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Pourquoi le ministre a rejeté la proposition du SNESUP
Après les épreuves des examens de la 2ème session qui se sont déroulées du 14 au 17 mars 2008 à la FSJP, au lieu du début des corrections des copies, on assiste plutôt à un bras de fer entre le ministre des Enseignements Secondaires, Supérieur et de la Recherche Scientifique et le Syndicat des Enseignants du Supérieur (SNESUP). En effet, pour les indemnités de surveillance à allouer à ses militants, le SNESUP reclame 30 000FCFA par agent. Mais le ministre Amadou Touré campe sur 20 000FCFA par surveillant, conformément au décret n°07-521/P-RM du 26 décembre 2007. C’est dire qu’il ya menace sur les résultats de l’examen.

Pourquoi la 2e session ?

Après les examens de la 1ère session à la FSJP, le ministre Amadou Touré a décidé de l’organisation d’une autre session pour, dit-il, accorder une chance supplémentaire aux étudiants qui n’ont pas été heureux lors de la 1ère.Pour ce faire, le ministre avait promis de réunir les conditions et les moyens pour que la 2ème session se passe sans difficulté. Puisqu’il n’y aura pas une 3ème session.

Mais avec le contexte très tendu à cette faculté, le défi n’était pas facile à relever.En effet, deux syndicats se livrent à une guerre feutrée, à savoir le SNESUP et le comité syndical SNEC.Sans oublier que les militants du SNEC demandent l’application de la décision de justice qui a annulé celle du Recteur convoquant les électeurs à l’élection des doyens et leurs adjoints à la FSJP et à la FSEG. C’est pourquoi les plaignants avaient décidé de surseoir aux corrections jusqu’au retour de la légalité.

Du reste,cette décision des militants du SNEC n’engageaient pas ceux du SNESUP qui avaient suspendu leur mot d’ordre de grève illimitée, suite à un accord conclu avec le gouvernement. Ce faisant au moment des délibérations, les premiers n’ont pas rendu leurs notes des copies corrigées,contrairement aux seconds.
Cette fois-ci, le ministre Touré ne voulait plus la repétition de cette confusion. Son souci était d’impliquer tous les professeurs, qu’ils soient militants du SNEC ou du SNESUP, dans l’organisation de la 2e session à la FSJP.

Nos professeus étonnent-ils?

En décidant d’organiser cette 2e session à la FSJP , le ministre a certainemenet oublié un détail: la tenue des examens est devenue un moment privilégié pour bon nombre de nos professeurs dans les facultés et grandes écoles de se faire les poches. En effet, si dans d’autres pays, les professeurs se battent pour l’amélioration de leurs conditions de travail afin de s’adonner aux activités de recherche, au Mali, c’est le contraire.

Les professeurs maliens multiplient les revendications au point de devenir plus maximalistes que les élèves et étudiants.Ils font aujourd’hui plus de grève que ces derniers. A croire qu’ils tentent de soutirer à l’Etat des avantages sur les activités pédagogiques, ce qu’ils ne peuvent obtenir en matière de recherche. Puisque nos profs ne font presque pas de publication. Leurs seules publications se rapportent aux brochures vendues aux étudiants.

C’est ainsi que le SNESUP a obligé le gouvernemnet à prendre le décret n°07-521/P-RM du 26 décembre 2007 portant allocation d’une indemnité au personnel chargé de la correction, de la surveillance et du secrétariat des examens de l’enseignement supérieur. Ce qui veut dire qu’en plus de leurs salaires, ils exigent qu’on les paye pour les activités liées aux examens, qui pourtant vont en droit ligne de leurs activités pédagogiques et professionnelles.

Qu’à cela ne tienne, en son article 1er, le décret dispose : “Il est alloué au personnel chargé de la correction, de la surveillance et du secrétariat des examens de l’enseignemnet supérieur, une indemnité de 500 FCFA par copie d’examen corrigée, 5000 FCFA par agent et par jour de surveillance effectuée, 60 000 FCFA par membre de commission de secrétariat, travaillant respectivement avant, pendant et après les examens.” Mais, l’application de ce décret pose problème. Comme on le constate à la FSJP.

En effet, pour cette 2e session, le SNESUP a fait appel à des militants d’autres facultés et à des instituts ou grandes écoles pour la surveillance des épreuves. Pourtant il ya des professeurs à la FSJP n’ont pas été retenus pour la même activité. Ceux qui sont écartés ont-ils tort de ne pas être des militants du SNESUP?

Le non du ministre à la surfacturation

Après la surveillance des épreuves qui se sont déroulées les 14, 15, 16 et 17 mars, le SNESUP a fait l’état des indemnités à payer à ses militants. Au lieu de 2000 FCFA par personne, en raison de 5000 Fpar jour et par agent prévu par le décret, le Dr Abdou Mallé et ses camarades ont proposé 30 000 FCFA par suiveillant.Pour justifier cette surfacturation ils soutiennent que le samedi 15 et le dimanche 16 mars étant fériés, l’Etat doit les considérer comme des heures supplémentaires. Dans ce cas, au lieu de 5000 F CFA, le gouvernement doit payer 10 000 FCFA par jour férié, soit 20 000 FCFA les deux jours.

Ainsi, après avoir établi et signé cet état financier, le secrétaire général Abdou Mallé a déposé le document au décanat de la FSJP. Le doyen Harouna Dembélé, sans se préoccuper de la véracité des montants proposés, achémine le document au Rectorat qui, à son tour, le laisse passer sans la mondre observation. De deux choses, l’une : soit le doyen et Mme le Recteur ignorent l’existance du décret n° 07-521 du 26 décembre 2007- ce qui serait pas évident-, soit ils ont peur du SNESUP

Alors saisi par le Rectorat, le ministre Amadou Touré a rejeté la proposiotion du Dr Abdou Mallé et camarades, arguant qu’elle viole le décret. Selon le ministre, le décret dit “5000 FCFA par agent et par jour de surveillance effectuée.” Nulle part le texte ne fait cas de marjoration pour heure supplémentaire en cas de surveillance effectuée les jours fériés. D’ailleurs, si c’était le cas, pourquoi le SNESUP a soulevé la question, non pas avant, mais après les épreuves?

La mafia à la FSJP

Aux dires de certaines personnes, cette “cupidité” chez des militants du SNESUP n’étonne guère. pour avoir le maximun d’argent, ces derniers voudraient que la session se déroule sur 15 jours au moins. Sans oublier que le taux est de 5000 F FCA par jour et par agent. Or ils sont plus d’une centaine d’agents à avoir surveillé les épreuves de la 2e session à la FSJP. Et comme le ministre a exigé que la session se tienne en 4 jours et pas plus, voilà que les syndicalistes décident de majorer les indemnités de surveillance pour samedi et dimanche afin de gagner un peu d’argent.Puisque tout le monde ne sera pas concerné par la correction et la commission de secrétariat, travaillant respectivement avant, pendant et après les examens.

Dans tous les cas, une confusion a regné lors de la correction des copies de la 1ère session. Certains professeurs ont tenu compte de leur position au sein du décanat pour s’offrir un nombre important de copies à corriger, alors qu’ils ne sont pas titulaires desdites matières. Ce qui leur a permis de bénéficier de 850 000 F CFA à 1 200 000 F CFA d’indemnités de corrctions,au détriment des professeurs permanents qui n’ont eu aucune copie à corriger. Pis, des professeurs en congé de formation à l’extérieur se sont taillés 300 000 FCFA et 600 000 CFA d’indemnités de corrections.

Avec tout ce qui précède, la question suivante se pose: Est-ce dire qu’il y a une insuffisance au niveau du décret ou une cupidité de certains professeurs qui empêche l’application correcte du décretn°07-521/P-RM du 26 décembre 2007 portant allocation d’une indemnité au personnel chargé de la correction, de la surveillance et du secrétariat des examens de l’enseignement supérieur?

Oumar SIDIBE