts importants.

La Protection civile et le conseil communal ont enregistré 322 sans abri, 47 maisons écroulées, des dégâts matériels très importants dont 7,9 tonnes de mil, 1,3 tonne de riz et 170 kg de haricots.

Dans l’immédiat, le conseil communal a ouvert les écoles pour loger tous les sinistrés. A cause de la crainte des voleurs, les populations ont préféré plutôt passer la nuit chez des voisins.

Le maire de la commune de Sanankoroba, Foukélé Samaké, complètement dépassé par l’ampleur du désastre, a déclaré : «Nous avons la chance d’abriter les plus grands évènements mais, cette fois-ci, nous sommes en face d’une calamité naturelle».

Il attribue la situation que vit actuellement sa commune à l’effondrement de la colline Fayan. «C’est l’eau qui vient de Bamako qui s’est déversée sur le côté ouest du village. Malheureusement, la Route nationale 7 constitue un très grand obstacle. Avant sa construction, l’eau traversait la route. Aujourd’hui, l’eau stagne car il n’y a qu’un seul collecteur pour déverser l’eau de l’autre côté de la route. La mosquée, actuellement en construction par Adama Dia, est un autre facteur d’inondation. Topographiquement, elle est très mal située car elle dévie l’eau directement sur le village. Maintenant que son promoteur a vu les conséquences de son entêtement, il est mis devant les faits accompli, la religion ne doit pas créer des difficultés aux populations».

La construction de la mosquée en question a fait l’objet d’un profond désaccord entre son promoteur et la mairie qui accuse Adama Dia, de construire sa mosquée sur une voie naturelle d’eau qui servait de collecteur.

Parmi les besoins pressants des populations de Sanankoroba, le maire cite l’approvisionnement en eau. Presque tous les puits et les WC ont été inondés par les eaux sales. La Protection civile craint des épidémies. Il y a aussi un manque crucial de nourriture et de médicaments.

A cette liste, il faut ajouter la reconstruction des maisons dont au moins une cinquantaine ont été complètement ou partiellement détruites par l’eau. La commune n’ayant pas de moyens, le maire lance un appel pressant en direction du Gouvernement, des partenaires canadiens, du Fonds européen de développement et de toutes les bonnes volontés.

Pierre Fo’o MEDJO

27 août 2007.