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La cérémonie était placée sous le présidium des ministres chargés des Enseignements Supérieur, Secondaire et de la Recherche Scientifique, le Pr Amadou Touré, de l’Education de Base, de l’Alphabétisation et des Langues Nationales, Mme Sidibé Aminata Diallo, du Secrétaire général du SNEC, M. Tibou Telly, et des directrices des académies d’enseignement des rives droite et gauche, Mme Togola Diama Sissouma et Mme Bintou Diallo.

La détermination des acteurs

D’entrée de jeu, le S.G. du SNEC a souligné les rapports naturels existant entre l’homme et la nature : «…Tout ce qui n’avance pas recule, et tout ce qui ne recule pas avance. L’homme agit sur la nature qui, à son tour, agit sur l’homme…», a-t-il déclaré, en prônant une nouvelle alerte face à la pandémie du SIDA.

A ses dires,«un enseignant meurt chaque jour des suites du SIDA, à travers le monde». Aussi, l’enseignant, en tant qu’éducateur, doit être un des premiers combattants farouches contre le fléau. En aucune manière donc, il ne doit être porteur de la maladie. C’est pourquoi le ministre Amadou Touré a précisé: «Nous ne devons pas être seulement des enseignants, mais aussi des éducateurs, parce qu’en latin, educare signifie conduire vers».

Après avoir remercié le SNEC et ses partenaires -dont l’OMS et l’Internationale de l’Education- pour cette initiative de lutte contre le fléau, il a néanmoins souligné «qu’un syndicat, ce n’est pas seulement les revendications», mais aussi d’autres actions en faveur du bien-être social. Il a donc assuré que bientôt, son département va signer, avec le SNEC, une convention de lutte contre le SIDA.

Quant à la porte-parole des femmes travailleuses du SNEC, Mme Fofana Aminata Diombana, elle a insisté sur l’accroîssement du nombre de femmes dans l’enseignement, et sur l’implication des femmes en faveur de la diminution du taux d’infection et d’affection de la maladie, constaté au niveau des femmes.

Des constats à combattre

«Depuis 2002, le SNEC s’est engagé, avec ses partenaires et d’autres organisations syndicales africaines, dans une vaste campagne de formation, d’information et de sensibilisation des enseignants et de leaders syndicaux, à travers toutes les régions du pays et dans le District de Bamako», a fait savoir le premier secrétaire à l’Education et la formation du SNEC, et coordinateur du projet EPT/VIH/Sida, M. Maouloud Ben Kattra.

C’est que les résultats d’une enquête ont prouvé que le niveau d’infection est plus élévé au sein des femmes enseignantes, et que les femmes infectées sont plus nombreuses que les hommes.

Ces résultats ne permettent pas de définir la durée de l’infection chez les personnes atteintes, mais ces dernières sont vouées à être inaptes pour le travail qu’on attend d’elles. D’où un manque à gagner considérable, sur le plan des ressources humaines dans l’Enseignement. Pour preuve : plus de 120 099 élèves du premier cycle pourraient être privés d’enseignants, pour cause d’affection et d’infection par la maladie.

D’autre part, toujours selon M. Maouloud Ben Kattra, le renouvellement des enseignants malades est susceptible de grever le budget de l’Education. Surtout que «le coût mensuel de formation d’un élève-maître, résultant seulement de la bourse, avoisine les 252 000 FCFA», sans compter les autres dépenses et charges.

De Mars 2002 à Décembre 2007, 995 enseignants ont été formés, et 24 290 ont été sensibilisés. Malgré tout, l’impact du SIDA sur les enseignants, élèves et étudiants est assez lourd, au regard de l’étude réalisée.

En 2004 et 2005, cette étude a révelé, parmi le personnel enseignant, que 75 hommes et 26 femmes dépistés; et 2 hommes et 6 femmes infectés. De 2001 à 2006, 246 enseignants ont été dépistés, et 23 ont été infectés : soit 180 hommes et 66 femmes dépistés, et 8 hommes et 15 femmes infectés. C’est dire que le plus grand nombre de femmes infectées s’explique par le fait que les hommes sont plus disposés à se faire dépister. Le même cas est constaté au niveau des élèves et étudiants: les garçons dépistés sont plus nombreux, et le nombre des filles infectées est plus élevé.

En 2004 et 2005, 1651 garçons ont été dépistés, contre 1487 pour les filles. Et 11 garçons ont été infectés, contre 54 pour les filles. Entre 2001 et 2006 donc, 3502 garçons sont dépistés, contre 3055 pour les filles. Et 17 garçons sont infectés, contre… 115 pour les filles.

Au vu de ces constats, les filles sont plus marquées que les garçons, de même que les femmes enseignantes sont plus infectées que leurs collègues hommes.

Mais on note «une diminution du cas du SIDA chez les étudiants et les élèves», a fait remarquer M. Maouloud Ben Kattra. Aussi a-t-il avancé qu’il se peut «que les campagnes de sensibilisation au sein des établissements scolaires aient eu un impact sur le élèves et étudiants, et contribué à modifier en conséquence leurs pratiques sexuelles»

Compte tenu de toutes ces observations, le premier Secrétaire à l’éducation et à la formation du SNEC a fermement souligné que le syndicat est disposé, sinon prêt à collaborer avec tous les autres syndicats pour juguler les tendances négatives du SIDA au sein de l’Enseignement et partant, au sein de nos sociétés. Depuis longtemps du reste,le SNEC a entrepris et partagé bien des initiatives dans le domaine ?

Oumar DIAWARA | Soir de Bamako

17 décembre 2007