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Au pays des aveugles les bornes sont rois, dit-on. Dans le réaménagement technique, du 9 avril dernier, il ressort une incohérence déroutante. A notre rédaction, nous proposons deux possibilités, au Premier ministre, la première correction est la suivante : le ministère de l’Education de base, de l’Enseignement secondaire, de l’Alphabétisation et des Langues nationales et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique ; Ce sont les deux départements qui auront en charge l’Education. La seconde correction est la suivante : le ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales et le ministère délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche scientifique rattaché au ministre chargé de l’Education ; ainsi les deux départements auront en charge l’Education et la Recherche.

Le régime ATT est caractérisé par de graves fautes professionnelles qui montrent que notre pays n’a plus de grands commis. Trois grosses affaires ont terni l’image de Modibo Sidibé: Initiative riz, Forum sur l’école et celle du vérificateur général.

En 2005, ATT a pris un décret autorisant la disponibilité dans le sens de la décision du vérificateur général. Le décret était entaché de vice de forme et de procédure. Il fut annulé par la Cour Suprême. L’annulation de ce décret a mis à nu l’inculture de Modibo Sidibé alors secrétaire général à la présidence de la République (décret n°05-477/P-RM du 28 octobre 2005).

Pourtant, on avait dit que l’actuel PM est le meilleur officier de police avec le meilleur prix reçu en 1986 et bardé d’un doctorat en criminologie. C’est parce qu’il est barbouze qu’il mélange tout ? Attendons de voir la réaction du chef suprême des Armées.

Si la procédure judiciaire doit aller jusqu’à terme et le droit dit et bien dit, ceux d’entre les Maliens, qui pensent que l’inculpation et la mise sous mandat de dépôt du Vérificateur Général sont une chose normale, auraient simplement fait une erreur fondamentale.

Tous les Maliens ont pu suivre le président de la République se prononcer sur le sujet. C’était lors de la cérémonie de pose de la première pierre d’un hôtel qui sera construit à l’ACI 2000.

Visiblement, le président de la République donnait l’image d’un homme choqué ; et choqué surtout pour deux raisons fondamentales.

La première raison, que nous relevons à partir de notre rédaction, est que l’opinion malienne, dans sa grande majorité, n’a pas fait la même lecture de l’inculpation et la mise sous mandat de dépôt du Vérificateur Général que les autorités maliennes, et qui sait sûrement l’opinion internationale également.


Le président de la République se prononce :
«…Ensuite, il faut reconnaître que ce problème est en train de porter un coup dur pour rien à notre pays, à notre jeune démocratie

Le président de poursuivre en traduisant le sentiment de l’opinion publique malienne « …Car l’on est en train de dire déjà que certains n’ont pas intérêt à ce que le Vérificateur Général travaille, accréditant l’hypothèse d’un règlement de compte.»

Et, apparemment plus choqué, il ajoutera : «…Sortons des spéculations stériles, des informations tendancieuses, mensongères et gratuitement méchantes».

La deuxième raison, qui, de notre avis, doit être une préoccupation très sérieuse, est l’invalidation d’un décret présidentiel pour vice de forme.


A ce sujet, le président de la République se prononce :
«…qu’en ma qualité de président de la République, j’ai pris et signé un décret dans le cadre de la disponibilité et les plaignants ont porté plainte contre mon décret qui a été invalidé au niveau de la Cour Suprême du Mali. Je n’ai pas fait de guerre. Je ne dis pas non plus, que je suis heureux qu’un décret que j’ai signé soit annulé. Cependant, je n’avais pas d’autre choix, car je respecte la loi et la justice de mon pays.»

Au delà du respect de la loi et de la justice auquel notre président de la République fait allusion, ce qui est très méritoire ; la question fondamentale et dramatique, qui vient à l’idée de tout observateur avisé, est de savoir comment le secrétariat général à la Présidence, dirigé à l’époque par l’actuel Premier ministre, a pu commettre cette faute professionnelle aussi grave et aussi inacceptable : la production et la publication d’un document d’Etat de première importance entaché d’irrégularités juridiques.

Surtout lorsqu’il ressort de l’arrêt rendu par la Cour Suprême : «Considérant que face à cette situation l’autorité hiérarchique, après appréciation, avait la latitude d’accepter ou de rejeter l’une ou l’autre des deux demandes».

Dans un pays, comme le nôtre, où la compétence a cessé d’être un mérite, l’opinion publique mine de rien n’est pas surprise qu’un décret présidentiel soit invalidé.

Imaginez un peu, sous d’autres cieux, le scandale que ferait une correspondance du président de la République sortie avec une faute d’orthographe, de grammaire ou même une simple faute de ponctuation.

Est-ce par souci de diversion de l’opinion publique ou croyant sérieusement que l’arbre peut cacher la forêt, que nos grands patrons ont procédé à un réaménagement technique au sein de l’équipe gouvernementale ? Il y a des signes qui ne trompent pas. Ce réaménagement technique n’avait d’autre but que de distraire un peuple, qui, pourtant, a tiré sa conclusion sur la capacité intellectuelle et morale des dirigeants.

La précipitation montrant toujours ses limites, il ressort dans la distribution des portefeuilles une incohérence déroutante. Deux postes sont doublés, il s’agit de celui du ministère de l’Education, de l’Alphabétisation et des Langues nationales et de celui du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Le Premier ministre, dans la copie présentée et acceptée par le président de la République, n’a pas vu que le ministère de l’Education prend déjà en charge l’enseignement supérieur et la recherche scientifique. Faut-il se casser la tête pour savoir que l’Enseignement de Base, l’Enseignement Secondaire et l’Enseignement Supérieur sont les trois segments qui constituent l’Education, c’est à dire le système éducatif. Pourquoi les bavures se succèdent au sommet de l’Etat du Mali ?

Par le fait qu’on n’est plus à une incompétence ou à une faute professionnelle près ; ou alors ce qui est plus grave et fort inquiétant c’est que l’honnêteté et la loyauté professionnelles ne régissent plus les rapports entre «nos grands commis de l’Etat.» Modibo+Diango=administrativement zéro pointé.


La rédaction

20 Avril 2009