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Dans le cadre de la stabilité politique et économique , l’Hôtel Sofitel de l’amitié de Bamako abrite depuis hier un séminaire sur l’initiative pour la transparence des industries Extractives. La cérémonie d’ouverture, a eu lieu sous la haute présidence du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, entouré de la représentante de l’Union européenne au Mali, du représentant de la Banque mondiale et du ministre de l’économie et des Finances.

C’est un grand plaisir et honneur pour Mme la représentante de l’Union européenne d’assister à l’ouverture de ce séminaire, qui selon elle, marque un moment fort pour la gouvernance de cette partie de l’économie du Mali qui est liée à l’extraction minière. Irène Horejs explique que le Mali est un pays qui, contrairement à d’autres pays africains, a bénéficié d’une croissance économique soutenue ces dix dernières années. Et les analyses ont montré que cette croissance était, en premier lieu, tiré par l’industrie minière, voire l’or.

Dans ce sens, le Mali est un pays plus chanceux que d’autres, car, il dispose de richesses de sous-sol qui, pour le moment, sont à la base des recettes d’exportation et du budget de l’Etat. Afin de diversifier ces richesses, le gouvernement du Mali a développé une politique minière. Notre interlocutrice est tout à fait contente de pouvoir dire que la commission Européenne a appuyé le gouvernement dans cette entreprise et mené ensemble des actions de recherche géophysique, de cartographie et toutes les autres actions afin que le Mali dispose des préalables nécessaires pour attirer les investisseurs privés des industries extractives.

Tout en se félicitant de l’adhésion du Mali à l’ITIE qui constitue un pas important dans la bonne direction, Mme la représentante a surtout martelé que pour les décideurs du pays, une meilleure visibilité des recettes permet d’améliorer la gestion de ces ressources en vue de leur investissement pour le développement du pays. Ceci favorise la stabilité politique et économique et aide à éviter les conflits qui touchent souvent le secteur pétrolier, minier et gazier.

Quant au représentant de la Banque Mondiale, il a tout d’abord témoigné son intérêt de soutenir la bonne gouvernance s’expliquant par la présence des plus hautes autorités. L’initiative est fondée sur plus de gestion et de transparence, l’industrie occupe une place importante dans les exportations du pays et améliore l’environnement des affaires, mentionne-t-il. Pour conclure, il a dit que la Banque Mondiale est prête à continuer avec l’ITIE.

Le Ministre de l’Economie et des Finances s’est surtout intéressé au poids de l’or dans le trésor public estimé à environ 5,9 milliards en 2005. Ce dernier sera appuyé par le ministre des mines de l’énergie et de l’eau


Qu’est ce que l’ITIE ?

L’initiative sur la Transparence des Industries Extractives (ITIE) est une coalition de gouvernements, d’entreprises, de groupes de société civile, d’investisseurs et d’organisations internationales. L’ITIE renforce la gouvernance dans les pays riches en ressources minérales à travers la publication et la vérification des paiements effectués par les compagnies et les recettes de l’Etat provenant de l’exploitation du pétrole, du gaz et des mines.

Beaucoup de pays sont riches en pétrole, en gaz et en minerais et les études ont montré qu’en présence d’une bonne gouvernance, ces ressources peuvent générer des revenus pouvant contribuer à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. Cependant lorsque la gouvernance est faible, ces ressources peuvent être source de pauvreté, de corruption et de guerre; ce qui a été dénommé “la malédiction des ressources naturelles”. L’objectif de l’ITIE est de combattre cette (malédiction) en améliorant la transparence et la responsabilité.

Ses principes

Les Principes de l’ITIE adoptés lors de la conférence de Juin 2003 à “lancaster House” constituent les fondements de l’initiative. Ces principes sont les suivants :
Nous sommes convaincus qu’une utilisation rationnelle des ressources naturelles peut-être un moteur de croissance économique durable et contribuer par conséquent au développement et à la réduction de la pauvreté. Et que mal gérées, elles pourraient avoir des impacts négatifs sur le plan économique et social.
Nous affirmons que la gestion des revenus provenant des ressources naturelles pour le bénéfice des citoyens relève de la souveraineté des gouvernements qui doit s’exercer pour les intérêts du développement national.
Nous reconnaissons que les bénéfices provenant de l’industrie extractive prennent la forme de flux de revenus sur plusieurs années qui sont dépendants de la fluctuation du prix.
Nous reconnaissons qu’une compréhension du public des recettes et des dépenses des gouvernements pourrait dans le temps aider au débat public sur les choix informés et les options réalistes pour un développement durable.
Nous soulignons l’importance de la transparence au niveau des gouvernements et des entreprises impliquées dans l’industrie extractive et la nécessité d’améliorer la gestion des finances publiques ainsi que la responsabilité.
Nous reconnaissons que la réalisation de la transparence passe aussi par le respect des contrats et des lois en vigueur.
Nous reconnaissons l’environnement amélioré apporté que la transparence financière apporte aux investissements nationaux et étrangers directs.
Nous croyons aux principes et à la pratique de la responsabilité du gouvernement devant tous les citoyens en ce qui concerne l’intendance des flux de recettes et des dépenses publiques.
Nous nous engageons à encourager l’application de standards élevés de transparence et de responsabilité dans le domaine publique, les opérations du gouvernement et dans le monde des affaires. Nous croyons à la nécessité d’une approche cohérente et réalisable de la divulgation des paiements et des recettes, cette approche devant être simple a adopter et à mettre en application.
Nous sommes d’avis que la divulgation des paiements dans un pays donné devrait impliquer toutes les entreprises extractives présentes dans ce pays.
Dans la recherche des solutions, nous sommes d’avis que toutes les parties présentes ont une contribution importante et appropriée à faire y compris les gouvernements et leurs institutions, les entreprises extractives, les sociétés de services, les organisations multilatérales, les organisations multilatérales, les organisations financières, les investisseurs et les organisations non gouvernementales.

Bacoroba COULIBALY, stagiaire

20 février 2007.