Partager

D’une crise à une autre. Après avoir échoué dans la gestion du problème scolaire, le Premier ministre Modibo Sibibé initie le forum de l’école, qui doit se tenir dans quelques jours. Depuis la chute du Général Moussa Traoré, l’école malienne n’avait jamais vécu une telle situation. L’année scolaire 2007-2008 a été à l’image de l’actuel gouvernement. On croyait que l’Administration était une continuité. Alors, bientôt l’année scolaire 2008-2009 fera ses pas.

Au moment où tous les regards sont braqués sur l’école, la cherté de la vie parachute sur les populations. La marmite boue difficilement, le panier de la ménagère troué. C’est en ce moment que Modibo Sidibé juge propice pour mesurer sa cote de popularité. Il initie son argument de campagne : l’Initiative Riz, pour influencer nos paysans.

Pourquoi seulement le riz ? Combien de famille mangent du riz au mois une fois dans la semaine au Mali, ou la cherté de vie touche seulement Bamako ?

Avec sa prévision de 1 618 328 tonnes, pour un besoin alimentaire national de 900 000 tonnes, le Plan Initiative Riz Campagne 2008-2009 du chef du gouvernement est venu perturbé le calendrier agricole des cultivateurs. Elle a été une initiative tardive. Le pays est en rupture de semences, n’en parlons pas d’intrants agricoles, alors que les parcelles réservées aux autres semences sont allouées au riz.

Le Président ATT avait lancé un appel à nos paysans pour qu’ils l’aident à trouver des semences. Cela, après une mission des techniciens à la recherche des semences en Europe.

Pour se justifier, le Premier ministre Modibo Sidibé a fait deux sorties de visite de terrain, médiatiques. La première, dans les zones rizicoles de Sélingué, avec une prévision de 10 000 tonnes dans 1350 ha, Maninkoura : 1094 ha, Bougouni, Sikasso, où 139 villages, 1447 organisations paysannes pour une superficie de 25 500 ha, ont été bloquées dans leur programme, après les 15 femmes de Nièna et Koutiala, (N’Tosso), sur les 15 ha initialement financés par l’ex-Premier ministre, Ousmane Issoufi Maïga, à hauteur 14 millions de nos francs. Sa seconde sortie le conduit encore à l’Office de Développement Rural de Sélingué (ODRS), un service créé depuis août 1996.

Cette dernière visite fut l’occasion pour le paysan Broulaye Traoré de Dialakoro de manifester mon mécontentement en ses termes : «Mon ambition était de faire 4 ha cette année, mais, en raison des difficultés des semences, je me suis finalement décidé de cultiver une surface d’un ha.»

On comprend toutes ces tentatives. La CMDT est privatisée, comment TOGUNA Agro-Industrie va-t-elle survivre ? Il faut obliger les paysans à élargir leurs espaces d’exploitations, afin de les imposer les engrais.

Ce qu’il faut savoir, la variété de semences qu’on impose aux paysans, n’est autre que notre «gerekan malo». Mais, pour influencer nos parents, un autre nom fut inventé «The New Rice of Africa» NERICA. Une variété qu’on ne trouve seulement qu’avec le président de l’APCAM, Bakary Togola, et cela depuis 2002. Ceux qui refusent de s’approvisionner ne bénéficieront pas d’intrants.

Le super paysan de ce pays pourra se frotter les mains avec ce monopole. Croyant avoir à son actif tout le territoire de Niamana, dans la Commune rurale de Koumantou, on sait comment M. Togola est arrivé à la tête de cette institution paysanne (l’APCAM). Ses prétentions avaient été aussi médiatisées sur les antennes de l’ORTM, avec la complicité de Seydou Traoré de l’ADEMA, ministre de l’Agriculture à l’époque.

Selon nos sources, l’unique paysan de Niamana aurait semé 160 ha de NERICA cette année. Ces 160 ha sont repartis comme suit : 100 ha à Niamana, 40 ha à Bougouni et 20 ha à Dialacoura. En tant que président de l’APCAM, Bakary Togola aurait mené une campagne de sensibilisation dans les milieux paysans pour marchander son NERICA contre la culture du coton.

Mais, il faut craindre le pire. Après la privatisation de la CMDT, ce riz NERICA et ses intrants seront marchandés par le gouvernement, comme le faisait la compagnie cotonnière au gré des paysans.

Au jour d’aujourd’hui, le Mali tend vers une famine en 2009. Le Premier ministre, Modibo Sidibé et son gouvernement ont déjà échoué dans leur projet de réconciliation politique.

Y. COULIBALY

04 Aout 2008