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A leur des décomptes de la campagne de l’Initiative riz, le constat d’échec ne saute plus aux yeux seulement, mais il s’attaque au ventre des 12 millions de Maliens. Le riz qui était d’ordinaire accessible aux maigres revenus des populations maliennes en cette période, s’est révélé introuvable, ou alors à un prix intouchable. Pourtant l’eldorado avait été annoncé en éveillant un grand espoir au sein de la population. Des voix autorisées parmi les membres du gouvernement avaient été affirmatives, les objectifs de l‘initiative riz ont été atteints à plus de 100 %. Le président de la République dans un souci de préserver cette présumée avancée avait cru fiables les dispositions prises pour la conserver gagnée. Mais hélas, ni les commerçants jetés dans la bataille par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, à la recherche du profit, ni l’OPAM pour garnir ses magasins en prévision de la soudure, n’ont pu trouver de quoi se ravitailler. Faute de riz. C’est l’échec.

Gouverner, c’est prévoir. Le président ne doit pas dans de telles circonstances attendre que la famine tape aux portes et s’en remettre à ce gouvernement qui n’a pas avoué son échec après avoir mis 42 milliards dans une initiative qui n’a pas été salvatrice. Alors le président ATT a décidé de transformer l’initiative riz en initiative importation: un premier jet de 40 000 tonnes de riz est autorisé avec suppression partielle des taxes pour une période allant du 1er mars au 31 mai 2009.

Cette mesure qui concerne les catégories de riz brisure devrait entraîner une réduction du prix à la consommation du riz au Mali. Mais elle rappelle des mesures prises le années précédentes qui n’ont occasionné aucune diminution des prix à la consommation. Base de l’alimentation des populations locales, la hausse du prix de vente sur le marché malien du riz, en dépit d’un doublement de la production nationale annoncée par le gouvernement, suscite crainte et indignation chez les Maliens. La hausse a atteint 35% de plus qu’à la même période de l’année dernière.

Le Gouvernement aurait pu conserver son capital de confiance en prêtant une oreille attentive à certaines propositions qui ont été faites à temps, comme celle du Parena, allant dans le sens d’un report de l’initiative jusqu’à l’année prochaine pour permettre une meilleure préparation. Aujourd’hui certains pensent que l’équipe de Modibo Sidibé gagnerait mieux en mettant les 42 milliards dans l’importation du riz. Mais ironie du sort, elle a terminé là où elle devait commencer. Elle doit en tirer les leçons : une telle initiative ne se fait pas dans la précipitation.

B. Daou

03 mars 2009