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Ça chauffe vraiment au Mali, particulièrement à Bamako. Depuis le fameux coup d’Etat du 22 mars 2012, les Maliens broient le noir. Ils se demandent où est le changement tant prôné par le soi-disant Comité national de redressement de la démocratie et la restauration de l’Etat (CNRDRE) composé d’une bande de militaires désabusés par les condition de vie qui ont mis un coup de frein au processus de développement au Mali.

A Bamako, on voit de plus en plus des fous mendiant dans les rues. Ils ne font pas certes le porte en porte comme des talibés, mais ils font le pied de grue aux alentours des feux tricolores pour quémander de l’aumône. Ils ont été certainement inspirés par d’autres mendiants à la recherche du pain quotidien devenu si rare que même les fous se sont lancés à sa recherche. Les fous se sont toujours tirés d’affaire avec des résidus émanant des gens normaux qui se démenaient comme de beaux diables pour assurer la ration alimentaire du quotidien. Aujourd’hui, au lieu de trois fois par jours, les Maliens n’arrivent plus à manger qu’une seule fois par jour.

Et, pour cela, beaucoup mangent dehors chez les cabaretiers. Le coup d’Etat du 22 mars 2012 a mis le Mali dans un trou noir. De nos jours, le pays vit avec 1/11, c’est-à-dire sur 11 millions de FCFA prévus, l’Etat n’est capable de donner qu’un petit million de FCFA. L’économie tourne au ralenti, la faiblesse des mobilisations des recettes et le tarissement des financements extérieurs avec la rupture de la coopération avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF). Pire, les investisseurs ont tourné dos au Mali et refusent même de soutenir par partenaires les Maliens estimant que le pays n’est plus crédible. Aujourd’hui, pour faire les salaires, le gouvernement est obligé de faire des acrobaties.

Malgré tout, l’homme fort de Kati, le capitaine Amadou Haya Sanogo croit (sic) que lui et ses compagnons ont fait quelque chose de bien en perpétrant le coup d’Etat du 22 mars 2012, considéré par les esprits éclairés comme le coup d’Etat le plus ignoble de l’histoire de l’humanité. Il a ouvert la voie à tous les malheurs que connait le pays : occupation des trois régions du nord (Tombouctou, Gao et Kidal) et une partie de la région de Mopti, notamment Douentza avec son corollaire de voles, viols, massacres et de privations de liberté. Au sud, c’est une mafia sans visage qui fait la loi. Le Mali va mal, même les fous se rendent compte de cela.

Alassane DIARRA

17 Octobre 2012