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Depuis plus d’une décennie, le secteur minier au Mali est en plein essor. L’or constitue aujourd’hui le premier produit d’exportation du Mali. La contribution totale de ce métal jaune au budget d’Etat a augmenté de 85 700 000 000 F CFA en 2006 à 130 000 000 000 F CFA en 2007, même si une baisse de la production est attendue, sans compter l’apport des sociétés minières en terme de développement local.

Malgré cette embellie financière, des gens soutiennent que l’or ne brille pas pour tous les Maliens. Pour attirer l’attention des uns et des autres sur les bénéfices qui découlent de l’activité minière, et par la même maximiser ces bénéfices, la représentation de la Banque mondiale au Mali et ses partenaires ont initié une étude courant 2008. En faisant l’état des lieux, les conclusions de cette étude ont préconisé l’appui aux achats locaux des biens et services par l’industrie minière.

Un atelier de dissémination des résultats de cette étude a eu lieu le 27 mars 2009 au Centre Régional d’Energie Solaire (CRES) de Badalabougou sous la présidence du ministère de l’Energie, des Mines et de l’Eau, Mamadou Igor Diarra.

La Banque mondiale était représentée par Abdoulaye Konaté.

Mettre l’accent sur la part locale

Le ministre de tutelle des Mines a relevé que partout en Afrique, l’accent est mis de façon persistante sur la nécessité d’accroître la part locale à la fois dans les intrants de l’industrie extractive et dans ses retombées. Les dernières rencontres du partenariat minier africain et de la vision minière de l’Afrique, tenues respectivement à Addis-Abeba et en Afrique du Sud ont largement débattu de cela. Pour atteindre cet objectif en amont et en aval de l’industrie minière, des stratégies ont été élaborées.

“Au Mali, le développement de liens en amont entre l’industrie minière et les fournisseurs, présente une opportunité significative pour maximiser les retombées positives du secteur minier et favoriser le développement des affaires, la création d’emplois, le développement des compétences et de la technologie dans les géoservices et activités connexes”, a déclaré le ministre Mamadou Igor Diarra.

A ce jour au Mali, il est déplorable de constater que la majorité des intrants miniers est actuellement importée et que la mise à contribution des capacités locales de fourniture n’a connu qu’une évolution très limitée, malgré le développement de l’industrie minière.

Les difficultés du secteur minier au mali

Le manque de personnel technique qualifié, répondant aux besoins de l’industrie minière, les contraintes administratives et les difficultés d’accès aux investissements, la non partage de l’information entre les compagnies minières et les fournisseurs en ce qui concerne les contrats et les achats, le manque de statistiques fiables sur les importations des biens et services, la confusion dans l’application du code des investissements. Voilà entre autres difficultés relevées dans l’étude du groupe de la Banque mondiale.

La chaîne d’approvisionnement des mines en biens des services comporte plusieurs phases parmi lesquelles il y a le développement et le test des produits, la production des intrants, la manufacture et l’assemblage des composantes entre autres. Il arrive parfois que les compagnies minières passent directement la commande auprès des fournisseurs en privilégiant les contrats/solutions clés en main.

Ce qui permet à la compagnie de se focaliser sur son domaine principal d’activités telles que la gestion, la mine et l’exploitation de l’usine de traitement faisant appel à de fournisseurs de services spécialisés pour le reste, réduisant ainsi les tracasseries administratives.


Perspectives

L’avenir de l’industrie minière au Mali semble être prometteur à cause des potentialités géologiques du pays. L’intensification de l’exploitation minière va induire de nouveaux besoins en matière de fournitures des biens de services ainsi que des nouvelles opportunités du marché surtout avec la découverte probable du pétrole.

Tout de même, il y a lieu de renforcer les instruments juridiques tels que le code minier afin de mieux adopter les opportunités qu’offre l’industrie minière dans le souci d’accroître la contribution des mines à l’économie locale, régionale et nationale.

Les journées minières et pétrolières que le département de l’Energie, des Mines et de l’Eau organise du 30 mars au 2 avril sont l’occasion de relire le code minier, de valoriser et de capitaliser les retombées socio-économiques et financières de l’industrie minière.


Daba Balla KEITA

30 Mars 2009