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La cérémonie d’ouverture des travaux de cette importante rencontre annuelle des collectivités territoriales était présidée par le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. Elle s’est déroulée en présence du Premier ministre et de plusieurs membres du gouvernement, des responsables des institutions de la République, des ambassadeurs accrédités dans notre pays, des représentants d’organismes internationaux œuvrant dans le domaine de la coopération décentralisée et d’un parterre d’invités venus de pays amis.

L’infrastructure qui a coûté plus de 43 milliards de Fcfa, est l’une des réalisations concrètes du Cadre stratégique pour la croissance et la lutte contre la pauvreté et du Projet de développement économique et social.

Un nouveau jour s’élève sur la région de Gao. En effet, beaucoup de choses vont changer avec la construction de la route Gao-Ansongo-Labezzanga qui va jusqu’à la frontière avec le Niger. L’ouvrage a été officiellement ouvert à la circulation samedi dernier au cours d’une imposante cérémonie présidée par le président de la République, Amadou Toumani Touré.

L’événement s’est déroulé au bord du fleuve Niger à Ansongo. Il a mobilisé, comme il se doit en pareille circonstance, beaucoup de personnalités. En plus du chef de l’Etat, plusieurs membres du gouvernement et les autorités politiques, administratives et militaires de la région, le chef d’État-major général des armées, le général Gabriel Poudiougou, le chef de la Délégation de la Commission de l’Union européenne, Giaccomo Duranzzo étaient présents

. Le ministre nigérien en charge de l’Equipement était également de la fête. Un signal fort en faveur de l’intégration africaine.
La première pierre de cet important axe avait été posée par le chef de l’Etat en octobre 2005.

De mémoire d’homme, jamais événement n’avait mobilisé autant de monde et de personnalités dans la ville d’Ansongo. Et la population de Koukia n’a pas boudé son plaisir. « C’est un jour nouveau qui s’élève sur Ansongo et par delà tout le nord du pays.

Il s’agit d’un événement grandiose», a dit le maire d’Ansongo, Amadou Harouna Maïga, avant d’ajouter que l’atmosphère était particulièrement fébrile à Ansongo dans l’attente de la réception de la nouvelle infrastructure.
Un beau cadeau de Noël qui a inspiré les jeunes de la troupe de théâtre du cercle d’Ansongo qui ont dédié une chanson au président de la République, en signe de reconnaissance.

Des mesures immédiates

L’important ouvrage qui traverse la ville de Gao pour aller jusqu’à la frontière avec le Niger est long de 203 kilomètres. Sa réalisation a coûté 43,4 milliards de Fcfa, entièrement financés par l’Union européenne sur le 9è Fonds européen de développement (FED).

Après le discours de bienvenue du maire d’Ansongo, l’honneur est revenu au chef de la Délégation de la Commission de l’Union européenne d’intervenir. Giacomo Duranzzo a plaidé en faveur de l’entretien judicieux de cette infrastructure moderne, et a demandé aux autorités nationales de prendre des mesures immédiates pour l’installation des équipements de péages et de pesage conformément aux directives de l’Union économique monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Le responsable de l’UE a expliqué à ce propos que l’installation d’un tel outil de contrôle des charges à l’essieu et de collecte de fonds contribuera à renforcer les capacités de l’État à assurer le service régulier de l’entretien des routes.

Il a noté que faute d’entretien, la durée de vie de certaines de nos routes est réduite de 2/3. Giancomo Duranzzo lancé un appel pressant aux autorités et aux populations pour bien entretenir cette nouvelle infrastructure qui va considérablement contribuer à la lutte contre la pauvreté. Elle va rapprocher les zones de productions avec celles de consommation et facilitera les échanges commerciaux entre notre pays et ses voisins.

L’ambassadeur Duranzzo a assuré que l’appui de l’UE à notre pays se poursuivra. Elle se concentrera sur les régions du nord et le delta central du Niger. Une enveloppe conséquente est prévue à cet effet dans le dans le cadre du 10è FED.

Il se trouve que la route n’apporte pas que du bonheur. Parallèlement à ses avantages certains, elle peut causer des incidents dramatiques : les accidents avec souvent des pertes en vies humaines. La route peut aussi être source d’ennui sécuritaire et sanitaire, notamment la propagation du terrible virus du sida.

C’est au regard de ces différents facteurs d’insécurité pour les usagers que Giacomo Duranzzo a appelé les futurs utilisateurs de cette voie à beaucoup de prudence.

Le constat est partagé le ministre de l’Equipement et des Transports, Ahmed Diane Seméga qui a plaidé pour l’observation stricte du code de la route pour éviter que les accidents deviennent de plus en plus fréquents. Il a évoqué à ce propos la décision prise par le Conseil des ministres du jeudi dernier par rapport à la création de l’Agence nationale de sécurité routière.

La nouvelle route (la RN 17), a rappelé Ahmed Diane Seméga, est un symbole de cohésion sociale, de paix. Elle va conforter l’unité nationale et ouvrir notre pays sur plusieurs autres Etats de la sous-région (Niger, Togo, Ghana, Bénin, Nigeria) et même d’Afrique centrale (Cameroun, Tchad, Soudan).


Message de paix

Le chef de l’État, Amadou Toumani Touré a été beaucoup ovationné à Ansongo. Ses actions en faveur du développement du pays ont été magnifiées par le maître de cérémonie qui maîtrisait véritablement son sujet, entre le français et la langue nationale songhoï. Il a salué la très fructueuse coopération entre notre pays et l’UE. En effet, le Mali est le premier bénéficiaire en Afrique, après l’Ethiopie, de l’aide de l’Union européenne. Nous reviendrons sur l’aide de l’UE à notre pays en matière de construction de routes dans une prochaine édition.

Le président Touré a souligné que le joyau va rallonger la liste des réalisations de l’UE dans notre pays. Cette route entre dans le cadre de la mise en œuvre du Cadre stratégique pour la croissance et la lutte contre la pauvreté et du Projet de développement économique et social (PDES) sur la base duquel la majorité écrasante de nos compatriotes lui ont accordé leur confiance pour un deuxième mandat.

Après la cérémonie d’inauguration, le chef de l’Etat a parcouru un tronçon de la route jusqu’à Labezzanga. Ici, il a visite la brigade de gendarmerie, le poste de la police et camp militaire. Il y a été accueilli par des populations très enthousiastes. Sur tout le trajet, Amadou Toumani Touré a renouvelé son message de paix et de cohésion.

Il a prêché la bonne entente entre les différentes communautés du pays qui est une grande nation. Amadou Toumani Touré a expliqué que la paix a son coût : la patience. Il a donc demandé à nos compatriotes de s’armer de patience pour faire face aux nombreuses épreuves auxquelles le pays est confronté. Pour lui, la seule guerre qui vaille, c’est celle du développement. Il a renouvelé son engagement pour lutter contre le chômage des jeunes.

Revenant sur les évènements de Fafa, le président de la République, a annoncé que les 17 jeunes détenus dans ce cadre seront bientôt libérés. Il a demandé aux jeunes de s’investir dans l’agriculture au lieu de vouloir résoudre leurs problèmes par les armes. Le métier des armes doit revenir aux militaires.

De retour à Gao, Amadou Toumani Touré a procédé à l’inauguration de la nouvelle station régionale de l’ORTM à Gao et du Camp de la Garde nationale. Hier, il a fait la même chose à Tombouctou au cours d’une cérémonie grandiose qui s’est déroulée notamment en présence du ministre de la Communication et des Nouvelles technologies, Mme Diarra Mariam Flantié Diallo.

Nous reviendrons largement en détail sur ces événements dans nos prochaines éditions.

Envoyé spécial

A. O. DIALLO

Essor du 15 décembre 2008