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L’un des rêves des Maliens va bientôt se réaliser avec le projet de construction d’une cimenterie à Diamou (région de Kayes). La convention d’établissement dudit projet a été signée le jeudi 25 Décembre 2008 par les différentes parties concernées. L’implantation de cette unité de production de ciment a été décidée par une sociétéindienne, West African Cement (WACEM-SA).

A cette signature de la convention d’établissement entre le gouvernement et la société WACEM-SA, en plus du ministre Abdoulaye Ahmadou Diallo de l’Economie, de l’Indutrie et du Commerce, on notait la présence (entre autres) du ministre Mamadou Igor Diarra des Mines, de l’Energie et de l’Eau, mais également celles de Mme Gakou Salimata Fofana du Logement, de l’Urbanisme et de l’Habitat ( question de logements sociaux oblige) et du président de la CCIM, Jeamille Bittar. Quant au partenaire indien, il était représenté par le Directeur Général de la société M. Moustaparti Sivaramavara Prassad.

Lors du Conseil des ministres du mercredi 29 Octobre 2008, le gouvernement malien a autorisé le ministre de l’Economie, de l’industrie et du Commerce à poursuivre les négociations en vue de signer une convention avec la société d’origine indienne, West African Cement (WACEM-SA) pour la création d’une cimenterie intégrée au Mali.

Parmi les 18 intentions d’investissement reçues par le gouvernement, pour la réalisation d’une cimenterie au Mali, seul le dossier de la société WACEM-SA a répondu aux exigences du Code minier.

Cette société, dont la filiale malienne est DIAMOND CEMENT, possède une solide expérience en matière de fabrication de ciment en Inde et en Afrique, notamment au Togo, au Ghana et au Burkina Faso. Elle a effectué avec succès des recherches exploratoires sur la site d’Astro à Ganagontérie.

La matière première est estimée à 67 millions de tonnes de calcaire auxquelles il faut ajouter 11 millions de tonnes de marbre. Prévue dans le projet présenté par WACEM, l’usine de cimenterie intégrée aura une capacité annuelle de production d’au moins un million de tonnes. Le coût prévisionnel du projet est estimé à plus de 132 millions de dollars US, soit 66 milliards de francs CFA environ.


Evaluation des réserves de calcaire

Sur la colline d’Astro, la quantité totale de calcaire est estimée à 55 942 835 tonnes. En tenant compte des teneurs nuisibles de magnésie, on peut utiliser sans problèmes 60% des réserves estimées comme des réserves de calcaire utilisables pour le ciment, soit 33 565 700 tonnes.

Selon les témoignages, la production prévisionnelle de ciment sera de 800 000 tonnes en première année, 900 000 tonnes en deuxième année, et 1 000 000 de tonnes par an, de la troisième à la dixième année. Le prix de vente des projections financières est de 80 000 FCFA la tonne. Le projet est bâti sur un chronogramme dont le respect sera suivi par un comité. Ce chronogramme prévoit l’installation de l’usine pendant une durée de trois ans.

Nombre d’emplois prévus

Du projet, il est attendu au moins 250 emplois permanents et 1000 emplois temporaires. La première expériene du Mali en matière de production de ciment date de 1969, avec la création de la Société des Ciments du Mali (SOCIMA) devenue ensuite IMACO-SA. Depuis la fermeture de cette dernière en 1997, le Mali dépend entièrement des pays de la sous-région, pour son approvisionnement en ciment.

Les statistiques disponibles renseignent que les importations actuelles sont de l’ordre de 1 000 0000 de tonnes par an. Ces importations proviennent du Sénégal (matière première produite localement et clinker importé), de la Côte d’Ivoire, du Togo et du Burkina Faso (à partir de clinker importé). La capacité totale installé dans ces quatre pays est de l’ordre de 8,5 millions de tonnes.

Au Mali, la consommation du ciment est restreinte, à cause du prix élevé (actuellement, ce prix tourne autour de 140 000 FCFA par tonne), de la capacité limitée des transports et des coûts d’approche.

Une baisse du prix actuel du ciment aurait donc un effet très stimulant sur la demande. En tout état de cause, la croissance du marché du ciment sera tirée par l’offre et non par la demande. Cette dernière est ralentie en raison des contraintes liées à l’offre et aux prix élevés. à moyen terme. Les prévisions donnent une consommation de 1 200 000 tonnes par an.

Depuis la fermeture de la cimenterie de Diamou en 1997, le problème récurrent de l’approvisionnement du pays en ciment à un coût unitaire accessible est exacerbé par la hausse des prix des hydrocarbures et la crise ivoirienne.

Du reste, le Mali ne saurait se contenter d’importer du ciment, au risque desubir une sortie importante de devises estimées à environ 100 milliards de FCFA par an, une absence de valeur ajoutée au niveau local, un manque de renforcemenet des capacités locales et un ralentissement du développement de l’économie malienne.

Les atouts du Mali

L’existence d’importants gisements de matières premières (calcaire, argile, marbre, sable, etc), est certainement le premier des atouts dont dispose le Mali pour la création d’une industrie du ciment. Du point de vue législatif et règlementaire, on retiendra surtout l’existence d’un Code minier et d’un Code des investissements révisés, tenant compte de l’environnement économique international et des affaires, suffisamment attractifs.

Au plan institutionnel, il y a lieu de signaler la création de structures pérennes par l’Etat pour l’élaboration et la mise en oeuvre des éléments de politique en matière de développement du secteur privé et celui des mines. Au nombre des ces structures, on peut citer : l’Agence pour la Promotion des Investissements au Mali (APIM), la Direction Nationale de la Géologie et des Mines (DNGM), le Projet de Développement des Ressources Minérales (PDRM), ainsi que d’autres projets ou structures traversersales pouvant appuyer, directement ou indirectement, le secteur minier. C’est le cas, par exemple, du Projet d’Appui à la Croissance (PAC).

Un autre atout non moins important, c’ est l’existence de ressources humaines qualifiées et compétentes pour tous les travaux de recherche et d’exploitation minière. Enfin, on peut signaler la réalisation de prospections de qualité : les connaissances disponibles sur les réserves sont fiables, en ce sens qu’elles permettent d’avoir un ordre de grandeur de l’importance des ressources et réserver des matières premières pour la fabrication du ciment au Mali.

Opportunités

Les opportunités exploitables sont l’existence d’un marché national et sous-régional en expension, l’existence d’une main-d’oeuvre qualifiée et bon marché, l’existence de la voie ferrée Dakar-Niger, l’existence d’une route bitumée Kayes-Bamako. Le projet de convention entre WACEM-SA et l’Etat prévoit que l’Etat, le secteur privé et l’actionnariat populaire malien obtiennent, chacun, des parts dans le capital social.

Les autres investisseurs désireux de réaliser une cimenterie au Mali, mais n’ayant pas encore effectué de recherches minières approfondies, seront orientés sur les autres gisements dont les rapports d’études prélimaires exploratoires sont disponibles à la Direction Nationale de la Géologie et des Mines.

Il faut aussi signaler l’existence de gisements de calcaire non moins importants, évalués à 45 millions de tonnes, à Hombori, dans la région de Gao. Un plus grand nombre de sondages est nécessaire pour évaluer avec prévision les réserves connues.

Laya DIARRA

29 Décembre 2008