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L’Initiative Riz, projet du Premier ministre, est entrée dans sa phase décisive. Celle des résultats. Mais déjà, l’opération est en passe de combler les vœux de tous les Maliens. C’est ce qui ressort de la dernière sortie de Modibo Sidibé qui, du 26 au 28 octobre derniers, s’est rendu dans les zones de l’Office du Niger (Niono) et de l’Office Riz de Ségou (Dioro) pour le lancement officiel de la moisson, au terme de la saison agricole 2007-2008.

Tôt le matin du lundi 27 octobre, le chef du gouvernement a pris le départ pour Niono. A son arrivée, comme dans toutes les autres localités, il fut l’objet d’un accueil populaire et triomphal. La première assurance est venue du maire de la commune de Niono, Boubacar Fomba, selon qui l’Initiative a été suivie et entretenue par tous les acteurs, ce qui a conféré à l’opération une dynamique extraordinaire qui doit être poursuivie dans le futur. L’opération a d’autant plus été une réussite que les pouvoirs publics y ont fortement contribué. Notamment par la remise de matériels.

A cet égard, le gouvernement a remis 5 minis rizeries aux producteurs de cinq zones de l’Office du Niger. Ce dont son chef a été remercié par le porte-parole des bénéficiaires, Mamary Coulibaly, qui a affirmé que les machines leur seront d’une très grande utilité dans la réalisation de l’autosuffisance alimentaire. C’est après cette cérémonie que Modibo Sidibé prendra le chemin de Sériwala, un hameau de culture situé à une quinzaine de kilomètres de Niono, pour y donner le symbolique premier coup de faux consacrant le lancement officiel de la récolte. Il assistera également à une opération de battage de riz.

De retour en ville, le chef de gouvernement aura une séance de travail avec les autorités administratives et politiques, l’encadrement technique et les représentants des producteurs de la localité.

Dans son intervention, le représentant de l’Office du Niger a rappelé les intérêts des autorités pour l’agriculture dont certains se traduisent par les objectifs de production assignés à son organisme : 606 651 tonnes de riz paddy avec un rendement de 6,44 t à l’hectare, les superficies cultivées avec des doses optimales d’engrais étant de 79 718 Ha, soit 98%. Le concours de la BNDA, selon l’orateur, y a été de beaucoup, ayant perçu l’Initiative comme le déclencheur du développement durable au Mali.

A sa suite, le porte-parole des producteurs, Abdoulaye Daou, a confirmé que si l’opération a été un franc succès, c’est parce que, d’abord, l’engrais a été subventionné par l’Etat, ensuite, tous les acteurs ont adhéré au projet et s’y sont impliqués.

Le Premier ministre a confirmé que l’Initiative procédait effectivement d’une stratégie de faire de l’agriculture une puissance alimentaire. Aussi, va-t-elle continuer pendant au moins cinq années. Cependant, selon lui, concernant la subvention de l’engrais, le schéma doit être clair et transparent. D’ailleurs, a-t-il ajouté, l’opération doit être évaluée pour mieux repartir l’année prochaine.

Après cette rencontre, la délégation a regagné Ségou en faisant une courte escale à Minimana (9947 ha, 6,2 tonnes de paddy à l’hectare) où elle a visité des parcelles de riz.

Le lendemain, cap sur Dioro, dans la zone de l’Office Riz de Ségou (ORS). La délégation arrivera à destination vers 11h et sera accueillie par le slogan « Initiative riz : un pari osé, un pari relevé ».

Auparavant, le Premier ministre fera une courte escale à Soké, où il fut accueilli par les autorités locales, pour visiter des parcelles de riz, puis, un peu plus loin, l’ouvrage N°02 de retenue d’eau sur le canal de Dioro. Il s’arrêtera également à Dougounikoro où est exploitée une parcelle de production de semences sélectionnées, avant de faire le tour du périmètre de Dioro (32 000 ha) où il aura l’occasion de s’entretenir avec une exploitante.

Entrée en ville, la délégation procédera à la visite du centre de santé réalisé par le projet « villages du Millénaire de Tiby dans la région de Ségou, secteur santé».

A midi, rencontre avec les autorités administratives et politiques, les producteurs et l’encadrement technique. Le maire de la commune, Doumbia, dans son discours de bienvenue, a remercié le gouvernement pour l’opération pluies provoquées, l’opération tracteurs et l’opération téléphonie mobile qui sont en réalité « une opération coup de poing contre la pauvreté » Toutefois, malgré son enthousiasme, le maire a partagé avec le chef du gouvernement certaines difficultés : insuffisance de matériels agricoles, riz noyé à plusieurs endroits, digue qui ne retient plus l’eau, route non goudronnée, usine de rizerie arrêtée, manque d’emploi, etc.


Commercialisation :
« Pour un partenariat gagnant-gagnant »
Le directeur général de l’ORS, Kassim Denon, quant à lui, a résumé la méthode
» du Premier ministre : impulser, suivre et stimuler pour de bons résultats. Le premier responsable de l’ORS a révélé à l’assistance qu’en plus de l’Initiative Riz, qui ne rencontre pas de difficultés majeures grâce à l’encadrement et à l’enthousiasme des producteurs, d’où 107% de réalisation, son organisme mène d’autres activités dans la zone.

Il s’agit de la facilité de l’accès des femmes à la terre, l’aviculture, l’agriculture villageoise, l’apiculture et la production de miel, le forage de puits pastoraux, la construction de centres d’alphabétisation, le maraîchage par les femmes…Le délégué des producteurs, Zoré, abondera dans le même sens que lui.

En réponse, Modibo Sidibé a promis de fournir, comme par le passé, du matériel à crédit, sans en déterminer la quantité et de contribuer par des prix au concours d’émulation que l’ORS a institué entre les producteurs.

Que ce soit à Niono ou à Dioro, le chef du gouvernement a beaucoup insisté sur la commercialisation des produits agricoles. Ainsi, selon lui, la prudence est de mise parce que si le riz était bradé (comme c’était le cas au moment de son passage, 175 FCFA le kilo), les producteurs ne pourraient pas rembourser les emprunts et l’Initiative risquerait de tourner court. Pour Modibo Sidibé, la question de la commercialisation est pertinente. Elle doit s’effectuer dans un partenariat « gagnant-gagnant », autrement dit, toutes les parties doivent être gagnantes.

Les prix doivent donc être institués de manière à ce que le produit rapporte aux producteurs, qu’il soit abordable pour les opérateurs économiques, qu’il soit supportable pour le consommateur, et profitable à l’Etat. La commercialisation doit se faire à travers des filières officielles organisées.

Ainsi, en plus des « gouverneurs-développeurs », plusieurs directeurs nationaux et responsables de structures vont travailler de concert pour organiser la chose. Il s’agit de l’OPAM qui interviendra bientôt sur les marchés, les douanes, le commerce et la concurrence, l’agriculture, la chambre de commerce et d’industrie, l’association des commerçants détaillants, etc.

A rappeler que pour cette tournée, le Premier ministre était accompagné de plusieurs personnalités dont des membres du gouvernement, des gouverneurs de région, des partenaires techniques et financiers, le PDG de la BNDA, des responsables de services centraux et régionaux.

CHEICK TANDINA

30 Octobre 2008