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Selon les conclusions d’une étude réalisée par le ministère de l’Industrie et du Commerce, les entreprises industrielles du Mali ont réalisé en 2005 un chiffre d’affaires global de 897 milliards de francs CFA contre 789 milliards en 2004. Pourtant, ce sont plus de 300 industries qui connaissent des difficultés.

L’étude souligne que cette performance des industries manufacturières est imputable à la fabrication des textiles et d’articles d’habillement (25,82 % et 30,65 % respectivement du chiffre d’affaires en 2003 et 2004) et à celle des produits alimentaires, de boisson et de tabac (14,1 % en 2003 et 16,44 % en 2004).

En 2005, les entreprises manufacturières ont produit 46,7 % du chiffre d’affaires contre 45,1 % pour les entreprises extractives. L’électricité, le gaz et l’eau ne représentent que 8,2 %. Les principales branches de la section fabrication dans l’ordre selon l’importance de leur chiffre d’affaires en 2005 sont l’industrie du textile (articles habillement, 20,82 % et l’alimentaire, (boisson-tabac, 14,97 %).

Les industries manufacturières, notamment celles qui travaillent dans le textile ou dans la production des produits alimentaires, de boisson ou de tabac ont un chiffre plus élevé. Ensuite, viennent les entreprises extractives qui produisent plus de 45 % du chiffre d’affaires en 2005.

L’ensemble des unités industrielles a réalisé comme valeur ajoutée environ 302,6 milliards de FCFA en 2003, 283,5 milliards en 2004 et 301,2 milliards en 2005.

Toutefois, Il a été observé une diminution de la valeur ajoutée globale entre 2003 et 2004 de 6,3 % et une hausse de 6,3 % entre 2004 et 2005. La répartition de la valeur ajoutée du secteur industriel par région laisse apparaître des disparités profondes entre les différentes régions du Mali.

Ainsi, le district et la région de Kayes produisent plus de 92 % de la valeur ajoutée du secteur. La valeur ajoutée des entreprises des régions de Gao et de Tombouctou (nord) constituées de boulangeries, est presque nulle.

Paradoxe

En revanche, une autre étude réalisée en 2006 par le même ministère de l’Industrie et du Commerce sur les industries au Mali dresse un tableau sombre. Elle conclut qu’au total 309 entreprises connaissent des difficultés de fonctionnement sur les 343 sociétés que compte le Mali.

Selon les experts de ce département ministériel, les entreprises du district de Bamako et de la région de Sikasso (sud du pays) rencontrent beaucoup plus de difficultés que celles des autres régions, à cause notamment des coûts élevés des facteurs de production comme l’électricité, l’eau et le téléphone, des matières premières, la concurrence et la fraude ainsi que les lourdeurs administratives.

Concernant la taille des entreprises, en 2006 plus de 85 % des entreprises industrielles employaient moins de 50 personnes. Seulement 4 % des entreprises emploient 200 personnes ou un peu plus. Selon l’étude, d’une manière générale, les entreprises maliennes sont jeunes, plus de 77 % d’entre elles ayant moins de 15 ans alors que les entreprises de plus de 25 ans représentent moins de 10 %.

Au total, 21.814 emplois ont été dénombrés en 2003, 23.499 en 2004, 28.693 en 2005 et 3.1325 en 2006 avec respectivement 13.805, 14.431, 16.981 et 17.593 emplois permanents. L’année 2006 est l’année record avec 17.593 emplois permanents au premier semestre.

En termes d’investissements, environ 94 % des entreprises ayant réalisé des investissements sont manufacturières et ont réalisé avec 40 % les plus gros investissements en 2003. En 2004 et 2005, les industries extractives ont réalisé plus de 62 % des investissements.

L’investissement moyen par entreprise est supérieur à 1 milliard de francs CFA dans les branches d’activités extractives, de production, de distribution d’électricité, de gaz et d’eau durant la période 2003-2005. Il a été également constaté que de 2003 à 2004 les entreprises manufacturières sont celles qui ont contracté plus de dettes.

La contribution des industries au Produit intérieur brut (PIB) est estimée en 2003 à 12 % contre 11 % en 2002 et 10 % en 2005. La part des industries manufacturières dans le PIB est passée de 6 % en 2002 à environ 3 % de 2003 à 2005. Plus du tiers des entreprises maliennes en activité sont des entreprises industrielles. La majorité des entreprises maliennes, soit 94 %, relève du régime privé contre moins de 4 % pour le mixte et 3 % pour le public.

En 2006, 66,2 % des unités industrielles étaient concentrées à Bamako et 11,3 % à Sikasso, les régions du nord du pays restant les moins nanties en unités industrielles.

Sidiki Y. Dembélé