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L’opération d’importation lancée par le gouvernement est un aveu d’échec de l’initiative riz, même si l’on veut nous faire comprendre qu’il y a eu une amélioration de la production. Justement cette production où est-elle ?

Par ailleurs, on veut tendre un piège aux opérateurs économiques qui sont les boucs émissaires désignés du gouvernement pour prouver que la production déclarée est réelle mais que eux l’ont caché pour spéculer. Au vu des constats du commissariat à la sécurité alimentaire, les conclusions de la réunion d’évaluation définitive de la campagne agricole 2008-2009 au cours du mois de février entre le Commissariat à la Sécurité Alimentaire et le Système d ’Alerte Précoce (SAP) attestent que la production céréalière de la campagne est nettement supérieure à celle de 2007-2008 et à celle de la moyenne des cinq dernières années.

Le gouvernement a été pris dans son propre jeu car après la signature de l’accord avec la CCIM, ni l’APCAM, ni l’OPAM, ni le ministère de l’agriculture ne pouvaient indiquer un planning d’achat avec précision de la localisation des stocks et des quantités qui sont en réalité des stocks fictifs.

En plus, pendant que l’on tergiverse sur l’échec et les responsabilités dans l’initiative riz, le président de la République avait déjà demandé à des commerçants d’importer du riz.

Toutes ces agitations montrent que l’initiative riz est née avec sa carte d’échec en main !!! Pour tout agronome averti, paysan pratiquant il était simple de comprendre que perdre une semaine en début est synonyme de perte de beaucoup de rendement !

L’initiative riz a été lancée lorsque la campagne agricole avait fortement
démarré mais les politiques ont joué aux sourds et voilà les résultats!

Cette initiative riz n’en finit pas de révéler des dessous intéressants et les prochains jours réservent des rebondissements inattendus. En effet, l’opération d’importation lancée par le gouvernement est un aveu d’échec de l’initiative riz, même si l’on veut nous faire comprendre qu’il y a eu une amélioration de la production. Justement cette production où est-elle ?

Du côté des agriculteurs on prétend que les commerçants l’on acheté et gardé pour de la spéculation sur le prix alors que les commerçants démentent à leur tour.

Le commissariat à la sécurité alimentaire et le système d’alerte précoce avaient déjà tiré la sonnette d’alarme sur la nécessité d’importer du riz.

Seulement, les exonérations appliquées sonnent comme un mirage, disons un piège car pour beaucoup d’opérateurs du secteur du riz, les qualités ciblées : brisure 100 %, brisure 35 % et brisure 25 % ont presque disparu du marché international.

La brisure 25 % reste la plus accessible des trois et le Sénégal, premier demandeur mondial de cette qualité se trouve confronté à des difficultés d’approvisionnement ces dernières années et c’est l’une des raisons qui l’ont projeté dans l’initiative Goana qui est l’équivalent de l’initiative Modibo Sidibé au Mali. Les stocks de riz brisé de pays comme la Thaïlande sont utilisés pour la production de biocarburants par les pays producteurs. Alors où a-t-on trouvé les 100 000 tonnes annoncées par Bittar lors de l’assemblée générale de la CCIM?

Si on le prend au mot d’ailleurs, on se demande bien comment 100 000 tonnes ont été commandées pour être déjà en route vers le Mali en ce laps de temps ?

C’est à croire que des commerçants étaient au courant de la nécessité d’importer et ont pris les devants pour que leur cargaison puisse arriver dans les prochains jours comme le disait Bittar. En plus, cela confirme une information selon laquelle depuis un mois ordre a été donné à des importateurs de faire venir du riz pour éviter la famine et la montée en flèche des prix. Si c’est le cas qui aurait donné l’ordre.

Il faut remarquer que l’absence des grands importateurs de riz à l’assemblée générale de la CCIM a intrigué plus d’un et poussé une de nos sources à douter de la bonne foi de certains d’entre eux vis-à-vis des décisions prises par le président de la CCIM qui affirmait être en contact avec eux en permanence.

Enfin, certains observateurs avertis pensent qu’à travers l’opération d’exo l’Etat veut pousser les opérateurs à sortir le riz emmagasiné (s’il y en a d’ailleurs) mais notre interlocuteur avise que les services de l’Etat veille et ne se laisseront pas dribbler.

Gnimadi Destin

11 Mars 2009