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La décision prise par le gouvernement sur instruction du président de la République d’accorder des exonérations sur l’importation du riz pour la période allant du 1er mars au 31 mai 2009 constitue un véritable soulagement pour le consommateur Malien.

Ce dernier qui s’attendait aux retombées positives de l’initiative riz dans laquelle plus de 40 milliards de nos francs ont été engloutis ne comprenait pas en effet comment ce précieux produit alimentaire pouvait disparaître dans la nature et lui revenir aussi cher. Acheter du riz au Mali, était devenu un véritable casse-tête.

Pour le Malien lambda qui gagne à peine moins de 25 000 F Cfa par mois, l’acquisition d’un sac de riz à 50 000 F Cfa était devenu un luxe qu’il ne pouvait pas se permettre. Toutes choses qui ont fait changer les Maliens d’habitude alimentaire. Rares en effet sont les ménages maliens qui prennent les trois repas aujourd’hui. Ce sont-là entre autres raisons qui sous-tendent l’initiative présidentielle d’accorder des exonérations sur l’importation du riz pour une période de 3 mois.

Les clauses du contrat

Ladite mesure est cependant accompagnée par un cahier de charges que tout importateur doit signer avec l’Etat, à travers la DNCC, pour en bénéficier. Les présentes exonérations sont ouvertes à tous les commerçants sans exclusion aucune. Il y a cependant un mais : l’importateur qui prétend à cette mesure d’exonération doit être inscrit au registre de commerce et du crédit mobilier, avoir un numéro d’identification fiscale et la patente import-Export.

Il ressort en outre du cahier de charges que l’exonération porte sur les droits et taxes perçus au cordon douanier à l’exclusion du prélèvement communautaire, du prélèvement communautaire de solidarité et de la redevance statistique.

Autre précision de taille : les catégories de riz concernées sont le riz blanchi en emballage immédiat de plus 5 kg ou en vrac et le riz brisure. C’est dire donc que le riz blanchi 5 % brisure, le riz blanchi 100 % brisure parfumé, le riz blanchi entier parfumé et le riz entier étuvé sont exclus du champ d’application des présentes exonérations.

Les riz exonérés doivent être vendus en gros à 280 000 F Cfa la tonne au maximum et 300 F Cfa le kilo en détail sur toute l’étendue du territoire national.

Si les termes de cet accord sont respectés et si les grossistes et les détaillants jouent réellement le jeu, les consommateurs Maliens pourraient souffler un grand ouf de soulagement.
Bakoré Sylla promet la transparence

L’un des plus gros importateurs de riz au Mali et non moins président du Groupement des commerçants du Mali nous fera savoir que les importateurs de riz respecteront leurs engagements. Et d’ajouter que dès la semaine prochaine le marché malien sera inondé de riz. «Il n’y aura ni spéculation, ni favoritisme de notre part» tiendra-t-il à ajouter.

Répondant à ceux qui les accusent d’avoir fait de la rétention ou une quelconque spéculation autour de l’initiative riz, Bakoré Sylla tout en rejetant en bloc ces accusations, fera savoir qu’il s’était procuré près de 400 000 sacs vides auprès de Emball Mali à 40 millions de F Cfa pour acheter du riz local mais qu’il n’a pu trouver aucune graine.

L’OPAM est aussi dans le même cas, dira-t-il. «Si certains pensent qu’on fait de la rétention du riz ou qu’on a stocké du riz quelque part, ils peuvent venir vérifier» martela-t-il. Selon Bakoré Sylla, tous les importateurs de riz sont déterminés à accompagner les autorités dans cette période de crise. Il en veut pour preuve les intentions d’importations signées par certains gros importateurs qui dépasseraient les 100 000 tonnes déjà.

Tout en invitant les commerçants détaillants à prendre toutes les dispositions pour la bonne exécution des termes convenus dans le cahier de charges, Bakoré Sylla tiendra aussi à dire aux consommateurs qu’il faut faire la part des choses entre le riz exonéré qui sera vendu à 300 F Cfa le kg et le riz local qui reviendra plus cher. «Il faut éviter la confusion» indiqua-t-il.


Birama Fall

12 Mars 2009