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La rencontre samedi dernier du DG de l’Office riz Ségou (ORS) avec l’encadrement technique, les organisations paysannes de Ségou et les riziculteurs a permis de lever des équivoques sur « l’Initiative riz ».
La semaine dernière n’a pas été de tout repos pour le DG de l’Office riz Ségou (ORS).

Après sa tournée de sensibilisation sur « l’Initiative riz » du 12 au 16 mai 2008 dans les zones de Tamani, Dioro, Farako, Konodimini et Sansanding, Kassoum Dénon a rencontré 24 h après dans les locaux de son service à Ségou l’encadrement technique, les organisations paysannes et les producteurs.

« L’Initiative riz », décidée par le gouvernement Modibo Sidibé pour faire du Mali une puissance agricole de premier plan à l’horizon 2012 était encore fois au centre des échanges.

En initiant ce cadre de partage, le DG de l’ORS a voulu entendre les acteurs impliqués au niveau de ses zones d’intervention pour recenser leurs préoccupations et apporter des éléments de réponse. Tout comme lors de la tournée de sensibilisation, M. Dénon s’est montré confiant quant à l’atteinte des objectifs.

« Le Mali dispose de réelles potentialités qui n’ont d’égales qu’en Egypte. Nous avons l’Office riz, l’Office du Niger, les périmètres de Baguinéda, de Sélingué, le seuil de Talo, les fleuves comme le Niger et le Sénégal. Sachez que le prix du riz ne va plus chuter.

Car, ceux qui nous fournissaient comme la Chine sont devenus les véritables consommateurs. D’autres ont même affecté une bonne partie de leurs surfaces cultivables au biocarburant. Depuis l’indépendance le gouvernement n’a subventionné que le coton et l’arachide, une fois en 1962.

Or, cette année, il décide de vous appuyer en engrais, semences et équipements. Je pense que c’est une chance qu’il faut saisir pour tirer votre épingle du jeu », a commenté le DG de l’ORS. Et à M. Dénon d’ajouter que « la culture du riz va désormais au-delà de la seule consommation. Elle est devenue une richesse ».

Ces propos au regard de leur pertinence ne pouvaient que réconforter les producteurs qui, à la suite de leur interlocuteur, ne se sont empêchés d’exprimer leurs préoccupations relatives à la récurrente question de la divagation des animaux,

les mesures prises par la direction générale de l’ORS pour appuyer les agents de terrain, les dispositions prises pour la préservation du canal de Farako, la réouverture du Sido qui fait 1000 ha dans le secteur de Konodimini pour accroître la production.
A toutes ces préoccupations, le DG de l’ORS s’est efforcé d’apporter des éléments de réponse.

Parlant de la divagation des animaux, il a exhorté les uns et les autres à s’inspirer de l’exemple de Sibila (Sansanding) qui a mis en place une brigade constituée de jeunes pour mettre hors d’état de nuire les troupeaux lors des travaux champêtres en les conduisant dans les fourrières. « Constituez des brigades en accord avec vos autorités administratives et communales et l’ORS s’assumera », a-t-il recommandé.

Aux agents de terrain, le DG de l’ORS a donné l’assurance que des véhicules ont été déjà achetés pour des chefs de zone et des motos ont été commandées et seront réparties en fonction des besoins. Sur la question du canal de Farako, il s’est montré intransigeant.

« Des dispositions pratiques seront prises pour que le canal de Farako ne soit plus transformé en un lieu de pêche. Le coût de sa construction actuelle est de 2 milliards de F CFA. Difficilement, le gouvernement déboursera encore des milliards pour son aménagement. Raison pour laquelle la surveillance sera de mise et les contrevenants s’exposeront à des sanctions à la dimension de leur acte ».

Avec le langage de vérité qui le caractérise, M. Dénon a été on ne peut plus clair sur le canal de Sido. « Le Sido ne sera pas ouvert cette année. C’est le riz pluvial qui sera testé dans le Sido ». La fermeture du Sido, apprend-on, est liée au fait que la quantité d’eau qui vient du fleuve est insuffisante pour arroser le Sido et les autres périmètres.

Le DG de l’ORS a insisté sur le changement de comportements et de mentalités de la part des producteurs pour tirer le meilleur profit de l’Initiative.

Nouvellement créée, l’Association des organisations paysannes a demandé sa représentation au sein de l’association paritaire de Farako, Tamani, Sansanding, Konodimini et Dioro. Elle a également sollicité son implication dans les appels d’offres. Des demandes que le DG de l’ORS s’est engagé à examiner.

Mohamed Daou

(envoyé spécial)

20 Mai 2008