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« Je l’ai vue il y a seulement deux jours à la télé et elle crevait l’écran » me confia, quelqu’un entre incrédulité, choc et résignation. Incrédulité parce que nous savons que, de Ségou, Mbam Diarra a parlé au téléphone avec des gens à Bamako. Choc parce qu’en réveillant le pays, la nouvelle l’a aussi scié. Résignation enfin parce que nous savons tous que c’est cela la fin qui nous attend, que l’empêcher est au dessus de nos pauvres moyens de mortels et que quand ça arrive il n’y a que la foi pour le supporter.

Pour ceux qui l’ont vécue, la vivent encore, atroce est l’épreuve de l’être aimé manquant à la table du matin, aux bras et aux regards qui le chérissent. Nous comprenons donc la lourde douleur de la famille et des proches de la défunte dont les qualités, telles que nous l’ont été décrites étaient simplement exceptionnelles. Qu’ils acceptent, du Républicain, les sincères condoléances et le vœu ardent que Dieu accueille la défunte en son paradis.

Quant à la République, nous savons qu’elle n’a pas perdu que son médiateur mais un bon médiateur plein d’initiative et de tact, charismatique et énergique. Nous l’avons vu dans plusieurs dossiers dont celui délicat du code de la famille. Elle avait, reconnaissent ses collègues une haute idée de sa mission et une rare détermination à partager ses missions avec ses compatriotes de l’intérieur. C’est, d’ailleurs, de retour d’une mission au Nord du pays que cette militante des droits humains et du Mali démocratique rencontrera son destin. Née et morte pour son pays : bienheureux ceux d’entre nous dont on dira autant.

Adam Thiam

19 Janvier 2011.