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Quand s’arrêtera la série noire des incendies à laquelle l’on assiste depuis quelques semaines dans notre pays ? La question mérite d’être posée. En effet, après la Maison des artisans de Bamako le 15 décembre dernier, l’hôtel-appartements Niuma Belleza sis à Bamako-Coura le 1er janvier, une partie du centre commercial de Bougouni le 4 janvier, c’est le Marché de Médine en Commune II du District de Bamako qui a été touché. Une partie de ce marché s’est embrasée lundi soir et les sapeurs pompiers ont dû batailler très dur pour venir à bout de l’incendie dévastateur.

jpg_une-2614.jpgLe sinistre serait parti d’un feu allumé par des forains installés sur la « Place de Sikasso » pour se réchauffer. Il faut dire que cette semaine, le froid a fait son grand retour à Bamako alors qu’on le pensait parti définitivement pour cette année. Perçue comme le cœur du marché, la place dite de Sikasso est située vers le côté sud de la colline Koulouba où s’étend une partie du quartier populaire de Médina-Coura. Si la place est réputée pour ses fruits et légumes qui viennent de la Région de Sikasso, on y rencontre toutes sortes de commerces : de postes de télévision, de vêtements, de motos, etc…

Le sinistre se serait déclaré aux environs de 19 heures. Les forains auraient dans un premier temps tenté d’éteindre le feu eux-mêmes. Ce n’est que lorsqu’ils ont réalisé qu’ils en étaient incapables qu’ils ont décidé d’appeler les sapeurs pompiers. Toujours selon des témoins, il était alors environ 20 heures.

Les soldats du feu basés au centre de secours de Dravéla arrivèrent sur les lieux quelques minutes plus tard. Compte tenu de l’ampleur que l’incendie avait prise et des risques de propagation du feu, le chef de garde du jour, le sous-lieutenant Mamadou Lamine N’Diaye, demanda tout de suite le renfort des centres de Sogoniko, de l’ACI 2000 et de Baco-Djicoroni.

Les équipes de ces différents centres convergèrent sur le lieu du sinistre. Ils procédèrent d’abord à la reconnaissance de l’incendie. Cette démarche consiste, explique le sous-lieutenant Mamadou Lamine N’Diaye, à cerner la réalité du sinistre et à savoir s’il y a lieu de procéder à des sauvetages.

Les sapeurs pompiers tentèrent d’empêcher la propagation du feu et demandèrent à l’équipe d’Energie du Mali présente sur place de couper le courant dans le secteur.

Les propriétaires des magasins riverains de la place non encore touchés par le feu profitèrent de ce temps pour mettre à l’abri tout ce qui pouvait l’être. « Les choses sérieuses » débutèrent avec l’entrée en action des citernes de la Protection civile.

Le marché plongé dans le noir, les engins se mirent à « cracher » de l’eau. Mais ils seront vite confrontés au problème d’étroitesse des allées qui séparent les magasins et au manque de… poteau d’incendie dans le marché. Tout le travail s’effectua à la lumière des torches. Après moult gesticulations, les soldats du feu firent intervenir une citerne d’une capacité de 5000 litres. L’engin sera connecté à la bouche d’incendie du stade omnisports Modibo Keïta tout proche. Au fur et à mesure que celle-ci les approvisionnait en eau, les 4 autres déversaient leur contenu sur le feu dans un vrombissement assourdissant.

Le feu ne sera circonscrit qu’à 22 heures et complètement éteint qu’aux environs de minuit. Mais les sapeurs pompiers ont surveillé les lieux du sinistre jusqu’au matin. Ils ont été aidés dans cette tâche par les policiers, les gendarmes et les gardes. On notait la présence du directeur général de la Protection civile, le colonel major Koman Keïta.

En attendant l’évaluation des pertes matérielles, on peut imaginer qu’elles sont très importantes puisque plusieurs hangars et magasins sont partis en fumée. Avec ce sinistre se posent les sempiternelles questions qui reviennent après chaque nouvel incendie de marché, notamment la vétusté des sites et installations et l’absence de bouche d’incendie.

S. DOUMBIA

L’Essor du 5 Février 2014