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Le dernier chaînon manquant de l’axe routier moderne allant de notre capitale à celles du Sénégal et de la Mauritanie, a été inauguré samedi.

L’événement historique était présidé par le président de la République, Amadou Toumani Touré. L’ouverture officielle à la circulation du tronçon Djidiéni-Diéma est intervenue 48 heures après celle de la voie reliant Kati à Kita (voir l’Essor du vendredi).

La mobilisation des populations des 16 communes du cercle de Diéma a été à la dimension de la portée de l’événement. En plus des habitants du cercle, toutes les localités installées le long de la route, de Bamako jusqu’à Diéma ont réservé un accueil des plus chaleureux au chef de l’État.

Un petit rappel s’impose pour expliquer les conditions dans lesquelles les pouvoirs publics ont initié le projet de bitumage de cette route qui relie notre capitale à Dakar et à Nouakchott. Avec l’éclatement de la crise ivoirienne en septembre 2002, notre pays dont 70 % des importations passaient jusqu’alors par Abidjan a été obligé de se tourner vers le port de Dakar. Du coup, les pouvoirs publics ont perçu l’impérieuse nécessité de diversifier nos voies d’accès à la mer.

Avec l’intensification du trafic, la route alors construite en terre moderne a subi une forte dégradation. En plus de ce phénomène, les pluies de l’hivernage rendaient l’axe difficilement praticable.

Avec malheureusement comme conséquences les accidents de la circulation très fréquents et les pannes récurrentes de véhicule. Les usagers pouvaient mettre jusqu’à quatre heures de temps pour parcourir les 180 kilomètres du tronçon en véhicule.


180 Ouvrages hydrauliques :

Désormais, tout cela n’est qu’un mauvais souvenir. La nouvelle route construite selon les normes de la CEDEAO comprend une plate-forme de 9 mètres de largeur dont 7 mètres de chaussée revêtue en enduit superficiel bicouches avec deux accotements d’un mètre de largeur. Plus de 180 ouvrages hydrauliques ont été réalisées pour la protection de la voie.

20 forages équipés de pompes à motricité humaine ont été mis à la disposition des populations. Dans le cadre du volet environnemental du projet, près de 2000 pieds d’arbre ont été plantés le long de la voie.

Longue de 180 km, cette route était le seul tronçon qui manquait pour relier notre capitale aux ports de Dakar et Nouakchott sur le bitume.

Les travaux qui ont été exécutés par l’entreprise sénégalaise CSE ont coûté un peu plus de 11 milliards de Fcfa entièrement financés par l’Union européenne, le premier partenaire de notre pays en matière de construction de routes. Ils ont duré 24 mois. C’est le président de la République qui avait lancé officiellement les travaux en mai 2005.

Le ministre de l’Équipement et des Transports, Ahmed Diane Séméga, a souligné que l’achèvement de ce dernier tronçon des corridors routiers Bamako-Dakar et Bamako-Nouakchott, garantit l’accès de notre pays aux ports de ces deux villes. Il s’agit d’une nouvelle concrétisation du Projet de développement économique et social du président de la République, dont l’un des axes majeurs est le développement des infrastructures routières.

« L’achèvement de cette route met définitivement un terme au calvaire enduré par les usagers de la voie et aux coûts de transports exorbitants.

Le tronçon va désenclaver les 16 communes du cercle de Diéma et permettra de réduire les coûts d’exploitation des véhicules« , a expliqué Ahmed Diane Séméga. Et comme à chaque occasion, le ministre n’a pas manqué d’exhorter les usagers à la prudence afin que la nouvelle infrastructure ne soit pas une cause supplémentaire d’accidents de la circulation.

« Je demande aux populations de veiller au respect du code de la route et à la sauvegarde de cet ouvrage, et de signaler tout acte de nature à altérer les installations « , a invité Ahmed Diane Séméga.

La Délégation de la Commission de l’Union européenne était représentée à la cérémonie par Hamman Gabin. Celui-ci a fait remarquer que la réalisation de cette belle infrastructure est un nouveau témoignage de l’intérêt que l’Union européenne accorde au désenclavement intérieur et extérieur de notre pays.

Le responsable de la Délégation de l’UE a aussi salué les mesures prises pour l’application du système de péage et de pesage installé sur certains de nos axes routiers. Cette mesure permettra de mieux protéger les routes et de faire participer les usagers à l’entretien de ces réalisations qui nécessitent des investissements très importants.

Il a annoncé que l’Union européenne, à travers le 10ème FED, va investir dans les années à venir environ 125 millions d’euros, soit près de 83 milliards de Fcfa dans la réalisation d’infrastructures routières au Mali.

Un carrefour d’intersection de voies :

Auparavant, dans son discours de bienvenue, le maire de Diéma, Mahamadou Sidibé, avait fait part de la joie des populations de la zone, avant d’exprimer au nom de ses administrés certaines doléances au nombre desquelles l’on retiendra l’équipement du centre de santé de la ville, l’extension de la couverture télévisuelle à l’ensemble du cercle et la construction d’un Carrefour des jeunes.

L’élu local a aussi souhaité l’accélération des travaux de construction du lycée de Diéma et le bitumage des voies principales à l’intérieur de la ville.

Dans une intervention très attendue, le président de la République Amadou Toumani Touré, a indiqué que Diéma est un carrefour d’intersection de voies allant à Kayes, Dakar et Nouakchott.

« C’est une ville qui prend de plus en plus d’importance sur le plan économique au regard de sa position stratégique. Nous pendrons des mesures pour renforcer les équipements sanitaires, scolaires et en matière de sécurité routière« , a promis le président Touré, en précisant que la construction de l’axe routier est la concrétisation d’un pari audacieux qu’il a pris.

« On dit que le développement, c’est la route. Il faut également ajouter que la route c’est la vie« , a-t-il poursuivi en appelant une fois de plus les usagers à s’acquitter des droits de péage et de pesage.

Le chef de l’État a saisi l’opportunité pour rappeler les efforts immenses qui ont été consentis dans la Région de Kayes pour le développement des infrastructures routières. A ce propos, il a noté les 906 kilomètres de routes bitumées de Diéma-Sandaré-Kayes-Kidira, Nioro-Guogui, Diéma-Nioro, Djidjéni-Diéma, Kati-Kita-Sékokoto.

Sans compter les 178 kilomètres de routes en terre moderne qui relient Kita à Krounikoto et Diancounté Camara. Quelques 400 autres kilomètres de voies vont relier Kayes-Diamou-Bafoulabé avec un pont à Bafoulabé.

Les travaux du nouveau chantier seront très prochainement lancés. Le chef de l’État a aussi évoqué la « Route du sud » qui va de Bamako à Saraya en passant par Kati, Kita, Sékokoto. Rappelons que le tronçon Kati-Kita de cette route longue de 229 kilomètres a été inauguré jeudi dernier.

Ce projet prévoit la construction de trois ponts sur les fleuves Falémé, Balé et Bafing et sera réalisé avec le concours la coopération japonaise. Toujours dans la Région de Kayes, une autre route est en projet : celle qui va relier Manantali à Mahina, d’une longueur de 100 kilomètres.

Un effort de solidarité nationale :

« D’ici 2010, nous allons réaliser 1578 kilomètres de routes bitumées dans la Région de Kayes et 178 autres en terre améliorée« , a précisé le président Touré, avant de revenir sur l’importance des actions projetées par l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal lors de la dernière réunion du conseil des ministres de cette organisation sous-régionale tenue la semaine dernière à Bamako.

L’une de ces initiatives phares consiste à rendre le fleuve Sénégal navigable de Saint-Louis (Sénégal) à Ambidédi chez nous.
Amadou Toumani Touré a par ailleurs annoncé que des actions vont être initiées pour protéger les berges du fleuve Sénégal à Kayes. Les travaux seront lancés dans les prochains jours.

Revenant sur le système de péage et de pesage installé sur nos grands axes routiers, il a invité nos compatriotes à s’acquitter de ce devoir citoyen. « C’est un effort de solidarité nationale et même une obligation de solidarité nationale, car les routes coûtent cher. Elles le seront encore plus avec le renchérissement continu des cours du pétrole et de ses dérivés« , a expliqué Amadou Toumani Touré, en dénonçant les surcharges sur les gros porteurs.

La question de « la vie chère » s’est une nouvelle faite inviter à la cérémonie. Abordant le sujet, le président Touré a indiqué que « l’Initiative riz est non seulement une réponse économique et agricole à une crise structurelle, mais aussi une réponse politique à ce défi que nous devons relever ensemble« .

Invitant les autorités communales et administratives à s’impliquer pour la réussite de l’initiative, il a précisé : « Nous avons une vision, une politique agricole, nous avons les terres cultivables, l’eau et les bras valides. Le meilleur moyen de baisser les prix des céréales est de produire localement plus et de faire en sorte que l’offre dépasse la demande« .

Il a aussi annoncé que dans les jours à venir, le gouvernement prendra des mesures dans la perspective du mois de Ramadan pour qu’il n’y ait de surenchère sur les prix des produits de première nécessité.

Envoyés spéciaux

Be. COULIBALY

et A. SISSOKO

21 Juillet 2008