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Deux membres du gouvernement, en l’occurrence le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile, le général Sadio Gassama et son homologue du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, Sékou Diakité, se sont rendus le vendredi 28 mai 2010 à Gao, à 1200 km de Bamako, pour apporter le soutien du gouvernement aux victimes de l’incendie du marché «  Washington  » de la Cité des Askia.

Les ministres étaient accompagnés des membres des cabinets du ministère de l’Administration territoriale, de l’Industrie et du Commerce, mais aussi du directeur national du développement social, Alassane Bocoum, et du directeur national de la protection civile.

Avant la visite du site, les ministres ont eu droit, au pied-à-terre de Gao, à un large exposé des faits par les membres de la commission mise sur pied après ce terrible incendie survenu dans la nuit du samedi 22 mai 2010. Un film concocté par l’ORTM Gao sur le sinistre, projeté à l’intention de la délégation, pouvait mieux peindre la situation.

Le gouverneur de la région, le colonel Kalifa Kéita, en sa qualité de président de ladite commission, a fait part ensuite des difficultés qu’ont connues les services des sapeurs-pompiers, qui ne disposaient que d’un seul camion-citerne contraint d’aller chercher l’eau à environ 7 km de la ville.

 » La tâche fut très rude pour les agents de la protection civile. Ils étaient obligés de se rendre jusqu’à l’Asecna pour se ravitailler en eau parce qu’il n’y a pas une seule bouche d’incendie près du marché« , a dit, dépité, le chef de l’exécutif régional.

Dénonçant la même situation, le maire de Gao, Sadou Harouna Diallo, a blâmé EDM-SA, mais aussi les nombreuses banques qui peuplent les lieux, incapables d’installer des bouches d’incendie. « Nous allons reconstruire notre marché. Désormais tous les marchés de Gao seront munis de bouches d’incendie », a déclaré le maire de Gao.

Du bilan de ce sinistre, le directeur régional du commerce de Gao, Soumaïla Guittèye, sur la « foi des déclarations« , chiffre à 237 le nombre de victimes enregistrées opérant sous quelque 210 hangars et 32 boutiques. Selon lui, la Chambre de commerce estime à 670 millions CFA les pertes globales. Un chiffre « provisoire » d’autant que toutes les estimations n’ont pas encore été faites, dira-t-il.

Le directeur régional de l’urbanisme de Gao exige, lui, un sondage sur les deux bâtiments qui abritaient des boutiques « pour éviter tout écroulement impromptu des édifices ».

Remerciant les autorités politico-administratives de la ville de Gao et l’Asecna pour les efforts fournis en vue de circonscrire rapidement le feu, le ministre Gassama a cependant mis à l’index « les installations électriques anarchiques qui ont pu occasionner un court-circuit« . Le général Sadio Gassama a interpellé le directeur régional d’EDM-SA sur sa responsabilité à veiller sur « les branchements ». D’autant qu’il y a deux ans, précisément le 31 mai 2008, un incendie similaire avait brûlé le marché de légumes de Gao.

Le ministre du Développement social, de la Solidarité et des Personnes âgées, Sékou Diakité, a, pour sa part, invité les autorités locales de la ville à penser singulièrement aux victimes les plus précaires. « En matière de soutien et d’aide, par solidarité pensez aux victimes précaires, aux plus vulnérables« , a lancé le ministre Diakité, appelant à des solutions pérennes pour éviter aux mieux les sinistres.

Réunis à la mairie de Gao, les deux ministres ont rencontré les commerçants, victimes du feu. L’occasion fut bonne pour les sinistrés de demander de l’aide. Ces appels de détresse ne sont pas tombés dans des oreilles de sourds. Séance tenante, le ministre de la Sécurité intérieure et de la Protection civile a remis un chèque de 30 millions de F CFA au gouverneur de la région en guise d’aide du gouvernement aux victimes.


Ibrahim Guindo

(CC/MDSSPA)

03 Juin 2010