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Après plus de deux années d’activités jalonnées par des activités géologiques de terrain, de sensibilisation et d’information des communautés locales et la grande campagne de géophysique aéroportée portant sur le magnétisme réalisée par la société de géophysique Universal tracking systems, la société Mali Oil Development a négocié un accord de joint-venture avec la société Oil Heritage qui est une société de classe mondiale à l’expertise avérée et travaillant dans 9 pays dont 3 en Afrique. Il s’agit de la République démocratique du Congo, de l’Ouganda et du Mali.
Le lancement officiel des activités de la joint-venture Mali Oil Development/Heritage Oil Corporation a eu lieu mercredi après-midi au cours d’une cérémonie. L’accord de partenariat entre ces deux sociétés, qui a été signé le 4 décembre 2007, porte sur les blocs 7 du bassin de Taoudénit et 11 du graben de Gao. Aux termes de cet accord, 75 % des parts reviennent à Heritage Petroleum et 25 % à Mali Oil Development.

Depuis la promulgation de la loi n°04-037 du 2 août 2004 portant organisation de la recherche pétrolière, de l’exploitation, du transport, du raffinage et des hydrocarbures et la création de l’Autorité pour la promotion de la recherche pétrolière (Aurep), 19 blocs ont été attribués à des sociétés pétrolières à travers 13 conventions de partage de production et 6 conventions de concession.

La joint-venture Eni-Baraka-Sipex, attributaire des blocs 1, 2, 3, 4 et 9 du bassin de Taoudénit, a entrepris à partir de décembre 2007 des travaux d’acquisition sismique. A ce jour, la société a exécuté plus de 2000 kilomètres linéaires sur 6000 prévus. Les sociétés Petroleum SA et Mali Development SA, ont exécuté les travaux de levés géologiques aéroportés respectivement sur les blocs 8, 10, 11 et 7 et sont en négociation avec des sociétés de géophysique pour entamer l’exécution de leur programme d’acquisition sismique au cours du premier semestre 2008.
Les autres sociétés détentrices de titres pétroliers sont au stade des études de terrain et compilation des données ou de préparatifs de levés aéromagnétiques et gravimétriques.

Présidant la cérémonie de lancement, le représentant du ministre de l’Energie, des Mines et de l’Eau, Souleymane Diallo, a précisé que Heritage Oil Corporation en tant qu’opérateur entreprendra dans les meilleurs délais la poursuite des opérations pétrolières notamment les travaux d’acquisition sismique et la programmation des premiers forages.

Mohamed Daou



Industries extractives : La société civile exige la transparence

Publiez ce que vous payez (PCQVP), la coalition mondiale de la société civile qui milite pour la transparence dans les industries extractives, applaudit l’effort de la Banque mondiale pour élargir la transparence dans le secteur au-delà des revenus avec sa nouvelle initiative l’ITIE.

L’objectif déclaré de l’ITIE est de promouvoir l’utilisation des revenus issus des ressources naturelles pour le développement. Ceci ne peut se produire que si la société civile est en mesure d’exercer une influence sur les gouvernements pour qu’ils gèrent ces ressources de la meilleure façon possible.

L’Initiative sur la transparence dans les industries extractives (ITIE) inclut la divulgation d’informations, depuis l’octroi de licences de concession jusqu’aux dépenses gouvernementales. Afin que cette initiative soit crédible. La campagne PCQVP appelle la Banque mondiale à la mettre en œuvre de manière efficace de par le monde et d’impliquer la société civile à tout le processus.
La société civile a salué l’initiative de la Banque d’élargir la transparence dans les secteurs pétrolier, minier et gazier, au-delà des revenus afin d’examiner comment les concessions sont octroyées, les contrats négociés et l’argent dépensé.

Les richesses des ressources naturelles de la Guinée, si elles sont bien gérées, sont une de nos meilleures chances de sortir nos citoyens de la pauvreté. Nous demandons que la Banque mondiale, qui jusque-là n’a misé que sur le gouvernement et les sociétés minières, travaille désormais avec la société civile en tant que partenaire sur un pied d’égalité. Cela n’a pas toujours été leur point fort par le passé, mais nous n’accepterons rien de moins. L’objectif actuel de l’ITIE est l’Afrique, avec la Guinée et la Mauritanie comme pays pilotes.

L’ITIE est un pas en avant afin de rendre publics les transferts de revenus des compagnies aux gouvernements, mais ce n’est pas suffisant.

PCQVP aimerait voir cette initiative dépasser l’Afrique et à ne pas se limiter à la Banque mondiale afin d’aider à définir les normes mondiales pour la gouvernance des ressources naturelles que les pays et les compagnies extractives pourraient endosser et mettre en œuvre. PCQVP espère également que la Banque mondiale s’inspirera des meilleures pratiques existantes dans ce secteur, tel le Guide du FMI sur la transparence des revenus des ressources.

Afin que cette initiative ait un impact sur le terrain, il faut que la société civile soit réellement impliquée au niveau national et international. Ceci peut être réalisé en renforçant le principe des parties prenantes multiples de l’ITIE qui établit la norme mondiale minimale pour la déclaration des revenus du pétrole, des mines et du gaz.
PCQVP est une coalition internationale de plus de 300 ONG qui demande la publication mandataire des paiements faits par les compagnies pétrolières, gazières et minières à tous les gouvernements pour l’extraction des ressources naturelles et les revenus qui en résultent reçus par les gouvernements des pays riches en ressources naturelles. La coalition appelle à une publication des arrangements d’octroi de licences et des contrats de l’industrie extractive.

Idrissa Sako

25 avril 2008