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C’est le mardi 29 juillet 2008 que la ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille Mme Maïga Sina Damba a procédé au lancement du processus d’élaboration de l’Indice de Développement et de l’Inégalité des sexes en Afrique (IDISA). C’était à l’hôtel Salam en présence du ministre du Développement Social de la Solidarité et des Personnes Agées, des secrétaires généraux des ministères de l’Emploi et de la Formation Professionnelle, de la Santé, des représentants de la société civile et de plusieurs invités.

Le lancement a été suivi par un atelier au cours duquel les participants ont échangé sur le processus d’élaboration IDISA, l’indicateur IDISA. En plus, cet atelier a permis de présenter des termes de référence du Conseil National Consultatif et de l’équipe de recherches.


M. Kalifa Sanogo

Dans son intervention, le représentant du coordinateur résident du système des Nations Unies Mr. Kalifa Sanogo a parlé de la nécessité d’utilisation des outils spécifiques pour mesurer les progrès accomplis par les Etats Africains dans la mise en oeuvre des engagements auxquels ils ont eux-mêmes souscrit en faveur de leurs femmes et de leurs filles. Ce qui justifie les efforts déployés par la CEA (Commission Economique Pour l’Afrique) pour mettre en place l’IDISA.

Pour lui, cet outil original, spécifiquement africain, et comportant des éléments d’une grande diversité réflétant les différents domaines de la vie politique, socio-économique et culturelle de nos pays se veut un moyen d’évaluation, en même temps qu’un instrument pour aiguillonner l’action des différents partenaires impliqués dans le combat pour l’égalité entre les sexes et l’autonomisation de la femme.

Selon M. Sanogo, depuis la Conférence de Beijing, qui a formulé un agenda exhaustif pour la dignité de la femme, de nombreux progrès ont certes été accomplis, mais le chemin reste encore long.

Il a par ailleurs souligné que l’IDISA vise, entre autres : la mise à disposition de données et d’informations fiables sur la situation de l’égalité entre les sexes, la promotion de la modification des comportements des structures et mécanismes aux niveaux politique, juridique et opérationnel, la démocratisation des statistiques permettant de mesurer les efforts d’intégration de la perspective genre dans les politiques de développement.

Dans ce contexte, pour lui, l’IDISA est un outil utile et pertinent dont l’Etat aussi bien que ses partenaires au développement pourront faire un usage fructueux. A en croire M. Sanogo, au Mali, le système des Nations Unies a fourni de nombreux efforts aux côtés du Gouvernement dans sa marche vers l’égalité entre les sexes-qui est, du reste, un des principes fondamentaux guidant l’action des Nations Unies, en plein accord avec sa charte.

Il a ajouté que le présent atelier ambitionne de donner aux membres du Conseil Consultatif National les outils théoriques nécessaires à leur rôle d’appui à l’équipe nationale de recherche. Il leur permettra de mieux comprendre l’IDISA ainsi que ses procédures de mise en oeuvre.

La réprésentante de la CEA

Dans son intervention, Mme Thokozile Ruzvidzo, directrice auprès de la Commission Economique pour l’Afrique (CEA) a rappelé que le Mali a été introduit dans l’IDISA avant l’intervention Commission Economique. Avant de souligner l’engagement du PNUD dans l’introduction de l’IDISA.

Elle a par souligné que cet atelier a pour objectif entre autres de donner une meilleure compréhension de l’IDISA, de discuter des méthodes concrètes de collecte des données, d’examiner les rôles de l’équipe de recherche.

Mme MAIGA SINA DAMBA

Dans son discours de lancement, le ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, Mme Maïga Sina Damba a rappelé que depuis juillet 2004 à Maputo au Mozambique, les chefs d’Etats africains, conscients des défis et obstacles majeurs en matière d’égalité entre hommes et femmes dans leurs Etats respectifs, se sont engagés dans une déclaration solennelle, à faire de l’égalité entre les sexes une réalité.

Selon elle, cette déclaration, plus connue sous le nom de “Protocole de Maputo” constitue aujourd’hui un outil juridique approprié au plan africain pour orienter les politiques nationales en matière de promotion de la femme.

Quant à la représentante de Mme la ministre de la Santé, elle a précisé que le Mali, pour sa part, est partie prenante à toutes les Conventions internationales et régionales, ainsi qu’aux Programmes et plans d’action mondiaux ou africains en faveur de l’égalité de genre et de la promotion de la femme.

A cet égard, selon elle, d’importants progrès ont été réalisés dans tous les domaines de la vie économique, sociale et politique. Cependant, pour la ministre de la Promotion de la Femme de l’Enfant et de la Famille, les principales évaluations réalisées pour mesurer les progrès au plan qualitatif et quantitatif se heurtent à l’éternel problème des indicateurs.

Pour elle, même si les services nationaux chargés des statistiques et quelques départements sectoriels déploient aujourd’hui beaucoup d’efforts pour désagréger les indicateurs selon le genre, force est de reconnaître que ces indicateurs qui sont dans la plupart des cas quantitatifs, ne mesurent pas à souhait l’évolution des tendances en matière de promotion de la femme.

C’est pourquoi, selon elle, ils se réjouissent de l’initiative de la Communauté Economique pour l’Afrique d’avoir mis au point, sur instruction des chefs d’Etats de l’Union Africaine, un instrument capable d’évaluer les efforts fournis.

Un instrument se mesure de performances

Pour elle, l’indice du développement et des inégalités entre les sexes en Afrique (IDISA) a été conçu à cet effet. Et cet instrument devrait permettre aux décideurs d’évaluer les performances des politiques et des programmes qu’ils mettent en oeuvre pour l’égalité entre les sexes.

En plus, selon elle, l’IDISA devrait également contribuer de façon plus exhaustive à améliorer les connaissances existantes sur les questions relatives aux femmes et leurs préoccupations en les rendant plus visibles. Pour elle, depuis son approbation à la septième conférence régionale africaine sur les femmes “Beijing+10”, la Commission économique pour l’Afrique s’est engagée dans un processus d’extension.

C’est dans ce cadre que notre pays bénéficie, aujourd’hui de son appui pour le lancement du processus. Elle a par ailleurs souhaité qu’au sortir de cet atelier, le Mali produira, dans un bref délai, son rapport national IDISA. Elle a ensuite remercié la Commission économique pour l’Afrique et son centre spécialisé, le Centre africain pour le genre et le développement social, pour le choix porté sur notre pays et pour tous les efforts fournis pour la réussite de cet évènement.

Dado CAMARA

30 Juillet 2008