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C’est la première expérience de mine d’or industrielle à capitaux essentiellement nationaux

L’exploitation industrielle des ressources minières, notamment celle de l’or, n’est plus l’apanage des seules multinationales dans notre pays. Notre compatriote, Aliou Boubacar Diallo, est le premier promoteur local à ouvrir une nouvelle ère dans le secteur minier. La société minière, Wassoul’or dont il est le président fondateur, a désormais sa propre usine de production. L’infrastructure qui a coûté environ 120 milliards de Fcfa a été inaugurée samedi à Faboula, un village de la commune rurale de Gouaniaka dans le cercle de Yanfolila en troisième Région, soit à environ 300 km au sud de Bamako. La cérémonie d’inauguration était présidée par le président de la République, Amadou Toumani Touré.

L’événement s’est déroulé en présence d’une foule des grands jours. Plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre des Mines, Amadou Cissé, ont assisté à cette inauguration. Des responsables administratifs et locaux étaient de la fête aussi : Ibrahim Féfé Koné, le gouverneur de la Région de Sikasso et Drissa Sidibé, le maire de la commune rurale de Gouaniaka. Le directeur national de la Géologie et des Mines, Lassana Guindo, le président de la Chambre des mines du Mali (CMM), Abdoulaye Pona et plusieurs autres responsables du monde minier s’étaient également joints à l’événement.

La fête était totale dans l’enceinte de la nouvelle cité minière. Chants et louanges de l’Ensemble instrumental, prestation des chasseurs, hymne national entonné par les pionniers ont accueilli le chef de l’Etat à son arrivée à la cité minière. « Aujourd’hui, c’est un grand jour pour nous. L’ouverture de cette mine constitue un pas important dans le développement de notre région en général et de notre commune en particulier.

Certes, la commune de Gouaniaka est connue pour ses richesses minières. Nous avons déjà une mine, notamment celle de Kalana mais qui, faut-il souligner, à elle seule, ne pourra pas combler l’attente de nos populations. Cette nouvelle mine vient en complément et nous aidera à lutter contre le chômage et la pauvreté. C’est pour vous dire combien nous sommes ravis de l’ouverture de cette mine », a déclaré Bréhima Noumoussa Diallo, un ressortissant de Faboula.

Un projet inédit.

C’est le même sentiment de fierté et de joie qui anime le maire, Drissa Sidibé pour qui la nouvelle mine constitue un véritable outil de développement de la commune. Cet élan de développement dont a fortement besoin la commune de Gouaniaka est déjà en marche depuis le commencement du projet, a reconnu Drissa Sidibé. C’est pourquoi, le maire a salué les actions de développement local initié par la société Wassoul’or en faveur des populations de la commune de Gouaniaka à travers la construction d’une mosquée, des salles de classes et de dispensaires à Faboula, la réhabilitation de celle de Kalana, la réalisation d’une retenue d’eau à Noufra.

L’octroi de fournitures scolaires, de matériels agricoles et autres appuis financiers, portent les investissements de la mine, dans le domaine du développement local, à plus de 500 millions de Fcfa. Le projet de création de la mine d’or de Kodiéran est inédit à plus d’un titre. Première mine construite par un Malien, il est aussi le projet minier dominé par les capitaux nationaux : 55% pour le promoteur, 20% pour l’Etat et 25% de part d’étrangers.

Sa contribution annuelle à l’économie nationale est estimée à plus de 27 milliards de Fcfa et à laquelle il faut ajouter la création de plus de 500 emplois directs dès maintenant. Le permis d’exploitation de Wassoul’or s’étend sur une superficie de 100 Km2. La nouvelle usine se situe sur le gisement de Kodiéran qui ne couvre que 2% du permis d’exploitation.

L’usine dispose d’une capacité de production de 11.000 tonnes de minerais par jour pour une durée d’exploitation de 8 ans. Les études relèvent par ailleurs des ressources géologiques estimées à 82 tonnes d’or et prévoient une production annuelle de 6 tonnes d’or. Cette production devra être portée à plus de 12 tonnes selon les résultats d’études portant sur les gisements satellites de Traorela, Kobada, Kodiérani, Daoulila et Tagoua.

Un tel projet ne pouvait aboutir sans accrocs, reconnaît le promoteur, Aliou Boubacar Diallo qui, à force de persévérance, est parvenu à bout de ce que des sceptiques considéraient comme une utopie. Ce projet, dira-t-il, est le fruit d’un long parcours. « Le chemin a été long, très long et le parcours difficile. Mais par la grâce de Dieu nous y sommes », a-t-il indiqué.

Il a rendu hommage au président de la République, Amadou Toumani Touré pour avoir cru au projet et dont la volonté politique a facilité l’arrivée des nationaux dans le secteur. « C’est le lieu et le moment de vous rendre hommage pour votre clairvoyance, votre esprit visionnaire et pour la confiance que vous nous avez placée lorsque notre projet était en gestation en 1992 quand vous conduisez la Transition.

A l’époque, la destination Mali commençait à être prisée par les multinationales pour l’exploitation de l’or à grande échelle. Nous savons que le Mali est un pays de l’or. Et depuis, vous vous êtes employé à faire jouer au secteur minier un rôle de moteur économique en y impliquant les nationaux. Vous avez coutume de dire que le secteur minier est l’un des poumons de la croissance économique du Mali. Wassoul’or, le confirme avec sa mine de Kodiéran, la première mine industrielle, majoritairement contrôlée par des intérêts maliens à hauteur de 75%, dans le cadre d’un partenariat Etat et privés maliens », a noté Aliou Boubacar Diallo.

Le ministre des Mines, Amadou Cissé, s’est réjoui de la construction de la nouvelle mine qui, de son point de vue, contribuera certainement à consolider la place de notre pays dans le concert des pays producteurs d’or. La production d’or connaîtra une augmentation en 2012 grâce à l’ouverture le mois prochain de Gounkoto et au démarrage de l’exploitation des réserves de sulfurés profonds de la mine d’or de Sadiola (SEMOS), sans oublier d’autres futurs projets signalés à Nampala (Sikasso), et à Bagama (Koulikoro).

Le ministre a rendu hommage au promoteur Aliou Boubacar Diallo, pour son courage et sa détermination. Une force de caractère qui, selon lui, trouve son essence dans le roman « Gouverneur de la Rosée » de Jacques Roumain : « Quand la volonté d’un homme se fait haute et dure comme la montagne, il n’existe aucune force sur terre ou en enfer qui puisse l’ébranler ou la détruire », a-t-il cité.

Le président de la République, Amadou Toumani Touré, n’a pas manqué d’exprimer sa fierté et sa satisfaction. « Je suis très fier d’Aliou pour son initiative. Nous avons toujours prôné que l’or brille pour tous les Maliens. L’ouverture de cette usine nous réconforte dans cette logique selon laquelle, nous aussi Maliens, nous pouvons faire comme les autres.

Je ne peux que féliciter Diallo pour cela et souhaiter que d’autres initiatives de ce genre se fassent dans notre pays », a souligné le président de la République, avant de procéder la coupure du ruban symbolique. La visite de l’usine et le coulage du premier lingot d’or de 25 Kg d’une valeur marchande de 420 millions de Fcfa ont mis fin à la cérémonie.

Envoyés spéciaux

L. DIARRA et

A. SISSOKO

27 Février 2012

Essor


Kodieran : La mine d’or de Wassoul’Or-SA entre en production

Sans la baraka et une dédicace à la réduction de la pauvreté, la mine d’or de Kodiéran n’aurait pas vu le jour. Elle est le fruit de l’opiniâtreté du PDG de Wassoul’Or. Elle est surtout une mine à visage humain, c’est-à-dire engagée dans la responsabilité sociale d’entreprise à travers des réinvestissements en faveur des populations et le respect de l’environnement.

25 kilos d’or d’une valeur marchande de 420 millions de F CFA ! C’est la quantité du premier lingot d’or de la mine de Wassoul’Or-SA coulé par le président de la République, le 25 février 2012.

jpg_mine-7.jpgSamedi dernier, cette cité minière, à 300 km au sud de Bamako dans l’arrondissement de Kalana (cercle de Yanfolila), a eu du mal à contenir la foule d’autorités, de partenaires étrangers et les populations enthousiastes pour le démarrage de la production. Le chef de l’Etat était accompagné de membres du gouvernement, de conseillers à la présidence, du gouverneur de la région de Sikasso, du représentant de l’Assemblée régionale et de maires de la 3e région.

A sa sortie d’usine, le président ATT s’est dit fier du PDG de Wassoul’Or, Aliou Boubacar Diallo, qui, a-t-il poursuivi, « doit être soutenu et encouragé« . Le chef de l’Etat, peu avant, avait en effet élevé M. Diallo à la dignité d’officier de l’Ordre national. Cette distinction est conférée à des citoyens et amis du Mali qui font preuve d’amour, d’abnégation, de loyauté et d’esprit d’entreprenariat notable pour le pays. Wassoul’Or a investi dans la mine plus de 100 milliards de F CFA.

La mine d’or de Kodiéran, propriété de Wassoul’Or, se trouve dans la localité de Faboula. Son permis d’exploitation couvre 100 km2. Le gisement représente environ 2 %. Ses ressources géologiques sont estimées à 82 tonnes d’or. Avec le démarrage de l’usine, ce sont 11 000 tonnes minerais qui seront traitées par jour. L’exploitation devra durer 8 ans.

Pour le ministre des Mines, Amadou Cissé, qui s’est félicité du premier acte de la mine d’or qui appartient pour 20 % à l’Etat du Mali et 80 % pour la société Wassoul’Or, cette 8e mine qui « représente des réserves géologiques estimées à 82 tonnes d’or et créera près de 500 emplois permanents permettra une augmentation de la production d’or par le Mali« . L’or est une mamelle de la croissance économique au Mali, 3e producteur africain après l’Afrique du Sud et le Ghana.

Le ministre a annoncé la mise en exploitation prochaine de deux nouvelles mines. Il s’agit de Gounkoto, situé à l’intérieur du permis de Loulo (51,44 tonnes attendues et 450 emplois) et des réserves sulfureux profonds de Sadiola (110 tonnes d’or et une durée de vie rallongée). Il a surtout indiqué que la diversification minière, pour éloigner les risques liés à la monoculture de l’or, suit son petit bonhomme de chemin. Il existe aujourd’hui des découvertes intéressantes de fer (Tienfala, Kati, Bafoulabé), de bauxite, de cuivre et d’uranium à Faléa (Kayes), de manganèse à Tassiga (Ansongo) et de phosphates dans la vallée du Tilemsi. Tout comme le pétrole. Toutes choses qui présagent l’avenir minier du Mali.

Convictions

« En vue de mener cette diversification à bon port, mon département soumettra dans les prochains jours au gouvernement un plan d’action dont l’objectif principal est de créer les conditions favorables pour améliorer de façon substantielle la production industrielle de substances minérales« , a assuré M. Cissé.

Parlant d’Aliou Boubacar Diallo, il a dit, paraphrasant Jacques Roumain : « Quand la volonté d’un homme se fait haute et dure comme la montagne, il n’existe aucune force sur terre ou en enfer qui puisse l’ébranler ou la détruire« (« Gouverneur de la Rosée »). « La réussite de M. Diallo dans ce cercle très fermé nous permet de croire que nous avons eu raison de nous engager dans une stratégie d’implication des opérateurs économiques maliens dans l’aventure minière malgré son caractère aléatoire, ses incertitudes et ses besoins immenses en ressources financières« .

« Faire briller l’or pour tous les Maliens« ! C’est la raison d’être du PDG de Wassoul’Or. Il a rendu grâce à Dieu et salué la vision d’ATT. Celui-ci, sous la Transition, a incité les opérateurs maliens à acquérir des permis miniers afin que tous les Maliens puissent bénéficier du fruit des retombées de l’or, a-t-il rappelé. La société s’est inscrite dans les directives du département en matière de diversification. Selon le PDG, l’extension de la mine de Kodiéran, l’exploration et l’exploitation du diamant et du gaz sont des perspectives de Wassoul’Or.

En attendant, en plus de 500 emplois directs et autant d’emplois indirects suscités à Kodiéran, Wassoul’Or, qui a prohibé l’utilisation du cyanure pour l’eau dans le traitement du minerai, assure sa responsabilité d’entreprise à travers la construction de salles de classes, le paiement de salaires d’enseignants, la construction d’édifices publics, l’octroi de vélos aux meilleurs élèves et d’attelage à leurs parents, etc. Toutes choses qui permettent à Kodiéran de s’affranchir petit à petit de la pauvreté.

« Wassoul’Or se veut donc être l’exemple de la présence des nationaux dans ce secteur en participant au renforcement des capacités de production et à l’amélioration des conditions de vie et du bien-être de nos employés et sous-traitants« .

La clef de voûte de ce succès, a ajouté le promoteur, est la bénédiction des parents et surtout celle de la mère. Il a salué la sienne en lui demandant davantage de bons vœux pour lui et tout le Mali en quête de paix et de prospérité.

Abdoul M. Thiam

(envoyé spécial)

Les Échos du 27 Février 2012