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Un triptyque nécessaire à la bonne gouvernance

La Bibliothèque Nationale a abrité, hier jeudi, une conférence-débat sur l’information, la démocratie et les archives. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le chef du département gestion de l’information, de la communication et des archives de la Société d’Etudes de Consultation et d’Assistance (SECA), Ousmane Sidibé avec à ses côtés, le professeur archiviste et historien à l’Université de Dakar, M’Baye Thiam.

Dans son allocution d’ouverture, Ousmane Sidibé a déclaré que les services publics doivent travailler dans la transparence pour produire des résultats satisfaisants pour tous les citoyens. « Nous avons fait le constat qu’au mali, les administrations n’ont pas de systèmes d’exploitations et de conservation des informations. De ce fait nous voulons mieux faire connaître la profession d’archiviste à travers cette conférence » a-t-il- signalé.

L’objectif visé est de promouvoir le métier ou profession d’archiviste, d’informer et de sensibiliser le grand public sur le rôle des archives dans la démocratie, la bonne gouvernance et le développement durable. Et, enfin de créer un partenariat entre les structures privées et publiques d’archivage au Mali particulièrement et dans la sous région généralement a t-il poursuivi.

Pour sa part, le conférencier M’Baye Thiam a tout d’abord félicité et remercié les différents protagonistes de la réalisation de cette conférence-débat qui lui tient personnellement à cœur vue son attachement familial avec ce pays.

Il a ensuite encourager les étudiants qui ont choisi la filière archive et information car, « quant un jeune parle sous le couvert d’un ancien, il dira toujours la vérité parce que l’ancien est là pour confirmer ou infirmer ses dits ». Le conférencier a révélé « qu’on ne peut construire un Etat développé sans démocratie et on ne peut construire de démocratie dans une société non informer ».

C’est pourquoi le gouvernement québécois ayant des convictions fortes a choisi de voter une loi sur le droit à l’information car, « un homme informé est un citoyen et un homme non informé est un suivi et, quant on gère un suivi cela peut se terminer par une catastrophe et quant on gère un citoyen cela peut se terminer par une solution » a-t-il éclairé.

M’Baye Thiam a indiqué également que dans les politiques nationales d’informations parmi lesquelles la politique nationale d’archives qui n’est guère développée, « c’est comme le dirait André Gunder Franck, c’est le développement du sous-développement ».

Il a noté que le monde est sorti de la phase industrialisation pour rentrer dans la phase informatisation car aujourd’hui il vaut mieux disposer des informations sur les produits ou matières que de les avoir eux-mêmes.

Il a également indiqué que « le processus de démocratisation doit se faire selon les sociétés et être construit selon leurs attentes mais, cela implique des exigences qui posent certaines conditions parmi elles l’administration or personne n’est satisfaite d’elle. Il n’y a que dans nos pays que les gens naissent et renaissent (extrait de naissance)« .

M’Baye Thiam a dit que le développement socioéconomique et culturel devenu développement durable associé à la défense de la nature et de la société et, « comme le disait Max si l’homme avance plus vite la nature il est obligé à un certain moment de s’arrêter« .

Les sociétés modernes doivent être gérées plutôt que d’être administrées, c’est l’exigence de l’accès à l’information et, un penseur disait « donne moi des archives et je vous ferais une bonne administration » a-t-il soutenu.

Le conférencier M’Baye Thiam a terminé qu’en France après la révolution de 1789, l’une des premières mesures qui a été prises fût la création des archives et, du point de vue de leur fonction elles représentent les seules preuves en droit.

Moulaye HAIDAREA * Stagiaire

27 Juin 2008