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Dans le cadre de l’Initiative Riz dont l’objectif est de produire 1,6 million de tonnes de paddy, soit 1 million de tonnes de riz marchand pour la campagne agricole 2008-2009, le gouvernement Modibo Sidibé a partagé les tâches à accomplir entre les structures évoluant dans le domaine de l’agriculture afin que l’objectif recherché puisse être atteint. Dans ce cadre, il est demandé à l’Office Riz Ségou de produire 60 000 tonnes.

Un quota qui est en deçà des prévisions que la structure s’est assignées pour la même campagne agricole 2008-2009. Zoom sur cet autre géant de la riziculture, à côté de l’Office du Niger.

Etablissement public à caractère administratif (EPA) doté de la personnalité morale et de l’autonomie financière, l’Office Riz Ségou a été créée par l’ordonnance N°91.049/ P. CTSP du 31 août 1991. Il a pour mission fondamentale de proposer et d’exécuter tous les programmes et projets concourant à la promotion de la filière riz à travers les actions visant le développement intégré dans sa zone d’intervention.

Celle-ci est située dans la moyenne vallée du fleuve Niger en 4ème région. Elle couvre une commune urbaine (Ségou) et 23 communes rurales relevant des cercles de Ségou au nombre de 17 et de Barouéli au nombre de 6.

Les objectifs principaux assignés à l’ORS sont l’amélioration du service de l’eau dans les périmètres hydro-agricoles, l’intensification de la production agricole en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et de lutter contre la pauvreté de façon durable.

S’y ajoutent la promotion des organisations paysannes responsabilisées, la promotion des activités féminines, l’assistance aux communes rurales dans la mise en œuvre de leurs programmes de développement et la protection de l’environnement ainsi que la gestion rationnelle des ressources naturelles (terres, eaux, essences forestières etc). Sans oublier le désenclavement des zones de production et le développement des infrastructures communautaires.

Les activités de l’ORS s’inscrivent dans un contrat-plan triennal renouvelable entre l’Etat, l’ORS et les producteurs. Elles sont exécutées conformément à la politique agricole du Mali et suivant le schéma directeur du développement rural en vigueur.

Pour la campagne 2008-2009, l’Office Riz Ségou, sous la férule de son Directeur général, Kassoum Denon, avait établi un tableau de prévision de la production du riz paddy qui dépasse le quota attribué à lui par le gouvernement dans le cadre de l’Initiative Riz.

Ainsi, dans le projet de programme d’activité 2008-2009, l’ORS avait prévu de réaliser 64 530 tonnes contre 60 000 tonnes demandées à lui par le gouvernement sur les 30 000 hectares à cultiver. Par conséquence, l’ORS prévoyait de réaliser, en moyen dans l’ensemble, plus de 2 tonnes par hectare.

Ainsi, l’Office Riz Ségou entend contribuer pleinement à la mise en œuvre des objectifs visés par le plan d’action du gouvernement de produire 10 millions de tonnes de céréales d’ici à l’horizon 2012, conformément à la volonté exprimée du président de la République, le Général Amadou Toumani Touré dans son Projet de développement économique et social (PDES).

Pour ce faire, des efforts soutenus engagés par l’ORS dans certains domaines-clés des activités visent à l’accroissement de la production et de la productivité agricole.

Ces activités portent essentiellement sur le renforcement du système d’encadrement et d’appui-conseil des producteurs en y intégrant la dimension communale afin de mieux cerner tous les aspects du développement local à la base, la mise en place des moyens de production : équipement (matériels de culture attelée et mécanisation) et intrants agricoles (engrais, semences, herbicides).

Les activités portent également sur l’entretien courant du réseau hydraulique et la réhabilitation complète d’environ 14 000 hectares des casiers de Farako et de Tamani dont les travaux sont en cours de réalisation dans le cadre du Projet de développement rural intégré de Ségou (PDIS),

l’aménagement en maîtrise totale de l’eau d’une tranche de 450 hectares du casier de Tien Konou, l’étude de faisabilité pour la reconversion de 3000 hectares en maîtrise totale de l’eau du casier de Soké dans la zone Dioro, considérée comme le poumon de l’Office Riz Ségou.

Ce n’est pas tout. Autre activité visant à accroître la production, c’est le développement des cultures oléagineuses tels que le pourghère pour le bio carburant et le sésame pour les huileries maliennes, l’emploi des jeunes en milieu rural et la promotion des activités féminines.

Sans compter la protection de l’environnement ainsi que la gestion des ressources naturelles. Il sied de citer également la formation continue des producteurs et du personnel d’encadrement.

Comme indiqué dans le projet programme 2008-2009, « la mise en œuvre cohérente de l’ensemble de ces activités se fera dans un cadre de partenariat fécond avec tous les acteurs concernés (Etat, producteurs, collectivités décentralisées, ONG et privés« .

Cette approche permettra de créer une véritable synergie d’action entre les intervenants et d’être en phase avec les dispositions de la Loi d’Orientation Agricole qui demeure l’instrument stratégique de modernisation du secteur agricole.

Dans le cadre du programme d’aménagement des infrastructures et de la gestion de l’eau, l’objectif est d’assurer l’amélioration du service de l’eau aux agriculteurs et d’assurer la participation effective des populations concernées aux travaux d’entretien du réseau hydraulique et à la gestion de l’eau.

Atténuer les difficultés d’irrigation et de drainage

Ces travaux à exécuter seront orientés sur les canaux et les digues identifiés par l’étude d’amélioration du système hydraulique de Dioro menée en 2004.

L’ensemble des travaux d’entretien de l’Office Riz Ségou portera sur 25 410 m de canaux et 27 970 m de digues et les ouvrages d’art. L’exécution de ces travaux permettra d’atténuer les difficultés d’irrigation et de drainage.

Dans le cadre du Projet de développement rural intégré de Ségou (PDIS), les travaux de réhabilitation concernent les complexes de Farako, Tamani et Dioro.

Il y a aussi les travaux d’entretien des bâtiments administratifs, la reconversion en maîtrise totale de l’eau, les études et les travaux spécifiques, le programme collaboratif Office Riz Ségou et le Projet villages millénaires, la mise en eau des complexes hydrauliques.

Pour le programme d’appui-conseil, de recherche action et de production, l’objectif visé est d’accroître de façon significative, les différentes productions végétales et animales dans les zones d’intervention de l’ORS. Les activités de ce programme sont la mise en place des moyens de production, l’application correcte des itinéraires techniques visant à accroître la production animale et végétale.

S’agissant du programme de promotion du monde rural, l’objectif est de produire des néo-alphabètes en vue de poursuivre le processus de transfert des compétences, de renforcer les capacités organisationnelles, techniques et de gestion des organisations paysannes et du personnel d’encadrement.

L’intégration des femmes et des jeunes dans les actions de développement et l’accès au crédit agricole font également partie des objectifs du programme de promotion du monde rural. Sans oublier le développement et le suivi des activités génératrices de revenus initiées dans le cadre des projets antérieurs.

Ici, les activités à mener sont le renforcement des capacités des producteurs et productrices, leur organisation, l’octroi des crédits agricoles, le développement des activités génératrices de revenus, la santé des populations, l’emploi des jeunes et les activités médiatiques.

Pour ce qui est du programme de modernisation de la gestion administrative et financière de l’Office Riz Ségou, l’objectif est de renforcer la capacité institutionnelle du service à travers la valorisation et le renforcement des capacités des ressources humaines et, enfin, la communication ainsi que les relations avec les usagers.

Les activités consistent à former 10 agents de l’ORS sur le progiciel SQLO (module de gestion commerciale, module de comptabilité et module de paie), d’installer un réseau informatique avec au moins 10 postes et fonctionnant sur Internet, d’accroître le parc informatique de l’ORS et de promouvoir la culture d’excellence.

Ce n’est pas tout. Il y a l’acquisition d’un logiciel de gestion commerciale, du personnel et de la comptabilité qui fonctionnera sur plusieurs postes en réseau. Il s’agira d’une part d’accroître le parc des ordinateurs et, d’autre part de procéder à la mise en place d’un réseau informatique où tous les cadres de la direction seront connectés à Internet.

Enfin, il s’agira de mettre en place un centre d’accueil et d’information qui permettra d’orienter tous les usagers de l’ORS et particulièrement ceux du monde rural dont la plupart est analphabète.

Enfin, il y a le programme de planification et suivi-évaluation des activités. Son objectif est de vérifier l’exécution, en temps voulu, des activités, de connaître le degré de réalisation des activités prévues par rapport aux objectifs et de faire le rapport entre intrants et les produits (rendements) obtenus.

S’y ajoute l’évaluation des effets du programme d’activités par rapport aux objectifs fixés. Les activités sont : la mise en place d’une base de données informatisées, l’acquisition d’un logiciel de suivi-évaluation, les formations d’accompagnement et la collaboration avec les services externes.

Ainsi, l’Office Riz Ségou entend mettre en commun tous les efforts des acteurs pour atteindre dans l’avenir 130 000 tonnes de céréales à travers les actions d’intensification de la production agricole, d’accélération du rythme de réhabilitation, d’aménagement des casiers rizicoles et le renforcement des capacités du personnel d’encadrement et des producteurs.

Alassane DIARRA

Le Pdg de l’office riz à la rencontre des producteurs dans

Les paysans promettent à l’ORS de relever le défi, si les mesures d’accompagnement suivent

En tournée d’information et de sensibilisation sur l’Initiative Riz lancée par le gouvernement Modibo Sidibé, le PDG de l’Office Riz Ségou (ORS) Kassoum Denon a rencontré, entre le 12 et le 16 mai dernier, les riziculteurs de sa zone d’intervention.

Dans un élan unanime, ils ont salué l’intérêt sans précédent porté par les pouvoirs publics à leur activité et pris l’engagement de produire les 60 000 tonnes de riz assignées à l’ORS, à la condition que les mesures d’accompagnement annoncées soient mises en place et à temps.

Tamani, Dioro, Farako, Konodimini et Sansanding. Telles sont les zones que le Directeur général de l’Office Riz Ségou, Kassoum Denon, a visitées du 12 au 16 mai dernier, afin d’informer et de sensibiliser les paysans sur l’Initiative Riz.

Dans chacune de ces localités visitées, le Directeur général de l’Office riz Ségou, Kassoum Denon, a brillamment expliqué le concept et les enjeux de cette Initiative Riz. Pour lui, il s’agit de donner au Mali la place qu’il a toujours cherchée à occuper au sein du monde agricole de la sous-région.

« Aujourd’hui, face à la cherté de la vie qui se caractérise par la hausse généralisée des prix des céréales, notamment ceux du riz, l’heure est venue pour les Maliens, autorités et paysans, de dégager une synergie dans le domaine agricole, afin de faire de notre pays une puissance agricole, comme le veut le président de la République, le Général Amadou Toumani Touré.

Nous avons les potentialités pour réaliser cet objectif eu égard aux surfaces aménageables et aux différentes cours d’eau dont dispose notre pays. Ces potentialités ne sont disponibles, nulle part, dans le monde si ce n’est en Egypte« .

« Aujourd’hui, les pays producteurs de riz, comme la Chine et certains pays de l’Europe, qui venaient à notre secours, sont, eux aussi, en difficulté à cause des catastrophes naturelles et de la flambée du prix du pétrole. Ainsi, certains d’entre eux sont devenus, par la force des choses, consommateurs, par excellence, du riz et d’autres ont sacrifié leurs champs de riz au profit du pétrole. Ce qui explique, en partie, la crise actuelle du riz.

Afin de circonscrire ce phénomène et servir de grenier pour les autres pays de la sous-région, le gouvernement a décidé d’aider les paysans afin d’accroître la production, d’où l’Initiative Riz » a soutenu avec force le Directeur Général de l’Office Riz Ségou.

Cette initiative, faut-il le rappeler, est une réponse structurelle du gouvernement Modibo Sidibé, sous l’impulsion du président de la République, le Général Amadou Toumani Touré, face à la crise actuelle du riz. Pour cela, l’objectif de production du plan d’opération de l’Initiative Riz 2008-2009 est d’obtenir 1,6 million de tonnes de paddy, soit 1 million de tonnes de riz marchand.

Cette production doit couvrir les besoins de consommation interne et permettre de dégager un excédent de 100 000 tonnes de riz marchand pour l’exportation. Le coût de l’initiative Riz est de 42,65 milliards de F CFA dont 10, 71 milliards de F CFA de subvention orientée principalement sur les intrants (semences et engrais) et l’appui-conseil. L’appui en équipement agricole se fera sous forme de crédit aux organisations paysannes.

Le financement de la subvention sera assuré en partie par la réduction des dépenses de fonctionnement de l’Etat. La valeur de la production est estimée à 300 milliards de F CFA pour 300 F CFA le Kg de riz marchand. L’opération dégagera des impacts positifs certains pour le producteur, le consommateur et pour l’économie nationale.

Afin d’atteindre l’objectif visé, le gouvernement a partagé les tâches à accomplir entre toutes les structures évoluant dans le domaine de l’agriculture.


L’adhésion totale des paysans

Ainsi, pour ce qui concerne l’Office Riz Ségou, il doit produire 60 000 tonnes sur les 1,6 millions de tonnes à réaliser durant la campagne agricole 2008-2009. Pour cela, 30 000 hectares sont à labourer dans l’ensemble et pour atteindre l’objectif des 60 000 tonnes, il faut, en calcul arithmétique, que le rendement dans l’ensemble soit égal à 2 tonnes par hectare.

En conséquence, le gouvernement, soulignera le Directeur général de l’ORS, « mettra à la disposition des paysans le sac d’engrais à 12 500 F CFA contre 22 500 F CFA et subventionnera les semences à 60%. Par contre, les équipements ne seront pas subventionnés, mais seront livrés à crédit payable sur une période allant jusqu’à 5 ans, voire plus selon les catégories« .

Aussi, soulignera Kassoum Denon, « plus d’une centaine d’encadreurs, communément appelés « les écoliers » seront disponibles afin d’apporter l’assistance technique aux paysans« .

De quoi réjouir les producteurs qui n’ont pas tari d’éloges pour le gouvernement de Modibo Sidibé. « Depuis que le Mali est Mali, nous n’avons jamais au grand jamais, fait l’object d’une attention particulière d’un quelconque gouvernement de la République. Aujourd’hui, nous nous sentons fiers d’être paysans » a indiqué le président de la Chambre régionale d’agriculture de Ségou, Madou Koné.

A Tamani, première étape de la visite du Directeur Général de l’Office Riz Ségou le lundi 12 mai, la superficie à cultiver, de nos jours, est de 2 500 ha. Afin de produire les 2 tonnes à l’hectare, le village de Tamani doit atteindre, dans l’ensemble, 5 000 tonnes.

A Dioro, considéré comme la grande zone de production par l’excellence, sur une superficie de 15 ha, le village doit produire la moitié du quota demandé à l’ORS, soit 30 000 tonnes. Sur les 6 670 ha de Farako, il est demandé au village de produire 15 000 tonnes. A Konodimini, ce sont 12 750 tonnes qui sont attendus contre 6 100 tonnes à Sansanding.

Dans toutes ces localités visitées, l’avis du doyen Madou Koné de la Chambre régionale de l’Agriculture, à savoir que c’est la première fois dans l’histoire du Mali que les paysans obtiennent autant de soutien, a été partagé par plusieurs, sinon la quasi-totalité des intervenants lors des débats dans toutes les zones visitées.

(Voir en page 8 les réactions des paysans et de certains acteurs). Tous, sans exception, ont magnifié la volonté du gouvernement à voler au secours des paysans.


Des mesures idoines de l’ORS venant à point nommé

Les objectifs principaux assignés à l’ORS sont l’amélioration du service de l’eau dans les périmètres hydro-agricoles, l’intensification de la production agricole en vue d’atteindre l’autosuffisance alimentaire et de lutter contre la pauvreté de façon durable.

S’y ajoutent la promotion des organisations paysannes responsabilisées, la promotion des activités féminines, l’assistance aux communes rurales dans la mise en œuvre de leurs programmes de développement et la protection de l’environnement ainsi que la gestion rationnelle des ressources naturelles (terres, eaux, essences forestières etc).

Sans oublier le désenclavement des zones de production et le développement des infrastructures communautaires. Sur ces chapitres, l’Office Riz Ségou, sous la clairvoyance de Kassoum Denon, a initié des mesures idoines qui sont venues à point nommé pour accompagner l’Initiative Riz du gouvernement Modibo Sidibé.

Il s’agit de l’achat de 105 tonnes de semences qui seront mises gratuitement à la disposition des paysans de certaines localités.

L’achat des ces semences, selon Kassoum Denon, a été rendu possible grâce aux retenues sur la redevance eau. Cette question, contrairement à l’Office du Niger, ne fait pas l’ombre d’aucune polémique. A l’Office Riz Ségou, la redevance eau est payée à plus de 95% grâce à la confiance qui existe entre la direction et les paysans.

En plus de ces semences, l’Office Riz Ségou, à en croire son Directeur général, a « commandé 12 litres d’herbicides qui seront mis à la disposition des paysans de l’ORS« . Pour ce qui concerne le désenclavement des zones de production et le développement des infrastructures communautaires, Kassoum Denon a donné l’assurance quant à la réalisation du pont de Tonsiguisi et la route qui relie Bankoroni à Tamani.

En plus, des grands travaux du Projet de développement rural intégré de Ségou (PDIS) sont en cours et prendront fin d’ici à juin 2008. Quelques-unes des réalisations ont été visitées par le Directeur Général de l’Office Riz Ségou et la délégation qui l’accompagnait.

Il s’agit des canaux de Tamani, Dioro, Farako et Konodimini. S’y ajoutent les aménagements pour les femmes non seulement dans le cadre de la culture du riz, mais également pour le maraîchage où sont investis des milliards de F CFA grâce à l’Etat et aux partenaires au développement tels que le Fonds Koweïtien, la Banque Islamique de développement (BID) et le Projet Villages du Millénaire au Mali (PVM) que dirige Dr Boubacar Kaya.

Ce projet a pour objectif fondamental d’aider les communautés rurales africaines à réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) à travers leur autonomisation par le biais de la participation et du leadership au niveau de la conception, de l’exécution, du contrôle et de l’évolution des actions.

Les préoccupations des paysans

Après avoir fait état de leur détermination à relever le défi, en ce qui les concernent, les producteurs de l’Office Riz de Ségou ont formulé des préoccupations qui s’articulent autour des mesures d’accompagnement annoncées par le gouvernement.

« Si toutes les mesures d’accompagnement du gouvernement relatives à la disponibilité de l’engrais à moindre coût, aux semences et aux équipements agricoles, se concrétisent en plus de l’abondance de la pluie, il n’y a pas de raison que nous ne relevions pas le défi, pourquoi pas ne pas faire plus » ont déclaré plusieurs paysans dans les localités visitées.

Ils n’ont pas oublié de souhaiter la fin des travaux des systèmes d’irrigation afin que l’eau puisse couler à flot, l’une des conditions pour s’attendre à une bonne campagne.

L’accroissement des périmètres cultivables, notamment le Sido à Konodimini, a été également l’une des préoccupations des paysans. Sur cette question, le Directeur général de l’ORS a laissé entendre que le Sido a été fermé en attendant de tester la capacité de l’ouvrage qui doit normalement alimenter les parcelles.

A côté de ces préoccupations, la question de la divagation des animaux qui porte, le plus souvent, préjudice des paysans, a été posée avec acuité. Là-dessus, mandat a été donné aux associations villageoises de prendre des mesures idoines afin de circonscrire le phénomène.

Toujours dans le chapitre des préoccupations, les femmes ont posé des problèmes relatifs à leur part dans le partage des champs. Sur ce point, Kassoum Denon s’est engagé à octroyer des parcelles aux femmes mais de façon individuelle afin de préserver l’efficacité dans le travail.

Le respect du calendrier agricole

Il ne suffit pas d’avoir des engrais, des semences et de l’équipement agricole pour avoir un bon rendement. Il faut aussi et surtout le respect du calendrier agricole. Cela est une vérité de La Palisse que le Directeur général de l’ORS, Kassoum Denon, n’a pas oublié de porter à l’attention des ses interlocuteurs.

« Tout paysan qui ne respecte pas, cette année, le calendrier sera purement et simplement dépossédé de son champ au profit d’autres personnes. Afin d’éviter cela, les paysans doivent commencer les travaux champêtres au plus tard le 20 juillet prochain retenu pour le début du calendrier agricole » a-t-il martelé.

De l’avis de Kassoum Denon, le non-respect du calendrier agricole pour le labour des champs peut s’expliquer par le fait qu’une seule personne peut disposer, à elle seule, de plus d’une dizaine d’hectares alors qu’elle ne peut pas atteindre le résultat escompté.

Qui embrasse trop… A ce sujet, le Directeur général de l’ORS compte mettre fin à ce phénomène qu’il trouve injuste dans la mesure où nombreux sont ceux qui manquent de parcelles pour nourrir leurs familles.

Enfin, le Directeur général de l’Office Riz Ségou a exhorté les paysans à ne pas avoir peur de s’endetter afin de réunir toutes les conditions visant à atteindre les objectifs de l’Initiative riz.

« Le riz aura de la valeur, donc du prix. N’ayez pas peur de vous endetter. Cependant, ne soyez pas des mauvais payeurs, sinon vous compromettez la chance des autres paysans à avoir l’aide et l’assistance » a-t-il insisté auprès des producteurs qui ont partagé son avis. Avant de saluer la rigueur de Kassoum Denon dans le travail, qui a toujours fait tâche d’huile.


De notre envoyé spécial à Ségou

Alassane DIARRA

21 Mai 2008